Joyeux… Alan Bates

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur le beau et charismatique acteur anglais Alan Bates (1934 – 2003), dont la prestigieuse et longue carrière s’étendit de 1956 à 2003, où il joua le premier rôle de très nombreux grands films. Il a été fait commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique (CBE) en 1996 et Chevalier le 31 décembre 2002.

Carrière :

Rigoureux dans ses choix, il apparaît dans de nombreux succès commerciaux et critiques. En 1964, le triomphe international de « Zorba le Grec », dont il partage la vedette avec Anthony Quinn, contribue à sa renommée. Il est nommé à l’Oscar du meilleur acteur pour « L’Homme de Kiev » de John Frankenheimer (1968).

Parmi ses autres films remarquables, on compte « Le Roi de cœur » de Philippe de Broca (1966), « Love » de Ken Russell (1969), « Le Messager » de Joseph Losey (1971), « La femme libre » de Paul Mazursky (1978), « The Rose » de Mark Rydell (1979), « Nijinsky de Herbert Ross (1980), « Quartet » de James Ivory (1981). Parallèlement à sa carrière au cinéma, il se produit sur scène et joue dans divers drames télévisés.

Ses apparitions au cinéma se font plus rares dans les années 1990 mais on le voit encore en 2001 dans « Gosford Park » de Robert Altman.

Homosexualité :

Alan Bates est marié avec l’actrice Victoria Ward de 1970 jusqu’au décès de cette dernière en 1992 ; ils ont deux fils en 1971, Benedick et Tristan qui meurt en 1990.

En 2007, Donald Spoto publie « Otherwise Engaged: The Life of Alan Bates », une biographie du comédien, qui révèle que ce dernier était bisexuel et a connu plusieurs liaisons avec des hommes, notamment – avant son mariage – avec les acteurs Nickolas Grace et Peter Wyngarde, puis plus tard avec le patineur John Curry qui meurt du sida dans ses bras.

Selon cet ouvrage, publié avec l’accord de son fils Benedick et de son frère Martin Bates, l’acteur a vécu sa vie amoureuse de manière paradoxale, allant jusqu’à affirmer à ses propres amants que leur liaison n’avait aucun caractère homosexuel. Discret sur sa vie privée, Alan Bates a néanmoins accepté d’interpréter à l’écran plusieurs rôles en rapport avec l’homosexualité, notamment dans « Love ». wikipedia

Son refus d’assumer son homosexualité est possiblement responsable des terribles tragédies survenues dans sa vie de famille.

La dangerereuse double vie gay d’Alan Bates

par Donald Spoto – 21 mai 2007 – Daily Mail

Alan Bates était l’un des acteurs les plus charismatiques de Grande Bretagne – avec une beauté virile qui était adorée des femmes. Mais un nouveau livre révèle que cet homme spirituel et chaleureux menait une double vie tourmentée et a connu toute une série de liaisons homosexuelles cachées.

Lorsque la mère très petite bourgeoise d’Alan Bates apprit qu’il allait épouser Victoria Ward, une artiste et poète hippy du quartier « East End » de Londres, elle fut si choquée qu’elle en laissa tomber son verre de sherry sur le sol du patio, où il se brisa en mille morceaux.

« Mon père et ma mère n’étaient pas contents » raconte Martin, le frère d’Alan. « Instinctivement, ils se doutaient que Victoria n’était pas la bonne personne pour Alan. Le passé, les valeurs et les opinions de mes parents étaient à l’exact opposé de ceux de Victoria. »

Pourtant ils étaient très loin de se douter de l’énorme désastre dans lequel leur fils s’embarquait.

Avant son mariage, la vie amoureuse d’Alan Bates avait été agitée, comportant des relations amoureuses avec des hommes et des femmes. Sa décision d’épouser Victoria, qui était son amie depuis plusieurs années, ne fut prise que lorsqu’ils apprirent en 1970 qu’elle était enceinte de jumeaux.

« Les raisons pour lesquelles Alan s’est marié sont faciles à comprendre » remarque le scénariste Simon Gray. « Je pense qu’il s’est persuadé qu’il était amoureux de Victoria, et probablement qu’une partie de lui avait envie d’une vie conventionnelle avec épouse et enfants. Il n’y a aucun doute que ses intentions étaient très bonnes. »

Mais les bonnes intentions d’Alan furent mises à à rude épreuve dès le tout début. Après la naissance de leurs garçons Tristan et Benedick en 1971, Victoria lui fit bien comprendre que la maternité et la vie de femme au foyer n’étaient pas faites pour elle.

