Joyeux… Yves Saint Laurent

Pour fêter son 85è anniversaire de naissance, revoici mon article sur le grand couturier français Yves Saint Laurent, prodige de la mode et un des stylistes les plus célèbres de l’histoire du XXe siècle.

Yves Saint Laurent … géant de la haute couture

Yves Mathieu-Saint-Laurent, dit Yves Saint Laurent, est né le 1er août 1936 à Oran en Algérie et mort le 1er juin 2008 à Paris en France.

Jeunesse

Yves Mathieu-Saint-Laurent naît à Oran où il passe sa jeunesse, avant d’arriver à Paris pour travailler chez Dior. Dessinateur doué, son influence va en grandissant dans cette maison jusqu’à remplacer Christian Dior à la mort soudaine du couturier. Yves Saint Laurent y connaît alors un triomphe à l’âge de vingt et un ans seulement, dès sa première collection « Trapèze ».

Après avoir quitté Dior, le jeune couturier fonde en 1962, à 26 ans, l’entreprise qui porte son nom, avec son compagnon et mentor Pierre Bergé, avec qui il vivra jusqu’à sa mort. La première collection haute couture de la maison est présentée la même année ; elle sera suivie de la robe Mondrian et la collection « Pop Art » qui rappellent son goût pour l’art, puis le smoking et le tailleur-pantalon hérités du vestiaire masculin…

Épris d’exotisme tout au long de sa vie, il est le premier à engager pour ses défilés des mannequins d’origine asiatique ou africaine. Moderne et en phase avec son époque, il crée en 1966 en parallèle à la haute couture, son prêt-à-porter de luxe sous le nom de « Saint Laurent rive gauche » qui deviendra un exemple pour de nombreux autres couturiers. La même année Yves Saint Laurent découvre le Maroc où il achètera une quinzaine d’années plus tard le jardin Majorelle, un jardin botanique de Marrakech créé par le peintre français Jacques Majorelle.

Années 1970 et suivantes

Dans les années 1970, la collection « Libération » marque les esprits ; par la suite, plusieurs autres défilés rendent hommage aux peintres, tels que Matisse ou Van Gogh, aux contrées lointaines qu’il adore, comme la Russie avec la collection « Opéra-Ballets-Russes » ou l’Asie, collection symbolisée par le parfum « Opium ». Yves Saint Laurent connait également les excès de l’alcool, de la drogue, des médicaments, ses « faux amis ».

Lors des années 1980, l’entreprise croît par le succès des parfums, cosmétiques ou accessoires griffés Yves Saint Laurent.

Côté haute couture, Saint Laurent présente la collection « Picasso » une fois de plus référence à l’art. Le couturier est alors récompensé d’un Oscar de la mode. À la fin des années 1990, lassé de dessiner le prêt-à-porter, il se concentre sur la haute couture pour l’abandonner finalement en 2002.

Décès et postérité

Le 1er juin 2008, Saint Laurent meurt à son domicile parisien au 55 rue de Babylone, dans sa soixante-douzième année des suites d’un cancer du cerveau.

Au cours de ses obsèques célébrées à l’église Saint-Roch, Pierre Bergé prononce un discours en présence de la mère du défunt et de nombreuses personnalités des médias et de la politique, Catherine Deneuve et Laetitia Casta, le président de la République Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni, Bernadette Chirac, Farah Pahlavi (veuve du Shah d’Iran), de personnalités de la mode (Jean-Paul Gaultier et Valentino), et de patrons d’industrie (Bernard Arnault et François Pinault).

Ses cendres sont déposées dans sa villa de Marrakech au cœur du jardin Majorelle.

Perpétuellement entouré et inspiré par les femmes, de Victoire à Betty Catroux, de Catherine Deneuve à Katoucha, Yves Saint Laurent sait au cours de sa carrière créer pour elles, et laisse un héritage majeur pour la mode ainsi que de nombreux classiques de la garde-robe féminine. Les musées, les éditeurs de livres ou le cinéma ne cesseront de lui rendre hommage.

