Joyeux… Noel et le Duc de Kent

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux jeunes qui ont été brimés à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur Sir Noël Coward, grand dramaturge britannique, né à Teddington (Angleterre) le 16 décembre 1899 et mort à Port Maria (Jamaïque) le 26 mars 1973 et célèbre pour son esprit, son élégance et son originalité. Noël Coward, homme aux multiples talents, était aussi acteur, conteur, metteur en scène, peintre, chanteur de cabaret, compositeur de musique et chansons populaires et producteur, une figure publique que tout homme gay devrait connaitre.

Noël Coward (1899 – 1973) – comédien, dramaturge, compositeur gay
Gay Influence – 08 juillet 2011

Aujourd’hui on se souvient de Noel Coward surtout comme dramaturge. Ses pièces de théâtre étaient adorées du public, souvent assassinées par les critiques, et sa vie privée fut parsemée de scandales (il eut un amant royal, le Prince George, Duc de Kent, oncle de l’actuelle Reine d’Angleterre). Son nom était synonyme de sophistication, d’esprit et de sentimentalité excessive. Les personnages de ses pièces sont souvent des couples fortunés, un peu snobs, qui s’expriment par badinage spirituel et cassant.

Grâce à ses pièces et autres succès professionnels, Noel était devenu à l’approche de la cinquantaine un homme très riche aux revenus plus que confortables. Pour échapper aux écrasants impôts de l’Angleterre d’après-guerre, il acheta en 1948 « Blue Harbour,” une immense propriété s’étendant sur 11 acres (44 500 m2) au-dessus de Port Maria sur la côte Nord de la Jamaïque proche de la maison de Ian Fleming (auteur des James Bond) et s’y installa. Coward fit agrandir la maison principale, ajouta trois cottages et une piscine pour les invités et s’en servit pour y recevoir la première génération de jet setters, notamment Sir Laurence Olivier, Vivien Leigh, Sophia Loren, Elizabeth Taylor, Richard Burton, Alec Guinness, Joan Sutherland, Katherine Hepburn, Sean Connery, Mary Martin, Patricia Neal et Peter O’Toole, ainsi que ses voisins Errol Flynn et Ian Fleming. Noel était ami avec tout le gratin international (…)

Au cours des années que Sir Noel Coward passa en Jamaïque, son compagnon était l’acteur et chanteur Graham Payn, qui avait presque 20 ans de moins que lui. Sir Noel eut des relations sexuelles avec des hommes tout au long de sa vie, mais évitait de le crier sous les toits. Dans les années 1920, Jack Wilson, un courtier américain, était l’amant du jeune Noel et manageait sa carrière. Après la 2nde Guerre Mondiale, Noel Coward tomba amoureux du chanteur et comédien Graham Payn, et les deux hommes restèrent ensemble jusqu’au décès de Coward d’une crise cardiaque en mars 1973.

Mais même lorsqu’il était dans une relation de longue durée, Coward était incapable d’être fidèle. Il était constamment en train de draguer, faisant des propositions à des hommes plus jeunes que lui sans distinction (…)

Coward avait un appétit sexuel vorace : en plus des hommes mentionnés plus haut, il s’acoquina avec les acteurs Laurence Olivier, Michael Redgrave, Louis Hayward et Alan Webb et le dramaturge Keith Winter. Mais le plus souvent, il dépensait son argent et ses attentions sur des inconnus – des beaux garçons disponibles, auxquels il offrait des billets d’avion en 1ère classe à destination de la Jamaïque, où ils venaient rendre leurs « services » à Noel pendant des séjours tous frais payés de plusieurs semaines en hiver, profitant du climat de la Jamaïque, de la magnifique propriété de Noel et son splendide panorama.

Certaines des oeuvres de Noel Coward explorent l’homosexualité : “Design For Living” (1932), une des pièces les plus scandaleuses de Noel (la salle était comble chaque soir où elle fut jouée à Broadway) décrit un ménage à trois bisexuel composé de deux hommes et une femme; en 1966 Noel écrivit et joua dans « Song at Twilight, » l’histoire d’un auteur gay vieillissant qui craint que son orientation sexuelle soit découverte; également écrit dans les années 1960, l’extraordinaire et très long poème « Not Yet the Dodo » est une oeuvre où un couple de parents des classes moyennes aisées est confronté à l’homosexualité de leur fils.

Mais beaucoup des oeuvres les meilleures de Noel Coward datent des années 1920 et 1930 : des productions énormes et immensément populaires comme l’opérette « Bitter Sweet » (1929) et la pièce « Cavalcade » (1931), une luxueuse extravagance nécessitant de nombreux acteurs, des décors gargantuesques et une scène hydraulique complexe, sortaient à cette époque de l’esprit de Noel, en alternance avec des comédies finement ouvragées comme « Blithe Spirit » (1941) et « Private Lives » (1930), pièce dont Noel fut lui-même la vedette aux côtés de Gertrude Lawrence lors de sa création sur scène.

Noel ne gérait pas bien sa célébrité : constamment entouré d’une cour flagorneuse, il était tout sauf le charmant et spirituel gentleman perçu par le public. Des années d’alcoolisme et de mégalomanie firent qu’il devint un homme sans coeur, transformé en monstre sacré par son cercle d’amis intimes qui exauçaient tous ses caprices et lui disaient ce qu’il avait envie d’entendre.

Noel Coward était très imprudent dans sa recherche de jeunes partenaires sexuels (qui avaient pour la plupart le moitié de son âge, ou encore moins), risquant constamment le scandale et l’exposition. A l’âge de 60 ans, Noel fut victime d’une dépression nerveuse dévastatrice provoquée par son obsession pour un acteur américain peu connu de 27 ans, William Traylor, un homme hétéro qui avait joué un rôle secondaire aux côtés de Noel dans sa pièce “Nude With Violin” à Broadway.

