Joyeux… Somerset Maugham

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur le légendaire écrivain britannique Somerset Maugham

William Somerset Maugham (né à Paris le 25 janvier 1874 et mort à Saint-Jean-Cap-Ferrat le 16 décembre 1965) est un romancier, nouvelliste et dramaturge britannique.

Il a laissé une oeuvre considérable par le nombre de pièces de théâtre, romans, nouvelles, essais critiques, récits divers. Son succès ne fut pas moins colossal, à partir des années 30. Non seulement il amassa, grâce à ses écrits, une fortune plus que coquette, mais plusieurs de ses romans et nouvelles inspirèrent des dizaines de réalisateurs de cinéma, depuis George Cukor (« Haute Société », 1933) jusqu’à John Curran (« Le Voile des illusions », 2006), en passant par Albert Lewin (« The Moon and Sixpence », 1942) et Edmund Golding (« Le Fil du rasoir », 1946).

Somerset Maugham, le premier écrivain superstar était … gay

Après que tous les exemplaires d’un de ses premiers livres se soient écoulés en quelques semaines en 1897, Somerset Maugham abandonna ses études de médecine à l’âge de 23 ans pour devenir écrivain à plein temps. Son succès devint si grand que lorsqu’arrivèrent les années 30, il était l’écrivain le mieux payé du monde anglophone, et sa carrière s’étendit sur 68 ans jusqu’à sa mort à l’âge de 91 ans.

Né à Paris à l’ambassade britannique de parents britanniques vivant en France, le première langue qu’il parla fut le français, et ses camarades de collège à Canterbury, où il resta de 1885 à 1889 (de ses 11 ans à ses 15 ans), allaient se moquer de son mauvais anglais ce qui déclencha chez le jeune Somerset un bégaiement qui lui resta toute sa vie.

Il détestait tellement son collège anglais qu’il le quitta à l’âge de 16 ans pour l’Allemagne où il étudia à l’Université d’Heidelberg, de 1890 à 1892. En Allemagne, il eut une liaison homosexuelle avec John Ellington Brooks, un anglais de 10 ans son aîné. Ensuite, il retourna en Angleterre (à Londres) pour y étudier la médecine.

En devenant écrivain, il rencontra un succès fulgurant dès ses débuts en 1897. Dix ans plus tard en 1907, Somerset Maugham, que ses amis appelaient « Willie », avait 33 ans et quatre de ses pièces de théâtre se jouaient simultanément à Londres; lorsqu’il atteignit son 40è anniversaire, il était devenu célébrissime, avec déjà 10 pièces de théâtre et 10 romans à son actif.

Il fut si prolifique et obtint tant de succès pendant toute sa carrière qu’il devint extraordinairement riche. Charmant, suave et distingué, Willie voyageait dans une limousine avec chauffeur et était toujours très élégant, vêtu de beaux habits faits par les meilleurs artisans.

Il participa à la Grande Guerre (1914 – 1918) en tant qu’ambulancier pour la Croix Rouge, avant d’être recruté comme agent secret par les services secrets britanniques. Alors qu’il conduisait une ambulance dans les Flandres en 1914, il rencontra Gerald Haxton (1892-1944), jeune américain natif de San Francisco, alors âgé de 22 ans. Haxton resta son amant et compagnon jusqu’à sa mort trente ans plus tard. Pendant et après la Guerre, les deux hommes firent des voyages en Inde et en Asie du Sud-Est, des expériences dont l’écrivain allait se servir dans ses oeuvres ultérieures. Pendant un temps, Willie vécut sur l’île de Capri, où beaucoup d’homosexuels encensés poursuivaient leurs carrières, et se poursuivaient les uns les autres.

Homosexualité

Pour autant, Somerset Maugham prenait bien soin d’éviter les sujets et les personnages homosexuels dans ses oeuvres. Les écrivains de sa génération avaient en mémoire le terrible procès d’Oscar Wilde qui avait eu lieu en 1895 lorsque Somerset Maugham avait 21 ans.

Avant sa liaison avec Gerald Haxton, Somerset Maugham était tombé profondément amoureux de Harry Philips, un étudiant en théologie d’Oxford rencontré à Capri. Les deux hommes craignaient tellement que leur liaison ne soit révélée au grand jour en Angleterre qu’ils n’y retournèrent pas, choisissant plutôt de vivre en couple à Paris… Gerald Haxton avait quant à lui été déporté d’Angleterre en 1919 après avoir été pris en flagrant délit d’acte homosexuel autre que sodomie; ainsi, Somerset Maugham ne pouvait vivre avec Haxton qu’en dehors de l’Angleterre, ils vécurent donc en France et furent de très grands voyageurs.