Homosexualité

La journaliste Marie-Dominique Lelièvre a écrit en 2010 un biographie de Saint Laurent où elle aborde les sujets qui fâchent comme ses angoisses, son homosexualité mal assumée, la drogue et l’alcool jusqu’à son décès

Au sujet de sa sexualité, elle explique que « quelque chose de pesant, peut-être lié à son homosexualité, s’est installé chez lui à l’adolescence. Il avait des liaisons en Algérie avec des garçons arabes. On se moquait de lui au lycée, on le traitait de tapette. Il vivait mal son homosexualité, mais c’était fréquent chez les homosexuels de cette génération. »

Folies sexuelles et amoureuses étaient partie intégrante de la vie de Saint Laurent. Les amours et liaisons n’ont pas manqué autour de cette sulfureuse personnalité de la mode bien qu’il fut en couple avec Pierre Bergé.

Saint Laurent a (entre autres) connu en 1973 une idylle forte et destructrice avec le dandy parisien Jacques de Bascher, compagnon du grand couturier Karl Lagerfeld…

… En 1989, au sortir d’une relation toxique avec un jeune Américain, il eut un coup de foudre réciproque pour le chauffeur de Pierre Bergé, Fabrice Thomas, qui partagea sa vie pendant deux ans et demi dans les années 1990.

Selon Fabrice Thomas : « Yves était un colosse, une force de la nature qui pouvait avaler des doses d’alcools forts et de drogues à tuer un éléphant. Bien loin du portrait de « petit prince fragile de la mode » fabriqué par Bergé. »

wikipedia + Le Figaro + Pure People – résumé par roijoyeux

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Joyeux… Frédéric Bazille

Le génial peintre impressionniste Frédéric Bazille est le héros du 529è épisode de ma série sur les personnes homosexuelles qui ont réussi.

Frédéric Bazille, génie singulier de l’impressionnisme

Jean Frédéric Bazille, né le 6 décembre 1841 à Montpellier (Hérault) et mort au combat le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rolande (Loiret), est un peintre impressionniste français.

Une balle de fusil peut-elle changer le cours de l’histoire des arts ? Certainement, puisqu’un coup de feu prussien a fauché, le 28 novembre 1870, à Beaune-la-Rolande, le sergent-major Frédéric Bazille, peintre au civil et l’un des plus prometteurs de sa génération. Il n’avait pas encore 29 ans et ne saurait jamais que sur lui et ses amis Monet, Renoir, Sisley, allait se lever le soleil de l’impressionnisme.

Bazille tomba en accomplissant un acte d'héroïsme le 28 novembre 1870, au cours de la guerre franco-prussienne, devant Beaune-la-Rolande, en essayant de protéger des femmes et des enfants. Dans une lettre à sa famille, son grand ami [le musicien] Edmond Maître écrivit, le coeur brisé : « De tous les jeunes gens que j’ai connus, Bazille était le plus doué, le plus aimable. »

Cent cinquante ans plus tard, quelle a été la destinée de la soixantaine de tableaux qui forment l'œuvre de Bazille ? L'oubli profond d'abord, puis une timide résurrection due à l'historien d'art Henri Focillon en 1926. Mais il faudra attendre les années 1950-1960 pour qu'un vrai regard soit porté sur sa peinture, l'extrayant du cercle très local des initiés montpelliérains. C'est l'époque où ses tableaux s'évadent du cénacle familial et rejoignent les cimaises des musées américains. Le musée Fabre de Montpellier complète, dès qu'il le peut, son fonds déjà conséquent et monte en 1992 une exposition, puis à l'été 2016, cette rétrospective avec le musée d'Orsay et la National Gallery of Art de Washington.

Voici plus de détails sur son oeuvre et sa vie.

La comète Bazille

Le Figaro le 30 novembre 2016

Par Eric Biétry-Rivierre

Comment Frédéric Bazille, dandy républicain, a-t-il pu s’engager dans les zouaves du second Empire pour finir une balle dans la peau à l’âge de 28 ans? Pilier de la nouvelle peinture qu’on n’appelait pas encore impressionnisme, il se savait promis à un bel avenir. Son choix de participer à la guerre franco-prussienne a-t-il été une échappatoire à son milieu bourgeois, protestant d’origine, certes aimant mais qui n’aurait jamais vraiment admis son homosexualité ?

