Joyeux… Chris Isherwood

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur Christopher Isherwood (1904-1986), grand écrivain britannique (naturalisé américain en 1946), “le meilleur écrivain en prose du 20e siècle” selon Gore Vidal.

Parmi ses oeuvres les plus célèbres, on peut citer, « Adieu à Berlin » (« The Berlin Stories ») (1935–39), deux romans semi-autobiographiques inspirés par les années qu’il passa à Berlin pour fuir l’élite conservatrice britannique qui ne comprenait pas son attirance pour les hommes … Dans les années 50, la renommée d’Isherwood grandit après que « Adieu à Berlin » fut adapté en une pièce de théâtre intitulée « I Am a Camera » (1951) puis en un film du même titre en 1955; bien plus tard (1966), « Adieu à Berlin » inspira la grandiose comédie musicale « Cabaret » acclamée à Broadway, puis adaptée avec inventivité au cinéma par Bob Fosse en 1972

Le roman « A Single Man » (paru en 1964) est un autre roman célèbre de Christopher Isherwood, qui fut adapté au cinéma en 2009 par Tom Ford, avec Colin Firth dans le rôle du héros en titre, un prof d’université homosexuel…

… Mais… Christopher Isherwood était-il joyeux ?? …

… Voici la réponse de Gay Influence :

Christopher Isherwood, grand écrivain … gay

Le prestigieux écrivain d’origine anglaise Christopher Isherwood (1904-1986) et le célèbre peintre américain Don Bachardy (né en 1934) ne cachèrent jamais leur liaison homosexuelle, bien que leur couple fut très controversé : dans l’Amérique des années 50, les relations entre hommes étaient considérées scandaleuses, et leur 30 ans de différence d’âge causa un scandale supplémentaire qu’ils durent affronter lorsqu’ils s’installèrent ensemble dans la maison d’Isherwood à Santa Monica (Californie).

Ils devinrent un couple gay très médiatisé à l’ère du Mc Carthyisme où les gay étaient chassés du gouvernement et d’Hollywood. Le jeune Don était souvent méprisé par les célèbres amis de Christopher, qui le considéraient comme un « prostitué enfant ».

Malgré cela, Bachardy resta avec son amant plus âgé, et poursuivit à ses côtés une carrière de portraitiste, peignant et dessinant chaque jour. Sa première exposition (où figuraient uniquement ses oeuvres) eut lieu dans une galerie à Londres en 1961. Don avait trouvé sa vocation et avec elle, épanouissement et indépendance, à 26 ans.

Il réalisa alors qu’il pouvait vivre indépendamment, et se demanda s’il allait rester avec Isherwood ou le quitter pour réussir tout seul, mais décida de rester, lorsqu’il comprit que son amour pour Chris était trop grand. Finalement leur relation allait durer 32 ans, jusqu’au décès d’Isherwood en 1986.

Christopher Isherwood l’expatrié

De 1930 à 1933, Isherwood avait vécu à Berlin, capitale cultuelle de l’entre-deux guerres, pour fuir la prude élite conservatrice britannique qui étouffait son épanouissement sexuel et social – les romans « Adieu à Berlin » (1939), inspirés de ses années berlinoises, furent adaptés à Broadway en 1966 puis portés à l’écran en 1972, une comédie musicale avec Liza Minnelli qui fut un triomphe et étendit la célébrité d’Isherwood au-delà du monde littéraire.

En 1939, Isherwood partit pour les Etats-Unis avec son ami d’enfance [le poète] W. H. Auden. Celui-ci resta à New York, tandis qu’Isherwood s’installait à Los Angeles, où il commença par écrire des scénarios pour le cinéma; en 1946 il devint citoyen américain. Il adorait la Californie et ne regretta jamais d’avoir quitté l’Angleterre.

Scandale à Santa Monica

Sept ans plus tard, le 14 février 1953, il rencontra sur la partie gay de la plage de Santa Monica un étudiant nommé Don Bachardy âgé de 18 ans (alors que Chris en avait 48) mais à cause de son aspect très juvénile, Don semblait être encore plus jeune que 18 ans…

Lorsque Don s’installa chez Chris, leurs voisins furent sidérés et profondément choqués. Le père de Don, qui était plus jeune qu’Isherwood, fut si horrifié par la différence d’âge, qu’il refusa de parler à Isherwood pendant 15 ans. Mais finalement, le couple inhabituel gagna sa sympathie, et on vit même le père de Don, habile mécanicien, travailler sous le capot de la voiture d’Isherwood.

Don et Chris

Isherwood prit Bachardy sous son aile et assura son éducation culturelle. « C’est enièrement grâce à Chris que je suis devenu artiste » a expliqué Don. En plus de le supporter « financièrement et émotionnellement » pendant ses années aux Beaux-Arts, Isherwood lui fit aussi découvrir la grande littérature : « Il m’a fait lire Hemingway… Fitzgerald… et Emily Bronte pour commencer, et je suis parti de cette base. » Don a ajouté « jamais il ne m’a donné de mauvais conseil. » Et cette influence est indéniable. Don attrapa même le distingué accent anglais de John au point que leurs amis n’arrivaient pas à les différencier au téléphone.

En 1981, à l’âge de 75 ans, on diagnostiqua à Isherwood un cancer de la prostate et Bachardy le soigna pendant toute sa maladie. Durant les 6 derniers mois de vie d’Isherwood, Don se consacra entièrement à peindre Chris, une façon pour eux de passer le plus de temps possible ensemble, qui s’avéra devenir le projet le plus important de la vie de Don, un projet qui dura jusqu’à la toute dernière minute de Chris.

Don habite toujours la maison de Santa Monica sur Adelaide Drive dans laquelle le couple vivait ensemble depuis les années 50.

Après la mort de Chris, Don poursuivit en peignant une série de portraits d’Angelina Jolie. Sa carrière continua à progresser, et depuis, de nombreux livres sur Don Bachardy et son art ont été publiés, dont le dernier est « Stars in My Eyes ».

L’oeuvre de Bachardy est exposée dans les collections permanentes de grands musées à travers le monde, dont le « National Portrait Gallery » (Londres) ou « Smithsonian Institution » et le « Norton Simon Museum » aux Etats-Unis.

Gay Influence, 22 mai 2012 + wikipedia – résumé et traduit de l’anglais par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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