Joyeux… Jussie Smollett

Pour fêter ses 39 ans, revoici mon article sur le très beau et talentueux acteur et chanteur américain Jussie Smollett.

Jussie Smollett, acteur/chanteur et compositeur prodige

Jussie Langston Mikha Smollett, dit Jussie Smollett, est un acteur et chanteur américain, né le 21 juin 1982. Il est principalement connu pour son rôle de Jamal Lyon dans la série dramatique et musicale « Empire » (2015-2020).

Voici une biographie express de Jussie :

Origines et famille

Jussie Smollett est né à Santa Rosa, en Californie, le 21 juin 1982. Son père, Joel, est juif descendant d’immigrés russes et polonais, et sa mère, Janet, est afro-américaine. Il a cinq frères et sœurs : Jake, Jazz, Jocqui, Jojo et Jurnee.

Carrière

Dès les années 1990, il commence à jouer dans des séries et au cinéma, avec des apparitions dans les films « Les Petits Champions » (1992) (il est alors âgé de 10 ans) et « L’Irrésistible North » (1994). Sur le petit écran, il participe notamment avec l’ensemble de ses frères et sœurs à la série « Seuls au monde » (« On Our Own ») (1994-1995) d’ABC.

En 2012, il sort son premier EP, « The Poisoned Hearts Club ».

Depuis 2015, Jussie Smollett joue le rôle de Jamal Lyon, le fils gay du dirigeant d’une maison de disque hip-hop, dans la série « Empire ». Il est considéré comme l’une des révélations de la série ainsi que de sa bande-son, dont il a co-écrit plusieurs titres parmi lesquels « I Wanna Love You » et « You’re So Beautiful ». Tout comme la série, l’album de la saison 1 connait un grand succès aux États-Unis, où il atteint la première place du classement des albums les plus populaires (Billboard 200).

À côté de l’écriture de titres pour la série « Empire », il travaille en 2015 sur des morceaux personnels pour un premier album, ayant signé un contrat avec Columbia Records.

En octobre 2015, il sort le titre et le clip de « No Doubt About It » avec le rappeur cubano-américain Pitbull ; l’album solo de Jussie Smollett sort pendant l’été 2016.

(…)

Il a quitté fin 2019 la série « Empire » pour se consacrer à la musique et au cinéma.

Prix et nominations

Le talent de Jussie a été récompensé par de nombreuses nominations et prix :

  • Young Artist Awards 1993 – « Outstanding Young Ensemble Cast in a Motion Picture » pour : « Les petits champions » (nomination)
  • 17e cérémonie des Teen Choice Awards (2015) – Meilleur acteur dans une série dramatique, Meilleure révélation, Meilleure chanson (« You’re so beautiful ») et Meilleur casting – pour « Empire » (nominations)
  • 47e cérémonie des NAACP Image Awards (2016) – Meilleur second rôle masculin dans une série dramatique – pour « Empire » (nomination)
  • 47e cérémonie des NAACP Image Awards (2016) – Meilleur nouvel artiste, Meilleure chanson pour « You are so beautiful », et Meilleur duo (Jussie et Estelle) pour « Conqueror » (lauréat – lauréat – lauréats)
  • 48e cérémonie des NAACP Image Awards (2017) – Meilleur second rôle masculin dans une série dramatique – pour « Empire » (lauréat)
  • 19e cérémonie des Teen Choice Awards (2017) – Meilleur acteur dans une série dramatique – pour « Empire » (nomination)

Vie privée

Jussie Smollett révèle son homosexualité durant une interview menée par Ellen DeGeneres en mars 2015.

wikipedia

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Grimace du lundi

Rufus Gifford

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Joyeux… Errol Flynn

Pour fêter son 112è anniversaire de naissance, revoici mon article sur Errol Flynn, légendaire acteur australo-américain, né le 20 juin 1909 à Hobart en Tasmanie (Australie) et mort le 14 octobre 1959 à Vancouver (Canada).