Bazille est parti avec ses secrets. Restent ses tableaux. Pas plus de cinquante-cinq. La plupart se trouvent réunis au Musée d’Orsay, confrontés à ceux de ses pairs et amis : Manet, les jeunes Fantin-Latour, Monet, Sisley, Degas, Cézanne… Le legs du Montpelliérain à la modernité se voit donc précisé.

À Fontainebleau et en Normandie, à l’initiative de Monet, loin des ateliers académiques où il a rencontré la bande des trublions des Batignolles, déjà riche de la connaissance de Delacroix et de Courbet, Bazille entreprend de peindre sur le motif. Le plein air ? Ce n’est plus, à vrai dire, chose originale dès cette époque. Bazille marche sur les traces de Corot, de Daubigny et, pour les bords de mer, de Boudin et de Jongkind. Son originalité est qu’il va revenir aux ciels bleus et à la lumière dorée du Languedoc de son enfance. Priorité est donnée à la clarté.

Sous ce soleil, il peint sa famille, livrant là ses principaux chefs-d'œuvre. Il aime ses proches mais plus encore l'idée de faire jouer les ombres et la lumière sur leurs crinolines et leurs redingotes. Bref, de rendre l'atmosphère réelle, d'en donner «l'impression».

Le mot ne sera lâché que sept ans plus tard. En attendant, à ce jeu, Bazille égale Monet, dont le splendide "Femmes au jardin" côtoie aux cimaises, sans la ternir, "La Réunion de famille", sa toile la plus magistrale, prêt du Musée Fabre de Montpellier.

Bazille se montre également maître de la nature morte, tendance nordique. Ses poissons ont l’écaille aussi nacrée que ceux de Manet. Et son « Vase de fleurs sur une console » est une merveille méconnue du Musée de Grenoble qu’aurait pu envier un Fantin-Latour.

Ses meilleurs portraits, tel son autoportrait, possèdent une puissance digne des classiques et sa hiératique « Tireuse de cartes » fait immanquablement penser à du Cézanne. D’ailleurs, ce dernier s’est souvenu des scènes de baignades estivales de Bazille lorsqu’il a conçu ses iconiques « Baigneurs ».


« Scènes d’été » par F. Bazille

Bazille est en effet le premier à avoir exécuté un nu masculin réaliste en plein air. Son homo-érotique « Pêcheur à l’épervier », refusé au Salon de 1869, fera même scandale, s’inscrivant dans les précédentes provocations de la modernité (Delacroix, Ingres, Courbet, Manet).


« Pêcheur à l’épervier » par F. Bazille

L’artiste n’abordera les thèmes bibliques ou mythologiques qu’un peu avant sa mort, comme l’atteste son « Ruth et Booz » inachevé. Cela laisse imaginer une suite symboliste à celui qui, jusque-là, avait privilégié la vie quotidienne hic et nunc. Comme, à Paris, la « Petite Italienne chanteuse des rues » ou « L’Atelier de Bazille, rue La Condamine », toile manifeste où Bazille s’est figuré en compagnie de l’avant-garde du moment.

(…)

«Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l’impressionnisme» au Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion-d’Honneur (VIIe). Tél.: 01 40 49 48 14. Horaires: tlj sf lun. de 9 h 30 à 18 h, jeu. jusqu’à 21h45. Jusqu’au: 5 mars [2017]. Cat.: Flammarion, 334 p., 45€.

Le Figaro + wikipedia

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Joyeux… Charlie Carver

Pour fêter ses 33 ans, revoici mon enquête sur Charlie Carver (de son vrai nom Charles Carver Martensen), acteur américain né le 31 juillet 1988 à San Francisco en Californie, surtout célèbre pour avoir incarné Porter Scavo dans la série « Desperate Housewives » de 2008 à 2012, Ethan dans la série « Teen Wolf » (2013-2017) ainsi que Scott Frost dans la série « The Leftovers » (2014) ou encore Huck Finnigan dans la série « Ratched », pre-quel « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (2020). Il est le frère jumeau de Max Carver, avec qui il joue dans plusieurs séries.

Mais… Charlie est-il gay ?? …

… Eh bien …

… Voici la réponse :

Charlie Carver : Un des jumeaux de « Desperate Housewives » fait son coming out !

Purepeople le 12 janvier 2016

Il est faux de penser que les jumeaux partagent tout puisque Max Carver est, comme son frère l’a indiqué avec humour, hétérosexuel.

