Joyeux… Jean Genet

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur Jean Genet (1910 – 1986) une des figures majeures du monde littéraire LGBT.

Jean Genet … génial écrivain … gay

World of Wonder – 19 décembre 2017

« Je suis homosexuel … ‘pourquoi et comment’ sont des questions vaines. Un peu comme se demander pourquoi mes yeux sont verts. »

Si vous voulez connaître les détails de la vie de Jean Genet, lisez le puissante et captivant livre « Jean Genet, une biographie » d’Edmund White, une visite particulièrement intéressante de l’esprit brillant et sauvage de Jean Genet, dont l’oeuvre est marquée par un traitement inhabituellement brutal et presque obsessionnel de thèmes récurrents : désir, mort et domination.

Ces thèmes, essentiels chez Genet, ont pour origine directe ses voyages, ses séjours en prison, ses relations sexuelles et émotionnelles et ses engagements politiques.

Les travaux de Genet ont été une immense source d’inspiration pour un grand nombre d’écrivains, réalisateurs de cinéma, chorégraphes et metteurs en scène importants des 100 dernières années.

Genet est né à Paris il y a 107 ans [19 décembre 1910]. Abandonné par sa mère adolescente alors qu’il n’avait que 7 mois, il fut élevé par une famille d’accueil du Morvan. La famille adoptive de Genet lui offrit l’éducation communale, une vache à lait douce et aimante, un environnement protégé. L’enfant y fut heureux, bon élève et enfant de chœur, mais réservé et taciturne.

De cette époque remontent les premiers émois masculins de Genet, en la personne du petit Lou Culafroy — qui deviendra plus tard « Divine », héros et ensuite héroïne de « Notre-Dame-des-Fleurs » — ainsi que d’hommes plus âgés, braconniers de passage ou marginaux égarés. Il obtient la meilleure note de sa commune au certificat d’études primaires.

Il commet son premier vol à l’âge de dix ans. Après avoir passé ses années d’adolescence en prison, il devance l’appel et rejoint à 18 ans la Légion étrangère qui l’envoie en Afrique du Nord et au Proche-Orient, où il découvre colonialisme français, pour lui une oppression similaire à celle qu’il a vécu en prison. Ce fut la seule fois de sa vie qu’il agit en tant que représentant de l’Etat français qu’il méprisait.

Revenu à Paris, il y vécut de petits larcins (dont le vol de livres) et prostitution pour lesquels il fit plusieurs séjours dans des prisons pour adultes, pour l’essentiel à la Santé et à la maison d’arrêt de Fresnes.

C’est en prison qu’il écrivit ses premiers poèmes et quelques ébauches de romans, sans cesse reprises, refondues, rejetées. Genet était un perfectionniste, un éternel insatisfait, un obsédé de la beauté du mot. Lui qui sacralise le geste, la signification de l’acte, n’admet la viabilité du verbe que lorsqu’il est beau, puissant, racé. Son style est extraordinairement baroque et d’une grande qualité littéraire.

Ses premiers romans, écrits en prison, paraissent aux Éditions de L’arbalète ou « aux dépens d’un amateur» chez Paul Morihien, qui outre le fait d’être le secrétaire de Jean Cocteau, possédait une librairie-galerie rue du Beaujolais à Paris près du Palais-Royal. Ces premiers romans jugés pornographiques sont censurés et se distribuent sous le manteau.

Les sommités que sont Jean Cocteau, puis Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, découvrent vite les premières œuvres de Genet. Ils encensent ce mauvais garçon de la scène littéraire française et le considèrent comme le génie de leur temps. Cocteau le sauve de la prison à perpétuité en 1948 : à la troisième condamnation, quel que soit le motif de cette condamnation, le criminel risquait la relégation au bagne, à perpétuité, mais Genet obtint la grâce Présidentielle grâce à l’intervention de Cocteau.

Dans les cinq ans précédant sa grâce Présidentielle, Genet écrivit quatre romans : Notre-Dame-des-Fleurs (1944), « Le Miracle de la rose » (1946), « Pompes funèbres » (1948) et « Querelle de Brest » (1947). « Le Journal du voleur », ses scandaleuses mémoires, fut publié en 1949.

Dans les années 1950 et 1960, il se consacra au théâtre, écrivant des pièces audacieusement expérimentales au contenu fortement politique : « Le Balcon » (1956), « Les Nègres » (1958), « Les Paravents » (1961), où il explore l’identité et la différence, l’illusion et l’authenticité, révélant les rouages d’un système sociétal qu’il exécrait.

Au début des années 1950, Genet tomba amoureux d’un jeune acrobate de cirque nommé Abdallah Bentaga, avec lequel il forma un couple pendant 10 ans, mais en 1964, Betenga se suicida et en 1967, Genet, toujours dévasté par la mort de Betenga, essaya aussi de se tuer.

A la fin des années 1960, Genet se lança dans l’activisme politique. Il refusa de commenter ses propres oeuvres, ne parlant en public que pour soutenir les causes des Black Panthers et des palestiniens (…) A la même époque, il écrivit des essais politiques et se rendit au Moyen-Orient pour y visiter des camps de réfugiés palestiniens.

A l’âge mûr, il était presque toujours attiré par des jeunes hommes hétérosexuels de couleur, et souvent il leur apportait soutien financier, ainsi qu’à leurs femmes et enfants.

Jean Genet mourut à Paris le 15 avril 1986 emporté par un cancer à l’âge de 75 ans, quelques mois après que les représentations de sa pièce « Le balcon » à la Comédie Française.

Ses pièces ont été adaptées au cinéma en des films improbables, notamment « Les Bonnes » (1974) avec Glenda Jackson et Susannah York et « Le Balcon » (1963) avec Shelley Winters, Peter Falk, Lee Grant et Leonard Nimoy.

A l’été 2014, Cate Blanchett et Isabelle Huppert jouèrent les soeurs meurtrières sur les planches à Broadway dans une nouvelle et prestigieuse mise en scène de la pièce « Les Bonnes » qui fut acclamée par la critique et se joua à guichets fermés, prouvant que les mots de Jean Genet sont toujours aussi puissants au XXIe siècle.

wikipedia + The Wow Report

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

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Un commentaire pour Joyeux… Jean Genet

  1. Mél@nie dit :

    BRILLANT et écorché-vif… ❤

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