Elle montra aussi ouvertement son mépris pour les amis comédiens d’Alan et pour son style de vie qu’elle considérait bourgeois et privilégié (…) Un ami d’université d’Alan Bates a raconté qu’elle méprisait tout de sa vie et était « très profondément désagréable avec lui. »

Lorsque les bébés eurent un an, Victoria déclara à une amie : « Il faut qu’Alan comprenne qu’il n’a droit à aucun privilège particulier juste car il est un comédien à succès. Il doit apprendre à changer les couches et à s’occuper des bébés. »

C’est ainsi qu’il devint fréquent de voir Alan Bates sur des plateaux de cinéma ou en coulisses de théâtres, portant ses fils nouveaux nés dans un immense panier.

Une armée de nounous, femmes de ménage et gouvernantes fut engagée pour aider Victoria lorsqu’Alan n’était pas disponible, mais leur expliquer ce qu’elle attendait d’eux semblait complètement au-dessus d’elle.

Ensuite lorsque les jumeaux eurent deux ans, elle décida qu’il était inacceptable d’employer des gens de maison et elle les vira tous.

Mais elle ne prit en charge elle-même le ménage et la cuisine qu’à un degré si minimaliste, que cela en était presque imperceptible. La vie dans la maison de famille de Hampstead [quartier cossu de Londres] commença à devenir sordide : le linge sale s’accumula, le frigo était plein de nourriture avariée et de restes, la salle de bain était laissée à l’abandon.

Elizabeth Grant, une amie proche de Victoria a témoigné : « Nous les femmes étions en pleine mode hippy du début des années 70 (…) Vicky encore plus que les autres. Lorsque je lui rendais visite, elle était assise au milieu de paniers de linge sale qu’elle nettoyait dans des bassines remplies d’eau sans lessive, car elle n’était pas fan de lessive. Pendant un moment, elle n’a nourri les garçons qu’avec des haricots, et ils étaient vraiment malheureux (…)

Beaucoup des amis du couple pensaient que le comportement étrange de Victoria était le résultat de sa propre enfance malheureuse. Elle avait passé plusieurs années en orphelinat lorsque ses parents étaient trop pauvres pour la nourrir et l’habiller, et avait de plus été agressée sexuellement par son père.

Il en résulta chez elle un manque de confiance en soi et une profonde méfiance de l’affection des autres – alors que c’était justement ce dont elle avait le plus besoin. Après seulement deux ans, le mariage commença à battre de l’aile.

Victoria se fit alors plaisir avec toute une série d’amants (…) tandis qu’en 1973 survint pour Alan sa première liaison extra conjugale sérieuse avec un autre homme.

Son nouveau partenaire était Nickolas Grace, un camarade acteur avec lequel il jouait dans une version par la « Royal Shakespeare Company » de « La mégère apprivoisée » de Shakespeare.

Alan Bates et Nickolas, qui avait alors 25 ans, devinrent, selon le témoignage de ce dernier, « très proches et très aimants, une liaison intense qui fut l’une des plus importantes de ma vie. »

Si proche que Nickolas devint même un bon ami de Victoria et des enfants.

Mais chez Alan, cette liaison fit remonter à la surface toutes ses craintes que sa vie secrète gay soit découverte et révélée au grand jour – une angoisse qui l’avait tourmentée pendant les dix ans où il avait vécu avec le comédien Peter Wyngarde dans les années 60.

Comme il l’avait fait avec ses autres amants, il refusa d’admettre à Nickolas qu’il était gay.

« On peut dire qu’il y avait deux Alan » raconte Nickolas. « L’un était libre et heureux, et alors il m’amenait voir sa famille à Derby où nous passions de charmants weekends. D’autres fois il était réservé et anxieux, me chuchotant, Ne dis pas ceci… Ne dis pas cela… Et quand on voyageait ensemble en voiture, il me faisait allonger sur la banquette arrière. »

Selon l’opinion de tous ceux qui le connaissaient, Alan était un ami de confiance, loyal et infaillible envers de très divers hommes et femmes. Mais il n’était pas fait pour le mariage – ni pour une intimité permanente.