Quelques jours après le semi-coming out de Colton Haynes, c’est au tour de son ex-collègue de la série « Teen Wolf », Charlie Carver (qui jouait Ethan), de faire part de son homosexualité. Le jeune acteur américain de 27 ans, révélé grâce à son rôle de Porter Scavo dans « Desperate Housewives » et actuellement dans « The Leftovers », a écrit un très long speech sur le sujet, sur Instagram, lundi 11 janvier 2016.

« J’étais différent de certains des autres garçons »

Charlie Carver en avait tellement gros sur la patate que son discours a nécessité pas moins de cinq clichés Intagram pour faire tenir son texte, avec à chaque fois le même tableau représentant le slogan : « Soyez celui qu’il aurait fallu que vous soyez quand vous étiez jeune. » Un slogan que l’acteur confesse avoir trouvé lui-même sur Instagram sans savoir à qui en attribuer la paternité, mais qui l’a beaucoup marqué – au point de faire une capture d’écran et de conserver le cliché dans son téléphone pour s’en inspirer au quotidien.

« Enfant, je savais que je voulais être acteur. Je savais que je voulais bien des choses ! Je me disais que je voulais être peintre, joueur de foot, un stégosaure… C’est au cours de cette période que j’ai aussi su, cependant de manière abstraite, que j’étais différent de certains des autres garçons de ma classe », a-t-il commencé par déclarer. Et d’ajouter : « Avec le temps, cette connaissance abstraite a grandi et s’est articulée autour d’une gestation douloureuse faite de sentiments de désespoir et d’aliénation, se terminant en point d’orgue par trois mots dits bien fort : ‘Je suis gay’. »

« Je me suis détesté pour cela »

Charlie Carver est alors passé par une période de doutes et de peurs. Aussi bien pour lui qu’envers les autres. « Je me suis dit ces mots à moi-même au départ, pour voir comment ils résonnaient. Ils sonnaient vrai et je me suis détesté pour cela. J’avais 12 ans. Cela m’a pris quelques années avant de pouvoir les répéter à quelqu’un d’autre, tournant alors la phrase encore et encore dans ma bouche jusqu’à ce que je me sente à l’aise et assez certain de les laisser sortir à nouveau, cette fois à ma famille… », a-t-il expliqué.

Fort heureusement, le jeune homme a raconté que cela s’est très bien passé et il en a profité pour exprimer ce qu’il pense du coming out. Pour lui, si le sentiment de sécurité est assez élevé, alors il encourage vivement à le dire. À l’inverse, il déconseille aux autres, notamment aux jeunes encore chez leurs parents, de faire leur coming out s’ils risquent de finir à la rue. Toutefois, il ne manque pas de faire de la pédagogie et de les diriger vers des associations LGBT.

« Dois-je tout partager de moi ? »

Alors qu’il n’est même pas encore adolescent, Charlie Carver prend conscience de sa sexualité. Dans le même temps, son rêve de devenir acteur se concrétise. Ce qui va compliquer les choses… « La gloire, à n’importe quel degré, est une créature qui vous piège. À notre époque, particulièrement avec l’accès offert par les réseaux sociaux, on vous demande d’être dans le coup, d’être vous-même, dans votre travail et envers vos fans. De cette manière, la distinction entre public et privé est devenue floue et amène des questions comme : ‘Dois-je tout partager de moi ? Dans quelle mesure ?’ J’avais dans l’idée que ma sexualité ne pourrait pas rester un non-sujet… Je ne voulais pas être défini par ma sexualité. évidemment, je suis fier d’être un homme gay, mais je ne m’identifie pas comme un homme gay ou juste comme gay. Je m’identifie comme beaucoup de choses », a-t-il confié.