Errol Flynn restera dans l’histoire principalement pour ses rôles dans les films d’aventure de Michael Curtiz, tels que « Capitaine Blood » (1935), « Les Aventures de Robin des Bois » (1938) ou « L’Aigle des mers » (1940), et de Raoul Walsh tels que « La Charge fantastique » (1941), « Gentleman Jim » (1942) ou « Aventures en Birmanie » (1945), et pour avoir souvent eu Olivia De Havilland pour partenaire.

Ayant tourné dans plus de soixante films, il est une plus grandes stars de l’âge d’or d’Hollywood. Il mourut à 50 ans, après une vie pleine de sexe, d’alcool et de drogue mais surtout pleine d’alcool, la principale cause de son décès prématuré.

Errol Flynn, grand séducteur bisexuel

Du temps de sa splendeur, Errol Flynn était l’idole des fans de cinéma du monde entier. Beau, athlétique, gracieux et charismatique, il semblait être en réalité tous les héros qu’il incarnait sur grand écran. Mais un procès très médiatisé pour relations sexuelles avec mineures a terni son image en 1942, révélant un côté sombre de sa personnalité. Dans ses dernières années, il joua des personnages psychologiquement complexes, montrant des aspects de lui-même non révélés par les films de cape et d’épée de sa jeunesse.

Errol Flynn exsudait l’énergie sexuelle. En 1940, il fit une déclaration révélatrice, expliquant qu’il voulait que sur sa tombe soit inscrite l’épitaphe « Tout ce qui bouge, Flynn le baisait. » Il avait une réputation d’« homme à femmes » et une vie sexuelle mouvementée et le terme « l’amour à la Flynn » (en anglais « In Like Flynn ») était à l’époque synonyme de succès dans les entreprises amoureuses.

Homosexualité

Selon des rumeurs persistantes et très répandues, rapportées entre autres par les biographes Charles Higham et David Bret, Errol Flynn était bisexuel. Ces assertions, reprises par la première femme de Flynn, Lili Damita, en 1994 et confirmées par certaines des partenaires de Flynn comme Marlène Dietrich, ont été fermement démenties par les deux autres femmes de Flynn ainsi que par l’acteur David Niven, un de ses amis proches.

Errol Flynn lui-même a reconnu dans son autobiographie que beaucoup de ses partenaires féminines le croyaient « pédé » en raison de son extrême politesse interprétée comme un désintérêt sexuel. Cette explication est toutefois en partie contredite par son comportement sur les plateaux qui était tout sauf poli et désintéressé sexuellement.

Robert Evans, producteur hollywoodien (également connu pour être un grand séducteur) se rappelle avoir participé à une partouze avec Errol Flynn. La maison de l’acteur était aussi un véritable terrain de jeu pour obsédé sexuel voyeur, contenant miroirs sans tain, judas et passages secrets. L’actrice Hedy Lamarr a raconté dans son autobiographie que dans les salles de bain d’Errol Flynn, il y avait des miroirs ovales au plafond « à travers lesquels vous ne pouvez pas voir mais ceux de l’autre côté peuvent vous voir. »

Outre ses nombreuses conquêtes féminines, Errol Flynn aurait eu des amants de sexe masculin, notamment l’acteur Tyrone Power et l’écrivain Truman Capote et Ronald Reagan, ancien Président des Etats-Unis, pour citer les plus célèbres.

wikipedia + The Richest Personnages historiques dont vous ignoriez l’homosexualité – résumé et traduit par roijoyeux

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Joyeux… Jean Moulin

Pour fêter son 122è anniversaire de naissance, revoici mon enquête sur Jean Moulin (20 juin 1899 – 8 juillet 1943) haut fonctionnaire et résistant français héros de la nation.

Le dernier secret de Jean Moulin

Vanity Fair / Les dessous de l’Histoire- 21.09.2016

Cet hiver, une pièce de théâtre mettra en scène un Jean Moulin ouvertement homosexuel. Le journaliste Guillaume Dasquié a enquêté sur cette nouvelle dimension de la vie d’un grand résistant, une vie que l’histoire a réécrite au gré des vents politiques.

