Joyeux… Nicholas Ray

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux jeunes qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur le grand metteur en scène de cinéma Nicholas Ray (1911 – 1979) entré dans la légende pour « La fureur de vivre » (1955) avec James Dean et Natalie Wood. Ray est aussi admiré des cinéphiles pour des films comme « Derrière le miroir » avec James Mason, « Johnny Guitar » avec Joan Crawford et Sterling Hayden, « Les amants de la nuit » avec Farley Granger ou « Le violent » avec Humphrey Bogart et influa grandement le cinéma français de la Nouvelle Vague, notamment le réalisateur Jean-Luc Godard.

Nicholas Ray, talentueux rebelle

Nicholas Ray, réalisateur américain bisexuel connu en particulier pour les classiques « Johnny Guitar » et « La fureur de vivre » était un rebelle talentueux et indiscipliné dont la carrière hollywoodienne dura à peine 16 ans (de 1947 à 1963). Né dans l’état du Wisconsin, Nicholas Ray dirigea beaucoup de films explorant les vies de marginaux solitaires qui refusaient de se conformer aux normes de la société.

Le comédien Farley Granger et le romancier Gore Vidal, voisins gays de Nicholas Ray à la résidence « Chateau Marmont » à Hollywood dans le milieu des années 1950, ont tous deux reporté que Ray couchait avec chacun des trois acteurs principaux de « La fureur de vivre », Sal Mineo, James Dean et Natalie Wood pendant le tournage de ce film. Bien qu’il se considérait hétérosexuel, Nicholas Ray dansait avec d’autres hommes au Chateau Marmont. Il pensait ne pas être gay car il avait davantage d’aventures avec des femmes qu’avec des hommes. Il faisait aussi l’autruche sur sa consommation excessive d’alcool et de cannabis.

Le scénariste d’origine britannique Gavin Lambert (1924 – 2005) rencontra Nicholas en Angleterre, alors qu’il faisait la promotion de « La fureur de vivre ». Séduit par Ray le soir même de leur rencontre, un Lambert totalement subjugué accepta de suivre Ray aux Etats-Unis et de vivre avec lui au Chateau Marmont. Nicholas Ray lui trouva un emploi de scénariste à la 20th Century Fox, et les deux hommes vécurent ensemble huit mois. Puis Lambert, qui a décrit Ray comme étant un amant possessif et imprévisible, rompit leur relation car Ray buvait trop et le trompait, avec hommes et femmes.

En fait Nicholas Ray était homosexuel et ne voulait pas se l’avouer. Après avoir abandonné l’université à 22 ans (en 1933), il rejoignit, sur recommandation de son professeur Thorton Wilder, la confrérie du grand architecte Frank Lloyd Wright dans l’état du Wisconsin. Mais après huit mois, le très puritain Wright le renvoya à cause des ses activités homosexuelles et leurs opinions politiques divergentes. Ray partit alors pour New York où il rencontra la romancière Jean Evans, qu’il épousa et dont il eut un fils, Tony en 1937. En 1941, le FBI inscrivit Nicholas Ray dans ses fichiers, à cause de ses sympathies socialistes et ses amitiés avec des noirs américains. En 1944, Ray fut obligé de démissionner de son poste à la radio « Voice of America » à cause de nouvelles découvertes du FBI sur ses sympathies politiques gauchistes et son activité homosexuelle.

En 1946, Ray eut une opportunité extraordinaire pour booster sa carrière quand le studio RKO lui confia la mise en scène des « Amants de la nuit », un projet de film noir pour lequel il avait écrit un scénario, basé sur le roman d’Edward Anderson « Tous des voleurs » (« Thieves Like Us »), qui allait devenir le premier film jamais réalisé par Nicholas Ray. Nicholas choisit des acteurs inconnus, dont le jeune Farley Granger, pour incarner le héros du film. Malgré les critiques positives engrangées par le film lors de ses avant-premières en 1947, il ne sortit dans les salles qu’en 1949, à cause de dilemmes marketing.