Heureux que les mentalités évoluent et que faire son coming out à Hollywood soit de moins en moins rare et délicat, il affirme avoir vécu sa sexualité tranquillement en privé avant d’en faire part publiquement. « Je sens qu’il y a de plus en plus de gens, particulièrement des jeunes, qui essaient de créer un monde sûr pour chacun… Je désire que le monde soit simple, que tous les gens se sentent heureux et en sécurité par rapport à qui ils sont, individuellement et en tant que membres d’une communauté. Je peux seulement espérer que le début de ce frétillement soit productif. »

Pure people

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Joyeux… Henry Willson

Pour fêter son 110è anniversaire de naissance, revoici mon article sur Heny Willson (31 juillet 1911 – 2 novembre 1978), célèbre chercheur de talents et impresario qui découvrit et s’occupa des carrières de nombreuses grandes vedettes du cinéma américain des années 1950 et 60, notamment Rock Hudson et Lana Turner, et fut un Harvey Weinstein avant l’heure, très porté sur le sexe et champion de la promotion canapé…

… Il était célèbre pour son écurie de jeunes et séduisants (mais pas toujours talentueux) étalons, notamment Rock Hudson, John Gavin, Tab Hunter, Chad Everett, Robert Wagner, Nick Adams, Guy Madison, Troy Donahue, Mike Connors, Rory Calhoun, John Saxon, Yale Summers, Clint Walker, Doug McClure, Dack Rambo, Ty Hardin et John Derek.

Henry Willson eut aussi beaucoup de succès avec quelques vedettes féminines : c’est lui qui a découvert et géré les carrières de talents comme Natalie Wood, Rhonda Fleming, Gena Rowlands et Lana Turner …

Henry Willson, puissant impresario hollywoodien

Jeunesse

Henry Leroy Willson est né en 1911 à Lansdowne (Pennsylvanie) dans une riche famille ancrée dans le milieu du show business. Son père, alors vice-président de la maison de disques « Columbia Phonograph Company, » en devint président en 1922. Le petit Henry Willson commença à fréquenter de près des célèbres artistes de music hall après l’installation de sa famille à New York dans un beau quartier du Queens.

Mais inquiet de la passion de son fils pour les claquettes, M. Willson l’inscrivit dans un pensionnat de Caroline du Nord, espérant que les nombreuses équipes sportives de l’école et les viriles activités organisées le weekend (escalade et randonnée) influenceraient positivement le garçon …

Henry poursuivit ses études supérieures à Middletown (Connecticut) passant ses weekends à New York, où il écrivait des articles pour la rubrique des potins du grand magazine « Variety ».

Les années hollywoodiennes

En 1933, le jeune Henry Willson partit pour Hollwyood en bateau via le Canal de Panama. A bord du bateau, il sympathisa avec Dixie Lee, la femme du chanteur Bing Crosby, qui le présenta à l’élite hollywoodienne et lui trouva un emploi au magazine « Photoplay » pour lequel il écrivit des articles, ce qui l’amena à écrire pour le « Hollywood Reporter » et le « New Movie Magazine » et à débuter sa carrière de chercheur de talents, à la « Joyce and Polimer Agency ».

A la même époque, il emménagea dans une maison à Beverly Hills achetée par son père et se mit à fréquenter les bars gay du Sunset Strip [à L.A.] où il se mit à draguer d’autres garçons, à la fois par intérêt professionnel et personnel. Un de ses premiers clients fut Junior Durkin, jeune acteur prometteur qui reste célèbre pour avoir joué le rôle de Huckleberry Finn dans « Tom Sawyer » (1930), mais qui mourut en 1935 âgé de seulement 19 ans dans un accident de voiture – à l’époque de l’accident, le jeune comédien vivait dans la maison de Henry Willson et selon la rumeur, les deux hommes étaient amants.

Henry Willson travailla ensuite comme agent pour l’agence Zeppo Marx, où il représenta des jeunes acteurs comme Marjorie Bell, Jon Hall et William T. Orr. En 1937, on lui présenta une lycéenne nommée Judy Turner, qu’il renomma Lana Turner et dont il lança la prestigieuse carrière.

En 1943, le légendaire producteur David O. Selznick [« Autant en emporte le vent »] engagea Willson pour diriger le département talent de sa compagnie « Vanguard Pictures ». Le premier film dont Willson sélectionna les acteurs fut « Since you went away » un drame sur le 2nde Guerre Mondiale avec en vedettes Claudette Colbert, Jennifer Jones et Shirley Temple, où Willson fit jouer des petits rôles à Guy Madison, Craig Stevens et John Derek, trois des membres de son écurie de beaux garçons musclés (« beefcake »).