« A la minute où un amant devenait trop proche de lui, il fuyait et mettait un point final à la relation » a raconté Arthur Laurents, un ami de longue date.

Lorsque la séparation inévitable d’avec Nickolas arriva, ce fut très brutal. « J’ai été très heureux de te connaitre » lui déclara un jour Alan avec une froideur étonnante, « et je suis sûr qu’on se recroisera dans Londres. »

Il avait parlé comme s’ils avaient été de simples collègues ayant travaillé sur un projet, ou des compagnons d’un voyage en train. Nickolas mit des mois entiers à s’en remettre.

Dans le même temps, le comportement de Victoria devenait de plus en plus étrange. Nickolas raconte qu’un soir, alors qu’il avait été invité à dîner chez le couple Bates avec un groupe d’amis de théâtre, elle alla se mettre sous la table de la salle à manger et y resta pour le reste de la soirée.

Les talents de comédiens de chaque convive furent mis à rude épreuve pour faire comme si de rien n’était. Alan Bates confia à un autre ami comédien, Marty Feldman, que Victoria le « rendait fou. »

Benedick, le fils du couple, se souvient : « Lorsque ma mère était heureuse, la vie était OK. Mais ensuite, une longue et lente détérioration commença et même son apparence physique déclina. » (…)

« J’avais de la peine pour Victoria » a déclaré Arthur Laurents. « Selon moi les hommes gays qui se marient sont terriblement injustes envers leurs femmes. J’aimais profondément Alan, et notre amitié a duré 40 ans, mais parfois il ne réfléchissait pas assez aux conséquences de ses actes. »

Mais d’autres amis pensent qu’Alan n’aurait pas pu être plus gentil dans sa façon de traiter Victoria. « C’était vraiment l’une des personnes les plus belles, les plus patientes et les plus généreuses que j’ai rencontré » raconte leur voisine Niema Ash. « J’ai souvent été émerveillée par la façon dont il gérait les troubles du comportement de Victoria et sa méfiance envers ses amis comédiens, le mépris qu’elle avait de leurs modes de vie, ses principes de vie à elle exaspérants et malsains. »

En 1976, le mécontentement de Victoria trouva une nouvelle forme d’expression : elle commença à tourmenter Alan sans pitié en le critiquant constamment. Au lieu de riposter à ses attaques directement, il fit le choix de déménager dans une maison du quartier « St John’s Wood » dans le centre de Londres, où il avait vécu quelques années plus tôt. Mais leurs garçons de 5 ans restèrent avec leur mère et leur vie allait se transformer en enfer.

« Elle nous a fait mener une vie très frugale à mon frère et à moi » a raconté Benedict. « Elle nous faisait suivre des régimes bizarres et refusait qu’on ait une télévision en état de marche. »

« La maison s’est détériorée – les choses cassées n’étaient jamais réparées, elle ne nettoyait pas nos habits. Elle ne voulait pas de chauffage central, et je me souviens avoir été obligé d’aller au lit en hiver dans un sac de couchage, mes doigts grelottant de froid. Un mode de vie très étrange. »

Quand Alan était sur Londres, les jumeaux passaient les weekends avec lui, prenant voracement l’assaut du frigo tellement ils avaient faim.

« Quand nous avons atteint l’âge de 9 ans » raconte Benedick, « la vie avec notre mère est devenue une humiliation constante que nous cachions aux autres comme un secret honteux. Mon frère et moi nous demandions souvent l’un à l’autre, ‘Est-ce que Maman t’a parlé cette semaine ?’ C’était grave à ce point. »

« Parfois nous trouvions le téléphone enveloppé dans un tapis ou un duvet, car elle disait ne pas avoir envie de l’entendre sonner. Et il n’y avait rien à manger dans le frigo – on vivait comme des enfants sauvages dans un grenier. »

« Quand nos camarades de classe venaient à la maison, elle nous faisait honte devant eux – elle se moquait de nous et les insultait. Un jour elle est passée chez Alan alors que nous étions présents, habillée comme une sans abri, et elle s’est assise à la table sans dire un mot et a commencé à écrire sur un calepin. »

« Si quelqu’un s’adressait à elle en lui disant quelque chose de gentil, elle le regardait et ne répondait pas. Ou elle disait, ‘Oh, fermez la, vous êtes un raseur, taisez vous donc !' »