Londres, une chambre au rez-de-chaussée, un samedi de novembre 1941. Le jour se lève. Jean Moulin boit son café en compagnie d’un jeune homme de 29 ans, un Basque prénommé Gorka. Une penderie et un lit, draps froissés, meublent la pièce. Les deux hommes sortent d’une nuit d’amour. Ils ont fait connaissance la veille au soir au « Golden Lion », pub de la capitale britannique où trinquent artistes, espions et soldats. Prudent, le héros de la Résistance dissimule à son amant d’un soir les raisons de son séjour à Londres. Il achève de s’habiller. Gorka le taquine, espère le revoir. Moulin recommande la prudence. Avant de se quitter, ils échangent des adresses mais ne se promettent rien.

Les amours homosexuelles de Jean Moulin, objets de controverses et de scandale, parfois évoquées, souvent démenties, existent là, sous nos yeux. Ce moment d’intimité dans un appartement anglais est extrait de la pièce de théâtre « Jean Moulin, évangile », la dernière création de Jean-Marie Besset, jouée pour la première fois cet été dans divers festivals avant d’être présentée l’hiver prochain à Paris.

Le spectacle raconte les années de combat de Jean Moulin, de juin 1940 à juillet 1943, avec la sensibilité et la tolérance d’aujourd’hui. Dans plusieurs passages, Moulin se confie à son amie et complice, l’artiste Antoinette Sachs – laquelle préférait les femmes, comme le montre sa correspondance privée. Sur scène, les comédiens redonnent vie à ce couple où chacun servait de couverture à l’homosexualité de l’autre, donnant le change pour les convenances morales de l’époque tout en organisant la Résistance dans le plus grand secret.

À l’origine, la pièce « Jean Moulin, évangile » a été rédigée pour répondre à une commande de France Culture. La station en tirera une fiction radiophonique en dix épisodes qui sera diffusée au second semestre 2017. Dans l’appartement parisien de l’auteur de cette pièce, qui surplombe le quartier du Châtelet, des étagères encombrées témoignent des années de documentation et d’entretiens pour comprendre la psychologie de Jean Moulin, instigateur de l’Armée secrète, enjeu de cette pièce (…) (Son auteur) Jean-Marie ­Besset (…), Grand prix du théâtre de l’Académie française en 2005, nommé plus de dix fois aux Molière, a signé une vingtaine de pièces et dirigé le théâtre de l’Atelier à Paris et le centre dramatique national de Montpellier jusqu’en 2014 (…)

Jean-Marie Besset se défend de vouloir concurrencer les experts de la Résistance. Ces derniers, depuis une dizaine d’années, conviennent que le héros était un homme complexe, c’est-à-dire inclassable. « Tout le monde connaît ses actes de bravoure, son refus d’obéir aux Allemands quand il était préfet à Chartres, l’unification de la Résistance, résume Besset. Mais hormis quelques historiens, peu de gens ont une idée de l’originalité de sa personnalité, telle que les recherches l’ont peu à peu révélée. »

Il évoque la vie de dessinateur de Jean Moulin, sous le pseudonyme de Romanin, son goût pour l’art contemporain (…), ses convictions de gauche, ses séjours aux sports d’hiver dans la station suisse de Davos, sa garde-robe sophistiquée, sa scolarité moyenne, ses opérations clandestines dès 1936 en faveur des républicains espagnols, ses frasques financières aussi. Au total, l’homme était le contraire d’un idéologue ou d’un simple chef de guerre. Plutôt un aventurier éclairé, un patriote à l’esprit libre.

Pour Jean-Marie Besset, les liaisons homosexuelles figurées dans la pièce de théâtre « sont cohérentes avec certains témoignages historiques » : « Elles collent à la richesse du personnage, à son caractère – passer son temps avec des artistes et avoir des aventures homosexuelles, pour un préfet de la fin des années 1930, ce n’était pas anodin », estime-t-il, même si ces facettes-là dérangent depuis des années.