Homosexualité

Willson finit par ouvrir sa propre agence de talents, où il faisait progresser les carrières de ses jeunes recrues, leur imposant souvent des relations sexuelles en échange de publicité et de rôles au cinéma. Il avait un don singulier pour découvrir et renommer des jeunes acteurs dont la beauté physique faisait oublier le (parfois) peu de talent (…) L’aspect « beefcake » de son commerce avait tant de succès, et son homosexualité était si notoire, que les gens pensaient souvent, et souvent à tort, que tous ses clients étaient gay.

En fait, certains des espoirs que Willson représentait étaient hétérosexuels (John Gavin), mais un nombre disproportionné d’entre eux étaient homosexuels, bisexuels ou « coopéraient » avec lui « pour décrocher des rôles. » L’actrice Ann Doran, une des rares clientes féminines de Willson a remarqué : « Si un jeune et bel acteur avait Henry Willson pour agent, il était presque toujours présumé gay, comme si cela était écrit sur son front. »

Henry Willson et Rock Hudson

Le client le plus important de toute la carrière de Henry Willson fut un maladroit et innocent jeune conducteur de camion nommé Roy Scherer qu’il transforma en immense star hollywoodienne après l’avoir rebaptisé Rock Hudson … Les deux hommes firent équipe professionnellement de la fin des années 1940 jusqu’à 1966.

Comme son agent et mentor, Rock Hudson était très porté sur le sexe et peu discret sur son homosexualité et les gens du métier savaient tous qu’il était gay. Si la plupart de ses collègues appréciaient et protégeaient l’adorable Rock Hudson, certains le narguaient sur son orientation sexuelle. Rock Hudson fut obligé de vendre son voilier favori, qu’il avait utilisé maints et maints weekends pour se rendre sur Catalina Island, notoire lieu de drague gay au large de Los Angeles, car des vandales écrivaient constamment les mots « pédé » et « tante » sur la coque du bateau ; ceci en 1957 à une époque où Rock Hudson était le star No. 1 du box office (le grand public ignora tout de son homosexualité jusqu’à peu avant sa mort dans les années 80).

Willson et Rock Hudson ne se fréquentaient pas que professionnellement : l’acteur Ray Stricklyn a reporté que Willson organisait régulièrement des « gang bangs » (partouzes) dans sa maison dont l’invité d’honneur était Rock Hudson et auxquels participaient des dizaines de séduisants jeunes hommes dont certains étaient des acteurs supposément hétéros.

En 1955, après que le magazine « Confidential » ait menacé de publier un article révélant l’homosexualité de Rock Hudson, Willson leur dévoila des secrets scandaleux sur deux de ses autres clients (Rory Calhoun et Tab Hunter), en échange de quoi « Confidential » ne publia pas l’article sur Hudson …

… Après cette alerte, Henry Willson insista pour que Hudson épouse Phyllis Gates, sa secrétaire, pour faire taire les rumeurs d’homosexualité, conserver son image virile et son pouvoir d’attraction sur le public (le couple divorça après trois ans).

Dernières années

Avec le temps, son homosexualité notoire impacta négativement la carrière de Henry Willson : beaucoup de ses clients, gay ou non, le quittèrent de peur d’être étiqueté homosexuel comme lui, un arrêt de mort à l’époque pour beaucoup de carrières hollywoodiennes. En 1974, l’agent déchu avait 63 ans lorsq’il fut accueilli à titre gracieux à la maison de retraite « Motion Picture Country Home » pour anciens professionnels du cinéma où il resta jusqu’à son décès en 1978 d’une cirrhose du foie.

Postérité

Le fait que Henry Willson ait été un obsédé sexuel et manipulateur ne devrait rester qu’une partie de ce que retiendra de lui l’histoire; les futures générations devraient aussi se concentrer sur l’extraordinaire puissance qu’il fut capable de générer, à la fois pour lui-même et pour ses clients, sans jamais cacher ce qu’il était – Willson était, et c’est le moins que l’on puisse dire, un homosexuel notoire.

