Joyeux.. Luchino Visconti

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur le grand cinéaste italien Luchino Visconti.

Luchino Visconti, génie du cinéma italien … gay

Luchino Visconti di Modrone, comte de Lonate Pozzolo (1906 – 1976), membre d’une famille de la haute noblesse italienne, était un réalisateur de cinéma. Il fut aussi metteur en scène (théâtre et opéra) et écrivain.

Le futur cinéaste naquit le 2 novembre 1906 à Milan, « à l’heure où le rideau se levait à La Scala » aimait-il raconter. Issu d’une famille de la haute aristocratie, il était l’un des sept enfants du Duc de Modrone et fut élevé dans un milieu fortuné et fortement privilégié. Pendant sa jeunesse, il fréquenta des personnalités comme le chef d’orchestre Toscanini, le compositeur Puccini et l’écrivain Gabriele D’Annunzio. Sans surprise, il s’intéressa très tôt à la musique et au théâtre, mais aussi à l’équitation.

A la fin de l’adolescence, il se prit de passion pour le dressage de chevaux, s’y consacrant presque entièrement pendant 8 ans. Lorsque cette passion commença à décliner, il partit enrichir sa culture à Paris, où il sympathisa avec la couturière Coco Chanel, qui le présenta à Jean Renoir, pour lequel il travailla brièvement comme assistant sur le film « Une Partie de campagne » (1936) ce qui éveilla son intérêt pour le cinéma.

Ensuite Visconti fit un bref séjour à Hollywood avant de retourner à Rome. Pour financer son premier film, il vendit quelques bijoux de famille; « Les amants diaboliques » (« Ossessione ») (1942), une adaptation non autorisée du roman « Le facteur sonne toujours deux fois » de James M. Cain eut du mal à franchir la censure fasciste, mais eut un énorme succès en Italie.

A la même époque, Visconti permit à la Résistance communiste d’utiliser son palais comme quartier général secret et il participa à l’action armée contre l’occupant allemand, fait pour lequel il fut brièvement emprisonné par la Gestapo en 1944. Il allait bientôt obtenir vengeance lorsqu’il filma l’exécution du directeur de la prison pour le documentaire « Days of Glory » (1945).

Le parti communiste lui commanda alors une série de trois films documentaires sur la vie quotidienne des pêcheurs, mineurs et agriculteurs siciliens, mais il n’en fit qu’un : « La terra trema » (1948). Ce film, et « Rocco et ses frères » (1960), tous deux décrivant la détresse des classes ouvrières, furent souvent censurés par les gouvernements de droite italiens.

A partir des années 1960, les films de Visconti devinrent plus personnels. Ses plus grands films sont peut-être « Le Guépard » (1963) et « Mort à Venise » (1971). « Le Guépard », luxueuse adaptation du roman de Giuseppe di Lampedusa, raconte le déclin de l’aristocratie sicilienne pendant le Risorgimento, un sujet proche de l’histoire familiale personnelle de Visconti.

Metteur en scène tyrannique dressant à la baguette ses comédiens comme autrefois ses chevaux de course et piquant des colères homériques sur les tournages, il s’avèra aussi un formidable directeur d’acteurs, révélant chez les plus aguerris, des éclats insoupçonnés de leur talent – ce sera le cas de Burt Lancaster, rompu aux rôles de cowboy athlétique à Hollywood, mais qui, sous sa patte, se révèlera un inoubliable prince Salina, mélancolique et altier.

Visconti sera aussi un pygmalion généreux et aimant, propulsant la carrière de ses jeunes créatures, qu’elles se nomment Alain Delon, Romy Schneider, Claudia Cardinale ou Helmut Berger, dont il fut également le mentor et l’amant …

Homosexualité

Visconti assuma dès sa jeunesse son amour des garçons tout en ayant des liaisons avec des femmes célèbres. Mais lorsqu’il atteignit 29 ans, son père voulut le marier : il refusa et se tourna alors définitivement vers les amours masculines. Caterina D’Amica, conservatrice des archives Visconti à l’Institut Gramsci de Rome, se rappelle : « Son homosexualité n’appartenait qu’à lui. Elle n’était ni cachée ni exhibée. C’était un fait, un point c’est tout. »

Malgré son homosexualité, les films de Visconti contiennent peu de personnages explicitement gay, mais il y a souvent un sous-courant d’homo érotisme, les scènes de nus masculins étant filmées avec insistance, et la thématique homosexuelle est constante dans « Mort à Venise ».