En 1948, Nicholas Ray épousa l’actrice Gloria Grahame, bien qu’il ait tout perdu au jeu dans les jours précédant leur mariage à Las Vegas. En 1950, il réalisa « Le violent » avec sa femme Gloria et Humphrey Bogart dans les rôles principaux. Pendant le tournage de ce film, Nicholas Ray surprit Gloria Grahame au lit avec Tony, le fils qu’il avait eu de son précédent mariage, et qui était alors âgé de seulement 13 ans.

Suite à cet incident, Nicholas Ray se sépara de Gloria; celle-ci finit par épouser Tony Ray en 1960, mais bien que Tony était maintenant un homme de 23 ans, ce mariage provoqua un scandale qui mit fin à la carrière cinématographique de l’actrice. Gloria eut des enfants avec le père et avec le fils (un premier garçon, Timothy, était né en 1948 de Nicholas Ray, et ensuite elle eut deux garçons de Tony Ray : Tony Jr né en 1963 et James en 1965).

En 1953, Nicholas Ray racheta son contrat au studio RKO, mais ne parvenant pas à créer sa propre compagnie de production, il alla travailler pour le studio MCA, où il fit un succès du film « Johnny Guitar » (1954), bien que Joan Crawford lui ait mis des bâtons dans les roues pendant la production de ce film.

Intensément jalouse de l’actrice Mercedes McCambridge, Crawford insista pour que les scènes de cette dernière soit réduites au profit des siennes, allant jusqu’à déchirer les costumes de McCambridge et menacer de quitter le lieu de tournage du film (Sedona, dans l’Arizona). Crawford l’emporta, et Nicholas Ray fut forcé de faire les ajustements qu’elle exigeait, mais il parvint à délivrer un film brillant avec une puissante thématique de renversement des rôles sexuels.

« Johnny Guitar » fut un succès commercial et critique, qui fut surpassé l’année suivante par celui de « La fureur de vivre », dans lequel l’acteur homosexuel Sal Mineo joue Plato, peut-être le premier adolescent gay jamais montré à l’écran. Nicholas Ray voulait y inclure une scène de baiser entre James Dean et Mineo, mais le prudent studio Warner Bros refusa. Sorti peu après la mort tragique de James Dean, « La fureur de vivre » fut l’un des plus grands succès du box office de la décennie, et de loin le plus gros succès commercial de la carrière de Nicholas Ray.

Ray semblait alors en voie de devenir l’un des plus grands réalisateurs d’Hollywood, mais ses sales habitudes de trop jouer, trop boire et trop se droguer entravèrent sa carrière. Il fit une crise cardiaque en 1962 sur le tournage des « 55 jours de Pékin » (1963), avec Charlton Heston et Ava Gardner, son dernier film hollywoodien de grande envergure.

En 1969, il s’installa à Chicago où il rencontra Susan Schwartz, une étudiante de 18 ans qui devint sa 4ème épouse. Dans les années 1970, il enseigna le cinéma à l’Université de New York, où il fumait de la marijuana avec ses étudiants. Il mourut d’un cancer des poumons en 1979 après deux ans de maladie.

sources : Gay Influence + wikipedia, recherche additionnelle et traduction par roijoyeux

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2 commentaires pour Joyeux… Nicholas Ray

  1. From the avenue... dit :

    Quel beau billet. Figures toi qu’enfin « La fureur de vivre » vient de rejoindre notre dvdthèque. nous avons hésité hier soir entre deux films : Johnny Guitar et Gilda. Nous avons finalement choisi Gilda qui nous a époustouflé. Nicholas Ray est un réalisateur que nous aimons beaucoup sur l’Avenue comme tu as pu t’en apercevoir.

  2. roijoyeux dit :

    Vous avez bon goût sur l’avenue 😉

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