En 1982, alors que les enfants avaient 11 ans, la situation était devenue si critique qu’ils frappèrent un jour à la porte d’Alan Bates et lui demandèrent de vivre avec lui. « Il se rendit enfin dans la maison et constata la gravité de la situation » raconte Benedick. « Je ne saurai jamais s’il avait choisi de faire l’autruche pendant toutes ces années. »

Grâce au cachet substantiel gagné pour un rôle au cinéma plus tôt dans l’année, Alan Bates acheta la remise voisine de sa maison et la transforma pour les garçons. Il engagea du personnel pour leur faire la cuisine et le ménage, et n’accepta des offres de travail que si elles ne l’éloignaient pas trop de la maison.

Comme en soulagement à cette crise familiale, Alan était à la même époque en pleine romance avec le champion du monde et médaille d’or olympique 1976 de patinage artistique britannique, John Curry avec qui il resta deux ans.

John Curry avait fondé en 1976 une compagnie itinérante qui enchantait les spectateurs en Europe et en Amérique. La même année, un journal allemand causa un bref scandale en révélant l’homosexualité de Curry mais celui-ci fit comme si de rien n’était et poursuivit sa carrière et continua à avoir des amants sans se faire de soucis.

« Ce fut l’une des liaisons amoureuses les plus sérieuses qu’ai jamais connues Alan » se rappelle Conrad Monk, un ami acteur, mais à un moment John Curry révéla publiquement qu’il était réellement amoureux d’Alan, ce qui provoqua la fin de leur relation.

« Proclamer son amour était la chose à ne pas faire avec Alan. Il ne supportait pas d’avoir des liens sentimentaux avec ses amants, des entraves malvenues à ses yeux. »

De plus, Alan avait alors un nouvel amant, avec qui il allait rester plus longtemps qu’avec tous les autres.

En 1982, il avait été présenté à un jeune artiste de 26 ans son cadet nommé Gerard Hastings, qui avait alors 22 ans. L’attirance fut immédiate.

Au début, Alan Bates et Gerard ne se rencontraient que par intermittence dans l’appartement de Gerard, puis dans un meublé proche de la maison d’Alan, puis finalement Gerard emménagea dans la maison d’Alan. Au grand regret de Gerard, Alan ne révéla jamais la nature de leur relation à ses enfants bien que ceux-ci l’aient devinée.

Progressivement, Gerard devint un membre de la famille Bates, aidant les jumeaux à faire leurs devoirs, jouant avec eux et leur donnant même sa vieille voiture. Son intense romance avec leur père dura cinq ans.

Au cours de ces années, Gerard apprit que bien qu’Alan Bates avait des amies de sexe féminin qu’il adorait, il ne les désirait pas sexuellement. « Il aimait les femmes pour leur compagnie et les hommes pour la satisfaction sexuelle. Ses fantasmes érotiques étaient peuplés en majorité d’hommes » raconte Gerard (…)

« Pourtant, étrangement, il était très mal à l’aise avec son homosexualité et pensait parfois nécessaire d’affirmer sa virilité, ou plutôt l’idée qu’il s’en faisait. Un jour il s’est tourné vers moi et m’a dit, bien sûr tu sais que je ne suis pas gay (…) Il pouvait être très hypocrite à ce sujet et cela a fini par desservir notre relation. »

Mais que pensaient les jumeaux de l’amant de leur père ? Benedick « Ben » Bates dit qu’il ne pensait pas beaucoup à la vie intime de son père et qu’il la niait quand il était très jeune, que c’était trop difficile à intégrer. Plus tard, il en a parlé avec une de ses premières petites amies, ce qui lui permit d’en rire et de réaliser que son angoisse était injustifiée, que son père pouvait bien faire ce qu’il voulait, avec qui il voulait, surtout avec Gerard qui était pour eux un ami.

A la fin de l’adolescence, les jumeaux ayant hérité de la beauté de leurs parents furent approchés par une agence de mannequins et négocièrent de juteux contrats avec l’industrie de la mode. C’est alors que la tragédie frappa.

Après avoir quitté l’école, Tristan était passé par une phase un peu folle, buvant en excès et s’encanaillant avec une bande de jeunes qui prenaient des drogues dures. Benedick, lui, était plus raisonnable, préférant boire quelques petits verres lors de soirées entre amis.