Il insiste : « À (notre) époque où la découverte de désirs homosexuels représente encore la première cause de suicide chez les adolescents, il n’est pas inutile de montrer que l’héroïsme n’est pas attaché à une sexualité ou une manière d’être.» Le héros de l’antiquité Achille, face à Troie, s’abandonnait bien entre les bras d’un garçon avant de guerroyer pour l’honneur d’Athènes, alors… Plus de soixante-dix ans après sa mort, Jean Moulin incarne à lui seul l’esprit de Résistance à la française, le courage de dire « non ». En 2016, sa vie intime ne nous intéresserait pas si, comme je l’ai constaté au cours de mes recherches, elle n’avait été l’objet d’occultations délibérées qui dessinent une volonté de façonner un personnage pour le rendre compatible avec les canons d’une idéologie » (selon laquelle un héros de la Résistance ne peut pas être gay).

Au terme de mon entretien avec Jean-Marie Besset, l’image d’Épinal du héros de la France libre finit de s’effriter. Nous regardons en souriant la plus fameuse photographie de Jean Moulin : un chapeau noir barre le haut de son visage, le col de son manteau anthracite est relevé, il regarde au loin, maître de ses émotions, austère.

Jean Moulin lui-même détestait ce cliché pris à Montpellier par son ami Marcel Bertrand. Rien ne lui correspondait moins. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter les albums de la famille Moulin. Sur nombre de photos jaunies, étrangement méconnues, on voit l’ancien préfet espiègle, coquet voire efféminé. Comme celle-ci prise sur un voilier au large de Saint-Tropez, où il pose, légèrement déhanché, aux côtés de deux amies, en maillot boxer et sandales blanches à lanières.

En 2003 déjà, un « Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes », supervisé par l’universitaire Didier Eribon, soulignait les prédispositions des homosexuels des années 1940 à entrer en Résistance. Comme si gérer une double vie leur avait donné l’expérience de la clandestinité. L’ouvrage notait les interdits, après-guerre, qui ont entouré ces réalités, et concluait (non sans malice ) que personne n’oserait évoquer publiquement « l’éventuelle homosexualité ou bisexualité d’un grand résistant, comme, par exemple, Jean Moulin ».

L’historien Jacques Baynac, lui, a publié en 2007 chez Grasset l’un des livres les plus complets sur la vie et les actions du grand homme, intitulé « Présumé Jean Moulin », un pavé de 868 pages alimenté aux sources les plus variées, en France et à l’étranger. Comme je l’interrogeais sur les non-dits relatifs à la vie privée de Jean Moulin, Baynac m’a répondu ceci :

«Que Jean Moulin n’ait jamais été gay n’aurait strictement rien changé à son action, sauf qu’il se serait certainement fait arrêter plus rapidement, faute d’avoir eu l’expérience de la vie clandestine. Pour ma part, je me borne à constater qu’aucune femme n’a déclaré avoir été sa compagne ou sa maîtresse pendant les années quarante et que, afin de le couvrir, aucun homme n’a dit publiquement avoir été son amant (…) Vous imaginez la superstar gaulliste proclamée homo ? »

UN TENDRE QUATRAIN

Longtemps, la France n’imagina pas; une histoire officielle avait été écrite, enseignée, apprise par cœur. Depuis peu, les aspérités de la vie intime de Moulin, leurs implications, sont prises en considération par les passionnés du sujet. Dans son dernier livre, « Jean ­Moulin, l’ultime mystère » (Albin ­Michel, coécrit avec Laurent Ducastel), l’enquêteur Pierre Péan, auteur de plusieurs biographies de figures de la Résistance et de la collaboration, consacre un chapitre à l’homosexualité supposée de Jean ­Moulin, prudemment titré : « L’était-il ? »

« Les voix officielles de la Libération s’efforceront toujours de nier la présence d’homosexuels dans la Résistance, image qui fut longtemps peu conforme à l’idée que la France devait avoir de ses héros », peut-on y lire. Dans ces pages, on suit la trajectoire de témoins privilégiés de la vie privée de Jean Moulin, morts sans avoir jamais été interrogés. Le héros de la France libre y apparaît sous les traits d’un séducteur, goûtant des plaisirs charnels avec des filles, éventuellement avec des garçons. Le poète (ouvertement homosexuel) Max Jacob est cité.

