Joyeux… John Fraser

En construisant ce blog, je me rends compte qu’il y a des dizaines et des dizaines de célébrités que j’adore, mais dont je ne sais rien de la vie privée. Sont-elles gays, ou non ?? …

… J’ai décidé de mener l’enquête afin de montrer aux jeunes qui ont été brimés à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Mon enquête d’aujourd’hui porte sur John Fraser, comédien et écrivain écossais né à Glasgow le 8 avril 1931, un des plus beaux acteurs du cinéma britannique des années 1950 et 1960. John Fraser a tourné avec les plus grands, obtenant des rôles importants dans plus de trente films, parmi lesquels « Le Cid » d’Anthony Mann avec Charlton Heston et Sophia Loren, « Les fanfares de la gloire » de Ronald Neame avec Alec Guiness, « Répulsion » de Roman Polanski avec Catherine Deneuve.

John Fraser a été nommé pour un British Academy Award du Meilleur Acteur pour son interprétation de Bosie, le jeune amant d’Oscar Wilde dans « Les procès d’Oscar Wilde » de Ken Hughes avec Peter Finch dans le rôle d’Oscar Wilde. Il a aussi joué Dorian Gray dans une adaptation télévisée du « Portrait de Dorian Gray ».

Mais… John Fraser est-il gay ?? …

… Eh bien … Mon enquête m’a mené Senses of cinema et voilà ce que j’y ai appris:

« Gros plan – Un acteur raconte » autobiographie de John Fraser

Un jeune premier qui ne devint jamais une grande star. Un garçon des classes populaires écossaises spécialisé dans l’interprétation de gentlemen de la haute société anglaise. Un fringant sex symbol, homosexuel discret mais sans complexe. John Fraser est le plus privilégié des observateurs de sa propre profession, ayant le recul nécessaire : un insider marginal. Une décennie avant que la Nouvelle Vague ne déferle sur le cinéma des années 1960 avec ses films sur les classes populaires, les manières prolétaires de John Fraser avaient été effacées grâce à des leçons d’élocution et de maintien. Sa relative franchise sur son homosexualité a-t-elle nui à sa carrière ? C’est une question inutile à laquelle il ne tente même pas de répondre. Comment pourrait-il évaluer l’importance de films qu’il n’a jamais tournés ?

Son autobiographie nous apprend par contre que la « promotion canapé » était aussi importante pour les jeunes acteurs que pour les starlettes. Au début sa carrière, John Fraser fut remarqué par le producteur gay James Woolf, qui avait propulsé l’acteur Laurence Harvey vers la célébrité avec « Les chemins de la haute ville » (Jack Clayton, 1959). Contrairement à Harvey, John Fraser, qui refusait de se servir de son corps pour obtenir des rôles, ne coucha pas avec le producteur et celui-ci ne l’aida pas à obtenir le rôle de « Laurence d’Arabie » (David Lean, 1962) (…)

En privé, l’industrie du cinéma fonctionne sur l’acceptation ou le refus de faveurs sexuelles; en public, elle maintient un visage froidement puritain : si Fraser arriva à vivre en couple avec son amant de longue date à Hampstead [quartier cossu de Londres] discrètement, il fut contraint d’interrompre son aventure passionnée avec [le danseur étoile russe] Rudolf Nureyev, non pas à cause des moeurs légères du danseur ou de son tempérament capricieux, mais à cause des avertissements d’un agent nerveux : « Si tu n’arrêtes pas cette folie immédiatement, ta carrière est terminée ! ».

John Fraser obéit et rompit, mais se rendit bientôt compte que – tout près – une vedette de cinéma dans le placard était bien malheureuse : Dirk Bogarde, redoutant que son homosexualité ne s’ébruite s’il avait des aventures (à une époque où les relations sexuelles entre hommes étaient illégales en Grande-Bretagne), était prisonnier de son couple avec son manager et ex-amant Tony Forwood; il prenait son pied seul sur une moto, regardant sa propre image immortalisée dans un costume de cuir noir, en bandit mexicain gay dans « Le cavalier noir » (« The Singer Not the Song ») (Roy Ward Baker, 1961).

(…) Vers la fin des années 1960, John Fraser en eut assez du cinéma. Il partit, d’abord pour Rome, pour y écrire un roman, puis en tournée à travers le monde en tant qu’acteur de théâtre avec le « London Shakespeare Group » compagnie itinérante qu’il avait contribué à fonder. Aujourd’hui (2017) âgé de 86 ans, il vit une retraite dorée en Toscane, avec son partenaire depuis 39 ans. Est-ce que le monde du cinéma lui manque ? Il ne donne aucune indication sur ce point dans son autobiographie, dont il ressort qu’il est un homme spirituel, drôle, honnête et extrêmement aimable, qui a frôlé la gloire mais a survécu, sa santé mentale intacte.

« Close Up: An Actor Telling Tales », de John Fraser, Oberon Books, Londres, 2004 disponible sur amazon.co.uk

… Revenez pour de prochaines enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!

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