Joyeux… Henry de Montherlant

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur le grand écrivain Henry de Montherlant.

Henry de Montherlant, immortel de l’Académie Française … gay

Henry de Montherlant, de son nom complet Henry Marie Joseph Frédéric Expedite Millon de Montherlant, né le 20 avril 1895 à Paris, mort le 21 septembre 1972 dans la même ville, est un romancier, essayiste, dramaturge et académicien français.

Descendant d’une famille de la noblesse catalane, Henry de Montherlant fit ses études à Jeanson-de-Sailly, puis au collège de Sainte-Croix de Neuilly dont il s’inspira pour écrire « La Relève du matin » et « La Ville dont le prince est un enfant ».

Henry de Montherlant envisage très tôt de devenir écrivain. C’est probablement sa mère qui lui donna le goût de la littérature. « Quo vadis ? » de Henryk Sienkiewicz, dont elle lui fait la lecture, marquera l’ensemble de sa vie (…) lui fournissant les thèmes qu’il abordera tout au long de son œuvre : l’amitié, le suicide, et la Rome antique.

À l’âge de 7 ou 8 ans, il écrit déjà de petits volumes et s’amuse à rédiger des préfaces et des postfaces. Ses récits ont pour cadre, souvent, l’Antiquité. Initié très jeune à la tauromachie, il exécute deux mises à mort de taurillons à l’âge de quinze ans.

Son père décède lorsque Henry a 19 ans, sa mère une année plus tard. Sa vocation littéraire se confirme aussi à 19 ans, avec sa première pièce, « L’Exil », écrite en novembre-décembre 1914.

Mobilisé en 1916 dans le service auxiliaire, puis dans le service actif au 360e Régiment d’Infanterie, il fut blessé et décoré. Marqué par cette expérience, il en tirera « Songe », roman autobiographique, et son « Chant funèbre pour les morts de Verdun », exaltation de l’héroïsme de la Grande Guerre.

Nombre des œuvres qu’il publia dans les années d’après-guerre (« Les Bestiaires », « Les Olympiques », « Aux fontaines du désir », « La Petite infante de Castille », etc.) étaient empreintes du même goût pour les valeurs viriles et fraternelles, jusqu’aux « Jeunes filles », roman en quatre volumes où il affichait délibérément sa misogynie et qui lui valut une renommée internationale et seront vendus à des millions d’exemplaires.

Durant cette période, Henry de Montherlant choisit de séjourner la plupart du temps hors de France, autour de la Méditerranée.

Auteur fécond, il produisit une œuvre importante, dans laquelle le théâtre tint, à partir des années 1940, une place importante. Citons ses pièces les plus célèbres : « La Reine morte », « Fils de personne », « Malatesta », « Le Maître de Santiago », « Port-Royal », « Don Juan », « Le Cardinal d’Espagne » (…)

(…)

Sur la fin de sa carrière, Montherlant revint à la veine romanesque avec « Le Chaos et la Nuit », « Les Garçons », « Un assassin est mon maître ».

Écrivain sans cesse en quête de perfection esthétique, d’un style brillant et aéré, Henry de Montherlant est le créateur d’une œuvre où se font écho en s’opposant la morale chrétienne et la morale profane, le culte de l’héroïsme et celui de l’hédonisme.

Fait rare, mais non pas unique dans l’histoire, Montherlant est élu en 1960 à l’Académie française sans en avoir fait expressément la demande.

Devenant quasiment aveugle à la suite d’un accident et voyant ses facultés décliner, il se suicide le jeudi 21 septembre 1972 à l’âge de soixante-seize ans à son domicile du 25, quai Voltaire à Paris, conformément aux principes romains développés tout au long de son oeuvre, « pour échapper à l’angoisse de devenir aveugle subitement ».