« Chaque virgule de ce chapitre a été soupesée, c’est une affaire sensible pour beaucoup de gens », m’a confié Pierre Péan sans vouloir livrer le fond de sa pensée. Dans l’un de ses précédents livres, déjà, la proximité entre Max Jacob et Jean Moulin, son cadet de vingt-trois ans, était évoquée. La rencontre entre les deux hommes remonte à l’année 1930, avec la nomination de Moulin au poste de sous-préfet de Châteaulin, petite ville du Finistère. Sur place, le méridional (Jean Moulin) s’ennuie (…) La vie politique ronronne. Les attractions manquent. Mais alentour, la vie artistique s’avère foisonnante : des écrivains, des peintres qu’il a parfois croisés à Paris, ont élu domicile dans la région (…)

À Quimper, le bar de l’hôtel de l’Épée constitue un carrefour pour cette population de créateurs. Le poète Max Jacob en assure l’animation ; lui ne dissimule pas son homosexualité. Le médecin ­Augustin Tuset, sculpteur à ses heures, présente les deux hommes. Ils tombent sous le charme l’un de l’autre. Ensemble, Max Jacob et Jean Moulin côtoient Giovanni Leonardi, l’ami de ­Picasso et d’Apollinaire. Plus tard, ils partagent des moments avec Louis-Ferdinand Céline, l’auteur de « Voyage au bout de la nuit », qui sillonne alors la Bretagne.

Pour Jean Moulin, le Finistère prend ainsi les allures d’un salon littéraire de la capitale, qu’il fréquente assidûment avec son ami poète. Après l’une de leurs sorties, Max Jacob lui adresse, sur un bristol, un tendre quatrain en forme de déclaration : « Je suis ce soir, la chose est claire, l’heureux meunier du Finistère : j’ai le moulin de Pont-Aven et le Moulin de Châteaulin. » Des années plus tard, en pleine guerre, coordonnant de vastes opérations militaires, Jean Moulin choisira comme nom de code « Max », trois lettres à l’air de passerelle – et d’indice – entre ses vies multiples.

De telles affections (homosexuelles) ou de tels instants, gravés sur pellicule, sur un bateau au large de Saint-Tropez, ne démentent pas les portraits officiels. Ils les complètent, leur restituent des aspérités autrefois rabotées par les metteurs en scène de l’histoire. Nous y gagnons un personnage riche de ses singularités.

(…)

« CES ALLEMANDS AU TORSE DE JEUNES DIEUX »

Suzanne Escoffier, 86 ans, cousine de Jean Moulin l’admet, la richesse de la personnalité de Jean Moulin ne se retrouve pas dans la plupart des livres consacrés à cette période. La faute, selon elle, « à beaucoup d’historiens qui ont voulu soutenir une cause – ils devraient être neutres, ils ne l’ont pas été ; ils ont tous une thèse à défendre ». La famille de Jean Moulin porte sans doute aussi une part de responsabilité dans ces regards sélectifs.

Par exemple, Laure Moulin, sa soeur, gardienne de volumineuses correspondances, textes et photographies de son frère, a opéré un tri selon des critères qui n’avaient rien de scientifique. En 1947, elle fait paraître aux « Éditions de Minuit » l’unique manuscrit rédigé par Jean ­Moulin, « Premier combat », où il décrit l’installation des Allemands à Chartres (Eure-et-Loir) la ville dont il est préfet. Un passage du texte original a disparu, où le futur fédérateur de l’Armée secrète, s’il exprime sans détour son désir de ne pas capituler, de combattre l’envahisseur, voit néanmoins en ces soldats allemands de « jeunes hommes au regard clair » et « au torse de jeunes dieux ».