Au cours de la tournée qui suivit les représentations de la pièce à New York, Traylor fut retrouvé inconscient, après une tentative de suicide par overdose de drogue, et fut amené d’urgence à l’hôpital dans une camisole de force. Bien que le publiciste de Noel Coward fit tout son possible pour que l’incident n’éclate pas dans la presse, la tentative de suicide de Traylor fut reportée dans les journaux américains; la part de responsabilité de Noel Coward n’y fut néanmoins pas mentionnée. Noel, le coeur brisé par le fait que Traylor l’ait rejeté, fit une énorme dépression nerveuse dont il mit de très longs mois à se remettre. C’était un homme vaniteux avec un penchant pour la chair fraiche. Il se fit faire un lifting en 1966, espérant que ses proies le trouveraient plus séduisant.

La première liaison homosexuelle sérieuse de Noel, alors qu’il avait la vingtaine, s’était aussi terminée tragiquement; il était alors dans une relation homosexuelle avec le Prince George, Duc de Kent, oncle d’Elizabeth II, la Reine d’Angleterre actuelle, et frère du Roi George VI, connu aujourd’hui de millions de personnes grâce au film récompensé aux Oscars « Le discours d’un Roi » (2010)… Le Duc de Kent était beau et glamour comme une star de cinéma, et un bisexuel notoire. Deux de ses frères furent couronnés rois, mais le Duc de Kent était de loin le membre le plus intéressant, le plus intelligent et le plus cultivé dans cette génération de la famille royale. Il s’intéressait beaucoup à l’art, surtout la décoration d’intérieur et au théâtre.

La liaison de Noel avec le Duc de Kent débuta en 1923 (alors que le Duc était âgé de 20 ans) et dura jusqu’à la mort de celui-ci, presque vingt ans plus tard, dans un accident d’avion en 1942. Il est presque certain que c’est à cause de la liaison homosexuelle entre Noel et le Duc de Kent que la carrière d’agent secret de celui-ci se termina brusquement en 1942, sur la demande insistante du Premier Ministre Winston Churchill, qui désapprouvait la publicité salace que Noel attirait sur lui.

Cette liaison à haut risque de Noel était encore plus dangereuse en temps de guerre, car le Duc de Kent était le frère du Roi George VI, ce qui entraina la mise de Noel sous la surveillance des services secrets. Ceux-ci reportèrent que Noel et le Duc de Kent avaient été vus paradant ensemble dans les rues de Londres, habillés et maquillés en femmes, et furent arrêtés un soir par la police sur soupçons de prostitution.

Un des membres du cabinet de guerre de Churchill était le magnat de presse Lord Beaverbrook, et il organisa le vol, dans la maison de Londres de Sir Noel, des lettres passionnées que le Duc de Kent lui avait écrites, dont l’une commençait par « Mon très cher Noel chéri », et une autre par « Noelie, mon doux amour à moi » (…) Le Duc de Kent, considéré par certains membres du gouvernement comme un danger pour la sécurité du pays en temps de guerre, fut tué dans un mystérieux crash aérien alors qu’il survolait l’Ecosse en route pour l’Islande le 23 août 1942, crash dont tous les enregistrements officiels semblent avoir disparu…

En 1945, l’arrivée dans sa vie de l’acteur et chanteur quasi inconnu Graham Payn, de 19 ans son cadet, marqua le début du déclin de la carrière de Noel. Payn était un homme ennuyeux et mou, et un grand alcoolique qui n’avait pas l’étoffe d’une star, et les efforts continus de Noel pour essayer qu’il en devienne une endommagèrent sa réputation. Dans les années 1950, les pièces que Noel écrivit pour mettre en valeur Payn furent autant d’échecs, et sa passion pour lui déclina, et les deux hommes se tournèrent vers d’autres partenaires sexuels (bien qu’ils restèrent ensemble jusqu’à la mort de Noel). Sir Noel, porté par sa célébrité, ne perdit pas de temps en ayant une liaison avec le bel acteur d’Hollywood, et écrivain, Tom Tryon.

(…) Noel Coward fut anobli par la Reine Elizabeth II en 1970. Il mourut d’une crise cardiaque en 1973 à l’âge de 73 ans dans sa maison de la Jamaïque. Il repose sur place (à environ 30 km à l’Est de la ville touristique d’Ocho Rios). Son partenaire Graham Payn fit don de la propriété au « Jamaican Heritage Trust » en 1978 et alla vivre dans la maison que possédait Sir Noel Coward en Suisse, qu’il préférait et où il mourut en 2005 à l’âge de 87 ans.

En 1984, la Reine Mère inaugura une plaque en l’honneur de Sir Noel Coward dans le Coin des Poètes (« Poet’s Corner ») de l’Abbaye de Westminter, portant ces mots écrits par Sir Noel : « A talent to amuse »

Un exemple de l’esprit brillant et du talent de chanteur de Sir Noel Coward :

« Nina from Argentina » (apparition TV de Noel Coward en direct en 1955)

Ecrite en 1944, cette chanson fait partie de la revue musicale “Sigh No More” et parle de Nina, une beauté Sud-américaine qui déteste les danses latines, refuse catégoriquement de danser et tombe amoureuse d’un marin ayant une jambe de bois, car il ne peut pas danser ! Les paroles sont plus qu’intelligentes et typiques de l’esprit brillant de Noel Coward.

source : Gay Influence traduit de l’anglais par roijoyeux

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3 commentaires pour Joyeux… Noel et le Duc de Kent

  1. n dit :

    Merci pour la chanson 🙂 🙂

  2. Nina dit :

    Tu m’as reconnue 🙂

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