A la fin de l’été 1989, une agence de mannequins envoya les jumeaux de 18 ans à Tokyo pour y faire des photos de mode, les installant dans des luxueux appartements grâce auxquels ils se firent des nouveaux amis facilement.

6 mois plus tard, le vendredi 12 janvier 1990, Tristan toujours à Tokyo, alla se faire vacciner contre les maladies tropicales en prévision d’un futur travail de mannequinat en Asie du Sud-Est.

Dans la soirée du 12 janvier, lui et son frère Benedick (« Ben ») se rendirent dans un bar pour y rencontrer des amis, et y furent informés que de l’héroïne circulait. Tristan s’éclipsa alors, tandis que Ben retournait à son appartement.

Ben se rappelle, « Le garçon qui partageait l’appartement de Tristan m’a appelé le samedi matin, 13 janvier, pour me dire que Tristan n’était pas rentré. C’était très inhabituel de sa part, mais nous nous sommes dit que Tristan était probablement avec un nouvelle copine. Dimanche matin toujours aucune nouvelle, et nous savions que quelque chose n’allait pas du tout. »

Peu après la police de Tokyo informa Ben qu’ils avaient trouvé le corps d’un jeune homme de race blanche dans des toilettes publiques. C’était Tristan.

A Londres, Alan Bates et Gerard regardaient des videos d’une des séries TV dont Alan avait été la vedette, « The Mayor Of Casterbridge », lorsque le téléphone sonna. Gerard répondit puis passa le téléphone à Alan.

« Un moment plus tard », se souvient Gerard, Alan sembla sombrer dans la folie – il est devenu hystérique. » Ben, à l’autre bout du fil, « pouvait entendre son père partir en morceaux. »

Alan Bates annonça la nouvelle à Victoria et ils se rendirent ensemble à Tokyo pour y récupérer le corps de leur fils. Michael Linnit, un ami d’Alan raconte que « à l’époque il fut généralement annoncé que la mort de Tristan avait été causée par une overdose de drogue. »

« Alan ne verbalisa pas sa peine, il la supporta en n’en parlant jamais. »

« Pendant les premiers mois de 1990, il fut comme un pendule – éclatant en des sanglots qui brisaient le coeur, puis offrant force et réconfort aux autres, puis revenant dans son état d’immense tristesse. »

« A son retour de Tokyo » se souvient une amie Felicity Kendal, « Alan semblait avoir vieilli de 20 ans. Quant à Victoria, elle s’est encore plus éloigné de la réalité. »

(…)

« La mort de Tristan a été le traumatisme le plus horrible qu’on peut imaginer » déclara plus tard Alan Bates. Je suppose que j’ai été chanceux – je l’ai eu pendant 20 ans. C’était un cadeau … La douleur de l’avoir perdu ne me quittera jamais. »

Depuis ce jour fatidique de janvier 1990 jusqu’à sa mort en 2003, Alan Bates dût supporter une immense culpabilité pour le destin tragique de son fils, le résultat selon lui de son mariage raté, de sa dévotion à sa carrière, et son long refus d’ouvrir les yeux sur vie misérable que les jumeaux avaient mené avec leur mère quand ils étaient enfants.

Comme toujours il trouva refuge dans son métier. « Après le décès de Tristan » se rappelle Martin, le frère d’Alan Bates, « Alan s’est jeté à corps perdu dans le travail. Il travaillait constamment pour supporter la tragédie. »

Il lui fallut tout son courage, et l’amour d’une belle actrice qui avait elle aussi perdu un fils qu’elle adorait, pour finalement se reconstruire.

extrait abrégé du livre « Otherwise Engaged: The Life Of Alan Bates » de Donald Spoto traduit de l’anglais par roijoyeux – livre disponible sur amazon UK

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !! …

A propos roijoyeux

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4 commentaires pour Joyeux… Alan Bates

  1. Osyth dit :

    Ma belle-mère était un très bon ami de Alan Bates, aussi Peter Wyngarde et beaucoup d’autres. Je l’ai rencontré des plusieurs reprise et je l’ai trouvé un homme très sympa avec une aura puissante. Elle ne parle pas Français mais je lui enverrai cet article et ça lui plaira. Merci infiniment 😊

  2. il a des yeux à tomber

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