À Montpellier où elle a vécu, Laure Moulin a laissé le souvenir d’une femme solitaire, catholique, très pratiquante – c’est ce que m’a confié le gérant d’une librairie où elle avait ses habitudes. On peut supposer qu’elle a voulu (consciemment ou non) donner de Jean Moulin une impression conforme à ses propres convictions, à sa propre morale (…)

Une multitude de collèges et de lycées en France portent le nom de Jean Moulin mais, soixante-treize ans après sa mort, l’homme s’efface toujours derrière le héros. Ces dernières années, grâce aux interventions de quelques historiens, l’État a pris conscience de la nécessité de disposer d’une histoire de la Résistance et de la collaboration digne d’un peuple éclairé, accessible aux nuances, méfiant à l’égard des simplifications.

Le 24 décembre 2015, un décret du Premier Ministre a enfin autorisé la consultation des 700 mètres linéaires d’archives des services secrets, de la police et de la justice, pour les années 1939 à 1960. Des dizaines de milliers de documents en prise directe avec les événements offrent une nouvelle matière aux chercheurs. C’est une première étape. D’autres sont attendues, pour mieux apprendre du courage, des lâchetés et des différences de personnages – illustres ou inconnus – qui ont fait l’histoire. Avant de devenir des légendes, tous étaient, comme Jean Moulin, des êtres de chair, de sang et de secrets.

Article complet à lire sur Vanity Fair.

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Joyeux… Rufus Gifford

Rufus Gifford, Chef du Protocole du Président des états-Unis Joe Biden, et qui contribua à l’élection puis réélection de Barack Obama, est le héros du 519è épisode de ma série sur les personnes homosexuelles qui réussissent.

Rufus Gifford, l’homme politique à qui (presque) tout réussit

John Rufus Gifford, né le 5 août 1974 à Boston, est célèbre pour avoir été le directeur de la campagne présidentielle de Joe Biden en 2020, ainsi qu’ambassadeur des états-Unis au Danemark de 2013 à 2017 et star d’une émission de télé réalité.

En mai 2021, le Président des états-Unis Biden l’a choisi pour être son Chef de Protocole, c’est à dire l’homme du Département d’État qui accompagne le Président dans tous ses voyages à l’étranger, celui qui accueille les chefs des nations étrangères en visite aux états-Unis et le point de contact de tous les ambassadeurs de puissances étrangères en poste aux états-Unis. Il aura donc un rôle essentiel dans les années à venir pour réparer l’image écornée des états-Unis à travers le monde après la présidence Trump.

Voici les détails les plus intéressants de sa vie.

Jeunesse et éducation

Rufus Gifford a grandi à Manchester-by-the-Sea, prospère bourgade du Massachusetts. Il a eu son bac en 1992 puis obtenu une maîtrise de l’Université Brown de Rhode Island (1996).

Après l’Université, il s’installa à Hollywood où il travailla comme assistant du grand producteur de cinéma John Davis (« La firme », « Garfield », « Game Night » …), devenant le producteur associé de films comme « Daddy Day Care », « Life or Something Like It », et « Dr. Dolittle 2 ».

Ayant un physique de cinéma et un talent d’acteur, il apparut aussi devant la caméra dans les longs-métrages « Garfield: le film » (2004) et « La valse des souvenirs » (« The Hiding Place ») (2000).

Carrière politique

Rufus Gifford a commencé sa carrière en politique en 2004, travaillant sur la campagne Présidentielle de John Kerry, campagne à la suite de laquelle il fonda son propre cabinet de conseil, au travers duquel il conseilla de nombreuses personnalités du Parti Démocrate et se battit pour des causes progressistes à travers les états-Unis.

