Joyeux… Herman Melville

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur Herman Melville, l’un des plus grands écrivains américains.

Herman Melville, dernière grande énigme de la littérature américaine

Herman Melville, né le 1er août 1819 à New York et mort le 28 septembre 1891 dans la même ville, est un romancier et poète américain.

Presque oublié à sa mort, Melville est redécouvert à partir des années 1920 à travers son œuvre maîtresse « Moby Dick » (…)

« Moby Dick » est beaucoup plus qu’un magnifique et passionnant roman d’aventures. C’est aussi et surtout une admirable épopée mystique, une allégorie religieuse, un roman métaphysique – le plus réussi peut-être de tous les romans métaphysiques – dominé par les grands problèmes de la destinée humaine, du Bien et du Mal.

Herman Melville est désormais considéré comme l’une des plus grandes figures de la littérature américaine.

Homosexualité


Nathaniel Hawthorne

En août 1850, lors d’une excursion réunissant écrivains et éditeurs sur le site de Monument Mountain (Massachusetts), Herman Melville alors âgé de 31 ans, fait par hasard la rencontre du romancier américain Nathaniel Hawthorne, 46 ans, d’une extraordinaire beauté. Les deux hommes produisent forte impression l’un sur l’autre et c’est le début d’une amitié passionnée; Melville éprouve carrément une attirance physique pour Hawthorne :

« Un homme de nature noble et profonde s’est emparé de moi, m’isolant du reste du monde… Les doux ravissements de cet homme me font tourbillonner dans une toile de rêves… Mais déjà je sens que Hawthorne a planté de nouvelles semences dans mon âme. Plus je le contemple, et plus il grandit et pénètre profondément ; et il tire de plus en plus loin ses puissantes racines de Nouvelle Angleterre dans le sol chaud de mon âme du Sud. »

Melville ressent pour Hawthorne un puissant amour, qui lui fait oublier leurs femmes respectives, et une correspondance passionnée s’engage : « D’où viens-tu Hawthorne ? De quel droit bois-tu au flacon de ma vie ? Quand je le porte à mes lèvres, voici que ce sont les tiennes et non les miennes. Je ressens que la Divinité est rompue comme le pain de la Cène, et que nous en sommes les morceaux » (17 novembre 1851)

Dans une autre lettre à Hawthorne : « Ce que je porte en moi, il m’est interdit de l’écrire » (juin 1851).

Après leur première rencontre, Melville se lance immédiatement dans une critique du premier écrit de Hawthorne qu’il parvient à se procurer, le recueil de nouvelles « Mousses d’un vieux presbytère » (« Mosses from an Old Manse », 1846). Publié anonymement en 1850 sous le titre « Hawthorne et ses mousses » (« Hawthorne and his Mosses ») dans le « Literary World » d’Evert Augustus Duyckinck, l’article fait franchir à Hawthorne une marche décisive sur le chemin de la reconnaissance littéraire (il sera propulsé au rang de plus grand écrivain américain après la publication de « La Lettre écarlate » la même année).

Cet article rapproche encore les deux hommes, Hawthorne n’ayant pas tardé à identifier en Melville l’auteur des lignes louangeuses qui le comparent à Shakespeare.

Les liens entre les deux hommes sont si forts que Melville obtient de son beau-père la somme nécessaire à l’acquisition d’Arrowhead, une veille ferme située à proximité de la propriété de son nouveau mentor. La mère de Melville et trois de ses sœurs ne tardent pas à rejoindre le couple Melville et leur fils dans les Monts Berkshire.

Homosexualité dans l’oeuvre de Melville

Dans les œuvres de jeunesse de Herman Melville, notamment « Taipi » (son premier roman, 1846) ou « Omoo » (l’année suivante), récits de voyages qu’il écrivit après plusieurs années passées dans les mers du Sud et à Tahiti, il est fait mention – ce qui est sans précédent dans l’Amérique du XIXe siècle – de faits, de thèmes et de personnages homosexuels.

Mais c’est dans « Billy Budd, sailor » son dernier roman, que Herman Melville se délivre totalement de ses obsessions : écrit l’année de sa mort en 1891, il parut pour la première fois en 1924, soit plus de trente ans après.

« Billy Budd, matelot » comme testament posthume résume certaines préoccupations de Melville; en particulier, l’homosexualité refoulée y est omniprésente. Tout y est écrit au masculin. Pas de jeunes filles ou de petits marquis poudrés. L’univers de Melville est un univers de marins virils. « Billy Budd », c’est un monde où toute affection est sublimée mais où, ça et là, perce, démesurée, l’érotique de relations homosexuelles freinées seulement par ces rapports à l’Autorité, ces petits conflits que sécrète tout univers d’hommes.

Billy Budd, matelot

L’histoire est simple : elle se passe en 1797, pendant la guerre entre la France révolutionnaire et l’Angleterre, sur un bateau de la marine anglaise, alors en manque de marins. Lorsque le navire de guerre « Bellipotent » croise un navire marchand, un des marins marchands est enrôlé de force.

Il s’agit de Billy Budd : c’est un jeune homme de 21 ans, pur et d’une beauté saisissante : (« nu il pourrait poser comme modèle pour une statue du jeune Adam avant qu’il soit chassé par Dieu du Jardin d’Eden »), surnommé par tous « le beau Marin », il impose sa grâce de pur-sang légendaire.

Deux personnages présents sur le bateau tombent sous le charme de Billy : le capitaine Vere et le capitaine Claggart. Ce dernier est capitaine d’armes, c’est-à-dire sous-officier chargé de l’ordre à bord.

L’admiration portée à Billy Budd va plonger le premier dans une grande rêverie, tandis que le second va vivre la beauté du jeune marin comme un affront personnel. Pour ne pas succomber au charme de Billy, Claggart l’accuse d’avoir eu l’idée de fomenter une mutinerie. Le capitaine Vere ne croit pas son sous-officier qui renouvelle pourtant son accusation.

Le problème de Billy Budd, quand il est confronté au mal, est de ne plus pouvoir parler. Ainsi au lieu de se défendre, face aux accusations de Claggart, il frappe ce dernier et le tue. Par application de la loi martiale, le capitaine Vere est contraint de condamner à mort le jeune marin alors que tout le monde est convaincu de son innocence. Les derniers mots de Billy Budd sont : « Que Dieu bénisse le capitaine Vere ! ». Sorte d’absolution au capitaine Vere qui a pour conséquence de calmer l’équipage et d’éviter une mutinerie.

La beauté virile serait-elle porteuse de mort dans cette Amérique calviniste du milieu du XIXe siècle, dont Melville dépeint l’ironie ? Dans cette société religieuse, l’ange serait-il un scélérat, l’homme sexuellement désirable un hérétique ?

« Billy Budd » est un véritable drame antique. Le théâtral surgit avec ce capitaine Vere, lui aussi amoureux de Billy mais contraint, par sa fonction de chef militaire, de le faire exécuter.

Herman Melville était-il gay ?? …

Marié à 27 ans et père de quatre enfants, Herman Melville reste un mystère, comme cela arrive souvent avec certains des plus grands écrivains. Les biographes littéraires ne sont jamais arrivés à cerner la complexité unique de Melville. Son charme éternel est peut-être en partie dû au fait qu’il est impossible à cerner. Etait-il gay ? Probablement pas. Bisexuel ? Presque sûrement. Comme lui-même l’a écrit : « Profondément, très profondément et toujours plus profondément devons nous pénétrer, si nous voulons découvrir le coeur d’un homme … »

wikipedia + Mémoire culturelle gaie – résumé par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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