Visconti aimait que les rôles masculins principaux soient tenus par les plus beaux acteurs, comme Alain Delon, Farley Granger, Burt Lancaster ou Renato Salvatori.

Sa dernière passion homosexuelle fut pour le comédien autrichien Helmut Berger qui fut son dernier amant et qu’il dirigea dans « Les damnés » (1969), « Ludwig » (1972) et « Violence et passion » (1974) …

(parmi les autres amants connus de Visconti, il y eut Horst, photographe de « Vogue » que lui présenta Coco Chanel à Paris dans les années 1930, et le cinéaste Franco Zeffirelli, qui fut son assistant sur « Senso » en 1954).

Dernières années

Visconti était un gros fumeur (jusqu’à 120 cigarettes par jour) ce qui finit par provoquer un accident vasculaire cérébral et une santé défaillante, mais il se rétablit assez longtemps pour réaliser un dernier chef d’oeuvre, « L’innocent » (1976) avant de mourir à Rome le 17 mars 1976. Le Président de la République italienne, Giovanni Leone, et Burt Lancaster figuraient parmi les nombreuses personnalités qui assistèrent à ses obsèques.

Postérité

Perfectionniste jusqu’à l’obsession, irascible, sûr de son génie, le comte Luchino Visconti di Modrone avait l’arrogance de sa caste, cette aristocratie éclairée dont il avait conscience d’être l’un des derniers représentants. Pourtant les vainqueurs ne l’intéressaient guère, si ce n’est leur chute, et c’est alors avec empathie que son regard se posa sur les perdants, les destins brisés et les âmes solitaires.

C’est dans cet état d’esprit que Luchino Visconti réalisa les 14 long-métrages pour lesquels il restera dans l’histoire du cinéma, avec d’inoubliables chefs d’oeuvre comme « Les Amants diaboliques (Ossessione) » (1943), « Bellissima » (1951), « Senso » (1954), « Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) » (1960), « Le Guépard » (1963), « Les Damnés » (1969), « Mort à Venise » (1971), « Ludwig ou le Crépuscule des dieux » (1972), « Violence et Passion » (1974) ou encore « L’Innocent » (1976)…

Une oeuvre magistrale grâce à laquelle Visconti gagna de nombreuses récompenses, notamment le Prix Spécial à la Mostra de Venise pour « Rocco et ses frères » (1960), le Lion d’Or pour « Sandra » (1965), le prix du 25e anniversaire du Festival de Cannes pour « Mort à Venise » (1971) ou encore la prestigieuse Palme d’or pour « Le Guépard » (1963).

De 1945 à 1973, il mit aussi en scène avec panache de nombreuses pièces de théâtre, de Jean Cocteau et Tennessee Williams notamment. Il fut aussi célèbre en tant que metteur en scène d’opéra, tout particulièrement pour son extraordinaire travail avec la légendaire cantatrice Maria Callas qui déclara que c’était grâce à Visconti qu’elle avait appris à jouer la comédie.

Les Inrocks + Homosexuels historiques (M. Larivière) + luchinovisconti.net – résumé et traduit de l’anglais par roijoyeux

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4 commentaires pour Joyeux.. Luchino Visconti

  1. larrymuffin dit :

    Luchino quel beau nom en Italien ça sonne très bien. Le Guépard est un très beau film, lorsque j’habitais Rome, j’ai rencontré le professeur chorégraphe Alberto Testa, qui a fait les scènes de danses de ce film. Il m’a raconté une histoire très drôle au sujet de Claudia Cardinale dans ces scènes et comment le tout a été tourné, elle n’avait aucun talent pour la danse, par contre Lancaster était un danseur naturel. A Palerme le palais sur la mer dans le vieux port du Prince de Lampedusa est aujourd’hui un petit B&B et son fils et sa femme la princesse loue quelques chambres, un endroit magnifique.

  2. Isa Poitou dit :

    Je me verrai bien Le guépard 😉.

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