Joyeux… Louis II de Bavière

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article le fascinant roi Louis II de Bavière, en allemand Ludwig II (1845-1886), surtout connu comme un excentrique dont l’héritage est étroitement lié à l’histoire de l’art et de l’architecture. Il a imaginé et fait construire plusieurs châteaux et palais extravagants et fantastiques dont le plus célèbre est Neuschwanstein (inspiration pour le château de « la Belle au Bois dormant » de Walt Disney) et fut le mécène du compositeur Richard Wagner.

(…) Le roi Louis II est aussi connu pour sa beauté et … son homosexualité. Tout au long de sa vie, il eut une succession d’amitiés étroites avec des hommes. Dès 1858, âgé de 13 ans, il commença à tenir un journal dans lequel il enregistrait ses pensées intimes et ses tentatives pour réprimer ses désirs sexuels et rester fidèle à sa foi catholique. Ce journal ainsi que des lettres et des documents personnels montrent clairement qu’il a continuellement essayé de lutter contre son homosexualité. Parmi ses amants, on peut citer notamment son officier d’ordonnance, le prince Paul von Thurn und Taxis, le ténor Albert Niemann, les comédiens Emil Rohde, Josef Kainz, le baron Lambert de Varicourt et surtout son écuyer Richard Hornig (…)

Déclaré aliéné mental, il mourut tragiquement à l’âge de 40 ans (après 22 ans de règne) le lendemain de son internement au château de Berg.

Louis II de Bavière, le roi perché

Gay Influence – 29 mars 2014

Louis II de Bavière devint roi à l’âge de 18 ans. Parmi ses amis dévoués et très intimes, il y avait le prince Paul von Thurn und Taxis, héritier d’une puissante dynastie bavaroise. Ce prince tenait un journal intime qui fut détruit, ainsi que tous documents le concernant dans les archives de la famille, probablement car Paul et Louis II étaient liés par une amitié particulière qui faisait honte aux Thurn and Taxis.

Ainsi, dans une lettre envoyée par Paul au roi Louis II le 05 mai 1866, alors que le roi avait 20 ans, on peut lire :

« Mon cher et bienaimé Louis, je suis en train d’écrire mon journal en pensant aux belles heures que nous avons passées ensemble il y a 7 jours qui ont fait de moi le plus heureux des hommes… Oh Louis ! Louis ! je ne pense qu’à toi ! Je ne supporte pas les gens autour de moi; je me tiens assis immobile et dans mes pensées, je suis encore avec toi… Mon coeur a battu si fort quand, en passant devant chez toi, j’ai vu une lumière à ta fenêtre ! »


Louis II de Bavière

Paul et Louis s’adoraient et partageaient la même passion pour [la musique du compositeur] Richard Wagner et le théâtre. Paul était doté d’une voix magnifique et chanta pour le roi plusieurs fois. Lorsque Paul et Louis rendirent visite à Wagner dans la maison de celui-ci, le deux jeunes garçons dormirent ensemble dans une « petite chambre confortable » comme on peut le lire dans une lettre que Paul envoya à Louis.


Louis II de Bavière et Wagner

Wagner fit répéter à Paul un morceau de son opéra « Lohengrin », que Paul chanta pour le 20è anniversaire du roi, le 25 août 1865 au château de Hohenschwangau, sur le contrefort des Alpes, l’un des châteaux favoris du jeune roi. La mise en scène était magnifique : Paul habillé en le héros Lohengrin, avec armure en argent, glissait sur le lac sur un cygne artificiel géant, le paysage alentour illuminé par des lumières électriques. Le roi assista fasciné au spectacle et envoûté par la voix de son amant chantant sa musique préférée.

Louis II de Bavière et sa … fiancée !!