De cette mort volontaire, Julien Green écrit quelques jours plus tard : « Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d’éclat, [Montherlant] a fini par le prendre pour lui et s’y est conformé jusqu’à la fin. »

Ses cendres sont dispersées à Rome, sur le Forum, entre les pierres du temple de Portunus (ou temple de la Fortune virile) et dans le Tibre, par Jean-Claude Barat, son héritier, et Gabriel Matzneff, son exécuteur testamentaire.

Homosexualité

Montherlant n’a jamais écrit sur sa vie sentimentale et sexuelle. Cependant, à l’âge de 17 ans il fut renvoyé de l’Institution Notre-Dame de Sainte-Croix de Neuilly pour une relation avec un camarade plus jeune, Philippe Giquel, qui lui a inspiré le jeune héros de « La Ville dont le prince est un enfant ».

Cette attirance de Montherlant pour les jeunes garçons expliquerait aussi la perte de son œil en mars 1968, après avoir été molesté dans la rue lors d’une expédition nocturne en chasse d’adolescents et non des suites d’une insolation comme le veut la version officielle. Il fut admis dans une clinique de la rue de Passy, éborgné, les mains et le visage couverts de sang et on lui avait dérobé sa montre.

Cette attirance pour les adolescents expliquerait aussi sa rupture avec sa famille après la mort de son père puis de sa mère survenues dans les deux ans suivant le scandale à Sainte-Croix de Neuilly. Elle expliquerait aussi le goût de l’auteur pour l’Afrique du Nord, pays où – comme André Gide, et peut-être conseillé par lui – il pouvait pratiquer sa pédérastie.

L’écrivain Pierre Sipriot a écrit un livre sur la vie de Montherlant, qui s’appuie principalement sur la correspondance de celui-ci avec Roger Peyrefitte, où il reporte que Peyrefitte et Montherlant faisaient des virées ensemble à Paris pour draguer des gamins dans les foires ou au cinéma et les ramener dans leur lit, et que Montherlant payait certaines mères de famille complaisantes…
Il lui arriva plusieurs fois d’être dénoncé par des garçons qu’il avait dragués mais lorsqu’il se retrouvait devant le commissaire de police, sa notoriété d’immortel faisait, le plus souvent, étouffer l’affaire.

Mais pour l’écrivain Michel Larivière, Montherlant n’était pas pédophile : la pièce « La Ville dont le prince est un enfant » lui a été inspirée par son aventure avec Philippe Giquel alors que tous deux étaient adolescents, « un premier amour dont Montherlant a prolongé le souvenir par l’écriture (…) devenu adulte, son désir est resté fixé sur le corps de cet adolescent (…) dont il chercha toute sa vie l’équivalent … » (…)


Philippe Giquel, premier amour de Montherlant, deviendra un as de l’aviation durant la Grande Guerre, puis un journaliste réputé dans le domaine de l’aéronautique. Par ailleurs, Montherlant deviendra le parrain de la fille de Philippe Giquel.

Montherlant n’a jamais voulu assumer ses goûts en pleine lumière. Rien dans sa vie publique, dans son habillement ou dans sa façon d’être, ne laissait supposer son homosexualité et le grand public l’ignorait… Mais les révélations posthumes de Pierre Sipriot ont modifié l’image qui dominait à son sujet de son vivant, contraignant certains à renoncer à un Montherlant idéalisé, et d’autres à le relire de plus près.

wikipedia + academie-francaise.fr – résumé par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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3 commentaires pour Joyeux… Henry de Montherlant

  1. da-AL dit :

    interesting — a very complex man. too bad he helped promote terrible ideas about women. I wonder how much of his harsh ways of regarding the world had to do with how he was dealt with harshly…

    • roijoyeux dit :

      Very complex indeed – I must add that the general public did not know he was gay until after his death … He never came out and was behaving in a very « normal » way and most people did not know about his being gay

  2. Je ne connaissais pas la vie d’Henry de Montherlant, juste quelques uns de ses livres. Merci pour ce partage. A bientôt

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