Joyeux… Jean Cocteau

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur Jean Cocteau (1889 – 1963) poète écrivain aux multiples talents élu à l’Académie française en 1955 … Cocteau était aussi graphiste, dessinateur, dramaturge et cinéaste (« La Belle et la Bête »).

Jean Cocteau … écrivain prodige aux multiples talents et … gay

Issu d’une famille bourgeoise, Jean Cocteau est né en 1889 à Maisons-Laffitte (Yvelines). Son père était avocat et grand amateur d’art, comme la plupart du reste de sa famille. Il se suicide alors que Jean Cocteau n’a que dix ans, ce qui bouleverse sa vie. Sans un père strict pour le guider, Cocteau est libre de se découvrir. Bien que peu passionné par les études, il a un talent précoce en littérature : à dix-huit ans, il est déjà un poète-dandy fêté dans les salons parisiens, dans lesquels il a été introduit par sa mère, et il publie son premier recueil de poèmes, « La Lampe d’Aladin » à 20 ans. Edouard de Max, célèbre sociétaire de la Comédie Française loue le théâtre Femina pour dire les vers du jeune prodige et l’introduit dans le cercle des auteurs, artistes et intellectuels homosexuels comme lui : Marcel Proust, Reynaldo Hahn, Lucien Daudet, Maurice Rostand, Max Jacob, André Gide… avec lesquels Cocteau se lie d’amitié.

Cette frivolité mondaine l’aurait sans doute perdu si la guerre de 1914 n’avait interrompu une vie superficielle qui gâchait ses dons. Mobilisé comme ambulancier, Cocteau n’abandonne pas la poésie, mais se met à écrire aussi des romans et des pièces de théâtre. En 1917, il se lie d’amitié avec Serge de Daguilev, des ballets russes, et collabore avec lui pour produire « Parade », ballet dont les décors seront confiés à Picasso et la musique à Eric Satie. Son premier amour est le jeune Raymond Radiguet qu’il rencontre en 1919. Radiguet est alors âgé de 15 ans et il écrit déjà, des futurs romans que Cocteau va promouvoir dans les cercles littéraires.

Malheureusement Radiguet meurt de la typhoïde à 20 ans et laisse Cocteau inconsolable. C’est à cette occasion qu’il pourra mesurer la bêtise et l’homophobie de ses contemporains puisque François Mauriac aura le mauvais goût de le surnommer « le Veuf sur le Toit », en référence au célèbre établissement homosexuel parisien qu’avait patronné Jean Cocteau, « Le Bœuf sur le Toit ». Très blessé, Cocteau se réfugiera dans l’opium, la drogue à la mode à cette époque. Ce n’est qu’au bout de quelques années qu’il arrivera à s’en dégager par une cure de désintoxication.

Dans les années 30, Cocteau s’intéresse au cinéma, comme réalisateur, scénariste ou dialoguiste mais aussi à d’autres arts puisqu’il sera aussi peintre, décorateur, costumier de théâtre, sculpteur, céramiste et… dessinateur. L’artiste est extrêmement prolifique.

Que ce soit à travers ses dessins ou ses écrits, Jean Cocteau n’hésite jamais à aborder l’homosexualité. Certains de ses dessins sont d’ailleurs d’une grande homosensualité. En 1937, il rencontre Jean Marais lors d’une audition pour son film « Œdipe Roi ». Subjugué par la beauté de l’acteur, il en fera son amant puis son ami jusqu’à la fin de sa vie. Les deux hommes seront inséparables tant à la ville qu’à la scène et formeront certainement le couple homosexuel le plus célèbre du XXème siècle en France. Cette passion ne les empêchera d’ailleurs pas d’avoir des amants chacun de leur coté.

Durant l’occupation, ils vont continuer à créer pièces et films. Cocteau, plutôt pacifiste, accorde plus d’importance à sa fidélité en amitié qu’au conflit qui déchire le monde. Durant l’occupation, il aura été un des seuls à tenter de sauver son ami l’écrivain juif Max Jacob, malheureusement sans succès, alors que la plupart de ses « amis » d’avant guerre se réfugieront dans un silence complice et prudent. Il s’exposera aussi pour sauver son ancien amant devenu résistant, Jean Desbordes, qui finira néanmoins par être exécuté par la Gestapo.

Dans les années 50, il va réaliser de nombreux films à succès. Il s’installe avec Jean Marais dans une maison à Milly-la-Forêt mais ne relâche jamais son travail artistique et littéraire. En 1963, son ami allemand Arno Brecker sera reçu à Milly-la-Forêt où il réalisera un buste de Jean Cocteau et de Jean Marais. Jean Cocteau sera emporté quelques mois plus tard par une crise cardiaque peu après voir appris la mort d’Edith Piaf dont il était proche. Jean Marais lui restera fidèle et ne cessera jamais d’honorer la mémoire de son ami jusqu’à sa propre mort en 1998.

Hexagone Gay + « Homosexuels célèbres de l’histoire » de Michel Larivière

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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4 commentaires pour Joyeux… Jean Cocteau

  1. je trouve que François Mauriac était vraiment méchante bises

  2. I love the painting – its beautiful.
    JP

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