En 2007, il rencontra Barack Obama, alors sénateur, lors d’une soirée donnée par le sénateur Ted Kennedy. Avant cette rencontre, on lui avait proposé de travailler sur la campagne présidentielle 2008 de Hillary Clinton, mais il déclina l’offre pour accepter le même poste sur la campagne d’Obama.

Après qu’Obama fut élu Président des états-Unis et prit ses fonctions (en 2009), Rufus Gifford lui servit de Directeur financier (dirigeant le Comité National Démocratique à Washington). En 2012, il devint le Directeur financier de la campagne de réélection d’Obama, réussissant à lever un budget-record d’un milliard de dollars.

Rufus Gifford, ambassadeur des USA au Danemark

En 2013, le Président Obama nomma Gifford au poste d’Ambassadeur des états-Unis au Royaume du Danemark. Il entra en fonction le 15 août 2013 et présenta ses pouvoirs à la Reine du Danemark le 13 septembre 2013.

En tant qu’Ambassadeur, il modernisa les relations entre les deux pays à travers l’engagement de la jeunesse et le renforcement des institutions, entre autres sujets globaux et bilatéraux. Il a renforcé une stratégie diplomatique priorisant les publics non traditionnels et les relations humaines.

Dans le cadre d’une stratégie diplomatique complètement inédite, il devint le sujet d'une série de télé-réalité intitulée "I am the Ambassador", documentaire sur sa vie en tant qu'Ambassadeur divisé en 10 épisodes sur deux saisons (2015-2016), gagnant un Prix en 2015 lors des TV-Prisen awards (Emmy Awards danois).

Gifford, alors âgé de 41 ans, était jeune, beau, télégénique, accessible, autant à l'aise pour parler politique étrangère dans les journaux télévisés que pour poster des photos de son chien sur les réseaux sociaux. Bien que n'étant pas le premier homme ouvertement gay à occuper les fonctions d'Ambassadeur, il est le premier diplomate à avoir gagné un Prix pour sa série de télé-réalité et le premier à être diffusé à l'échelle mondiale lorsque cette série devint disponible sur Netflix.

En tant qu’Ambassadeur, il se rendit au Groenland pour des réunions bilatérales sur le changement climatique, supporta les initiatives contre l’extrémisme et fit la promotion des échanges commerciaux entre le Danemark et les états-Unis (…) notamment.

Le 16 janviers 2017, il fut décoré de la Grande Croix de l’Ordre du Dannebrog par Sa Majesté la Reine Margrethe II du Danemark pour « services méritoires au Royaume du Danemark ».

(…)

Campagne présidentielle 2020 de Joe Biden

Le 24 janvier 2020, Rufus Gifford vota pour Joe Biden lors des primaires du Parti Démocrate.

Le 29 avril 2020, il fut annoncé que Joe Biden avait engagé Rufus Gifford comme chef de campagne de son élection présidentielle : selon le Washington Post, Gifford, pour mener à bien sa mission, allait se concentrer sur « l’aspect financier, les relations extérieures (pour chercher de nouveaux électeurs) et le renforcement des coalitions (pour conserver les électeurs acquis). »

Administration Biden

En janvier 2021, le site d’actualités Axios reporta que le Président Joe Biden allait choisir Rufus Gifford comme Chef de Protocole des états-Unis, une fonction qu’il occupe effectivement depuis mai (2021).

Vie privée

Gifford est gay et certains journalistes de « GQ », du « Huffington Post » ou encore « L.A. Weekly » le considéraient comme un « ambassadeur non officiel de Barack Obama auprès de la communauté homosexuelle ».

Rufus Gifford a épousé son mari, le Dr Stephen DeVincent, vétérinaire, lors d’une cérémonie qui se tint le 10 octobre 2015 à la mairie de Copenhague (Danemark).

Ils vivent ensemble à Concord dans le Massachusetts.

En 2016, les deux hommes ont écrit et publié un livre de cuisine intitulé « The Ambassador’s Kitchen ».

wikipedia + Washington Post – résumé et traduit par roijoyeux

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