Le fait que les gays aient survécu et même réussi pendant l’homophobe période des années 1950 et 60 est en partie due à ce flamboyant noyau d’agents, journalistes et publicitaires gays qui, parfois sans scrupules, arrivèrent à se maintenir au pouvoir et à maintenir les stars gay dans la lumière et sur l’écran, dans des films dont certains resteront des grands classiques du cinéma.

wikipedia + Gay Influence – résumé et traduit de l’anglais par roijoyeux

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Solution de Chine

Mon énigme est …

« Le Dernier Empereur » (« The Last Emperor »), film biographique italo-sino-franco-britannique réalisé par Bernardo Bertolucci et sorti en 1987, sur la vie de Puyi, dernier empereur de Chine, puis du Mandchoukouo.

Triomphateur aux Oscars, gros succès public de Bernardo Bertolucci, « Le Dernier empereur » est un biopic majeur des années 80. Le cinéaste italien a tourné en langue anglaise cette fresque se déroulant en Chine. Curieuse destinée que celle Pu Yi, né en 1906, sacré empereur à l’âge de deux ans, enfermé jusqu’à ses vingt et un ans dans la Cité interdite où il régna symboliquement, la République ayant supprimé ses pouvoirs, puis souverain déchu devenu play boy mondain, avant d’être à nouveau sacré empereur par les Japonais dans l’État fantoche de Mandchoukouo. Capturé par les Soviétiques en 1945, il est remis aux autorités communistes chinoises en 1950 et se voit accusé de crime de guerre. Il est alors emprisonné et entame sa rééducation politique. Libéré en 1959, il termine sa vie comme simple jardinier à Pékin où il meurt en 1967, en pleine Révolution culturelle… cinedweller

« Le Dernier Empereur » de Bernardo Bertolucci

arte le 9 février 2016

Au début des années 80, Bernardo Bertolucci s’intéresse à la Chine et envisage d’y tourner un film. Il a le double désir de s’éloigner de l’Italie à laquelle il a consacré de près ou de loin tous ses films, et de filmer un pays dont les secousses idéologiques et politiques ont bouleversé la pensée et l’histoire du XXe siècle.

« Le Dernier Empereur » (« The Last Emperor », 1987) évoque en flash-back la vie du dernier empereur de Chine Pu Yi, de 1908, où il monte à trois ans sur le trône impérial à 1967, la fin de sa vie où il devient jardinier du parc botanique de Pékin, en passant par la collaboration avec l’envahisseur japonais au cours de laquelle il devient un souverain fantoche et décadent et la révolution chinoise durant laquelle il est rééduqué.

Le film est basé sur l’autobiographie de l’empereur Pu Yi qu’il écrivit avec son frère Pu Cieh et l’éditeur Li Wenda, qui deviendront tous deux conseillers techniques sur le film.

Le projet devait au départ aboutir à un téléfilm en plusieurs épisodes d’une durée de dix heures, mais le producteur anglais Jeremy Thomas opte pour un long métrage de cinéma et réunit un budget de 25 millions de dollars, somme exceptionnelle pour le cinéaste italien.

La production obtient également du gouvernement chinois l’autorisation de tourner dans La Cité Interdite, une première pour un film de fiction occidental. 19 000 figurants, une direction artistique et des décors naturels splendides satisfont le goût de Bertolucci pour les mises en scène raffinées, fastueuses et sensuelles.

L’épisode le plus bertoluccien concerne sans doute l’exil de Pu Yi en Mandchourie, où l’empereur (interprété par John Lone) sombre dans la drogue et la débauche aux côtés de son épouse l’impératrice Wan Yung (Joan Chen). Le film est alors habile à dépeindre les relations que l’empereur entretient avec son épouse (Joan Chen) et sa concubine. Conformément à une tradition chinoise, cette polygynie est normative mais placera les deux femmes en porte-à-faux dès que le trio se retrouve confronté au gratin mondain américain et européen. La suggestion d’une scène d’amour à trois, un drap de satin recouvrant les acteurs, puis l’évocation d’une liaison saphique permettent de retrouver le Bertolucci des années 70

(…)

Le film fut un succès critique et commercial dans le monde entier et établit un record : nommé dans neuf catégories aux Oscars 1988, « Le Dernier Empereur » les remporta toutes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure photo, meilleur montage, meilleure musique, meilleurs costumes, meilleurs décors et meilleur son.

arte + cinedweller

Bien vu Virginie et Chantal !! …

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