Ce ne fut qu’après être devenu célèbre que Somerset Maugham commença à fréquenter des femmes. Il avait été élevé avec la notion que l’homosexualité était une « anomalie », mais sa véritable raison pour sortir avec des femmes était qu’une réputation d’homme gay aurait détruit ses chances de succès durable. En 1915, il eut une fille, Liza, avec sa « maîtresse » Syrie Wellcome dont le mari demanda le divorce pour adultère. Gentleman, Maugham épousa Syrie en 1917 peu après son divorce, et elle devint une décoratrice d’intérieur renommée dans la haute société. Malheureusement, le couple n’avait rien en commun, ni en goût, ni en tempérament, ni en sexe. Bien qu’elle adorait être « Madame Somerset Maugham » elle accepta finalement de divorcer en 1929, trouvant la relation de son mari avec Gerald Haxton trop difficile à supporter (…)

Lors de ses nombreux voyages, Maugham était invariablement accompagné de Gerald Haxton, qu’il considérait indispensable à son succès en tant qu’écrivain. Maugham était terriblement timide et devait gérer son bégaiement, et donc c’était l’extraverti Haxton qui affrontait le monde pour ramener des sujets que l’écrivain convertissait en fiction. Haxton possédait ce dont Maugham était dépourvu : il était flamboyant, attachant et populaire, ce qui compensait la timidité, la réserve et la froideur de Somerset Maugham (…) Mais Gerald buvait comme un trou et, bien que plus jeune de 18 ans que son amant, lui donnait des ordres lui demandant de lui amener des verres d’alcool et de régler ses dettes de jeu; malgré ces défauts, les amis de Somerset finirent par réaliser que Gerald Haxton était exactement ce dont l’écrivain avait besoin : Willie s’illuminait littéralement de l’intérieur à chaque fois que Haxton entrait dans une pièce.

En 1926, 3 ans avant son divorce d’avec sa femme, Somerset acheta la Villa Mauresque, magnifique propriété sur un immense terrain de 9 acres à Saint-Jean-Cap-Ferrat sur la Côte d’Azur entre Nice et Monaco, qui allait devenir sa maison pour la plus grande partie du reste de sa vie. En 2005, la propriété fut convertie en hôtel de luxe comportant onze chambres et suites.

Cette villa allait devenir le lieu d’un des salons littéraires majeurs des années 1920 et 30, mais accueillit aussi des orgies homosexuelles où l’alcool coulait à flot et où les jeunes de la région se baignaient entièrement nus, se séduisant les uns les autres et se droguant. Les invités de Somerset étaient tous estomaqués par le niveau de débauche.

Somerset passa la plus grande partie de la 2nde Guerre Mondiale aux états-Unis, d’abord à Los Angeles, où il travailla sur de nombreux scénarios, devenant l’un des premiers auteurs à gagner beaucoup d’argent en adaptant ses propres oeuvres au cinéma. Il vécut aussi en Caroline du Sud, où son éditeur Nelson Doubleday avait une immense propriété, où l’écrivain comptait attendre que la guerre en Europe se termine. Doubleday fit construire un cottage pour l’usage exclusif de Somerset Maugham, équipé d’un cuisinier, d’une femme de chambre et d’un jardinier; situé à 3 km de la maison principale, ce cottage privé était une cachette parfaite pour y écrire tranquillement à l’abri des obligations et des dérangements de la vie citadine.

Malheureusement c’est aux états-Unis que Gerald Haxton attrapa une pneumonie; lorsqu’il mourut d’un oedème pulmonaire à l’âge de 52 ans en 1944, un Somerset dévasté revint en Angleterre puis à sa villa en France où il termina sa vie sans jamais se remettre complètement de la mort de Gerald (…)

Pourtant, il vécut jusqu’au vénérable âge de 91 ans : en décembre 1965, après avoir fait une chute et attrapé une pneumonie dans la foulée, il fut hospitalisé à Nice, où il resta dans un semi coma une semaine, avant de mourir paisiblement dans les premières heures du 16 décembre, cinq semaines avant son 92ème anniversaire.

linternaute + Gay Influence – résumé et traduit de l’anglais par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

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... Soyons... Joyeux !!!
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7 commentaires pour Joyeux… Somerset Maugham

  1. da-AL dit :

    what a wonderful life!

  2. Carole dit :

    Je te souhaite un bon week-end.
    Bises.

  3. Isa Poitou dit :

    Je connaissais cet auteur seulement de nom :).

  4. Osyth dit :

    J’adore, j’adore, J’ADORE Somerset Maugham!

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