L’année d’après, au jour de l’an 1867, tout le peuple de Bavière fut enchanté d’apprendre les fiançailles de leur jeune et fringant roi Louis II à la princesse Sophie, une duchesse bavaroise et la soeur de « Sissi » la bienaimée impératrice d’Autriche. Le mariage royal était prévu pour le 25 août 1867, jour du 22è anniversaire de Louis, mais le mariage fut reporté en début d’été au 12 octobre… et finalement, Louis annula le mariage une semaine avant sa date prévue. Dans une longue lettre à Sophie, il lui expliqua qu’il avait été obligé à ces fiançailles et ce mariage; qu’il l’aimait « comme une soeur » et espérait rester son ami.

Mais la véritable raison du report puis de l’annulation était autre. En début d’été, Louis avait rencontré Richard Hornig, employé dans l’une de ses écuries. Prusse blond aux yeux bleus et de cinq ans l’aîné du roi, il allait devenir l’une des personnes les plus importantes de la vie de Louis. Hornig était excellent cavalier et de leur amour commun pour les chevaux, naquit une amitié. Les deux hommes se mirent à se fréquenter de plus en plus souvent et leur relation devint très vite intime (…)

Richard Hornig servait de messager entre le roi et ses ministres, ce qui fit beaucoup jaser et engendra de nombreuses critiques. Louis et Hornig allèrent de plus faire du tourisme en France, le roi voyageant incognito sous la fausse identité de « Comte von Berg ». C’est alors que les deux hommes se trouvaient en France que le roi fit reporter son mariage. L’entrée de Richard Hornig dans sa vie causa la rupture de sa relation avec Sophie, et cette relation homosexuelle lui fit réaliser qu’une histoire d’amour « normal » avec une femme lui serait impossible.


Louis II

Effectivement, Louis II était gay et eut dans la suite de sa vie toute une succession de très beaux amants, dont la star de théâtre Josef Kainz et le courtisan Alfons Weber, deux hommes jeunes et très séduisants, que Louis traitait comme d’autres rois traitaient leur maîtresses, leur offrant des cadeaux somptueux, les emmenant en vacances en Suisse ou les invitant à séjourner dans ses divers châteaux.


Josef Kainz

Les fabuleux châteaux de Louis II de Bavière

(…) En vieillissant, le roi devint un reclus excentrique, se passionnant pour la construction de châteaux fantastiques décorés de peintures décrivant les scènes de légendes sur lesquelles étaient basés les opéras de son idole, Richard Wagner, et ignorant les affaires de l’état, dont il laissait ses ministres s’occuper.

C’est pendant le règne de Louis II que la Prusse lança une campagne réussie d’unification des divers royaumes allemands éparpillés en un empire allemand unifié, dirigé par le roi de Prusse Guillaume I (Wilhelm I) [de nos jours, la Bavière est un état de l’Allemagne].

Louis II de Bavière, roi « fou »

Lorsque les ministres du roi apprirent que celui-ci avait l’intention de tous les remplacer, ils passèrent rapidement à l’action. Ils décidèrent de le détrôner pour maladie mentale et publièrent un communiqué indiquant qu’il était incapable de gouverner, sans examen médical préalable, ce qui rend le diagnostic de « folie » suspect.

Dans la liste des comportements étranges inscrite dans ce « rapport médical » qui le déclarait « aliéné mental » était inclus le fait que le roi ordonnait souvent à ses jeunes palefreniers de se mettre entièrement nus et de danser ainsi … pour le distraire. De mauvais goût, certes, mais pas de la folie … En fait, trois des quatre psychiatres qui signèrent le rapport médical condamnant le roi ne l’avaient jamais rencontré, et aucun d’entre eux ne l’avait examiné.

Mais les ministres voulaient destituer Louis II et faire monter son frère cadet sur le trône, et le 12 juin 1886, une délégation se rendit au château royal de Neuschwanstein avec un ordre de destitution du roi, qu’ils emmenèrent au château de Berg au bord du lac Starnberg au sud de Munich pour l’y interner.

La mort du roi Louis II

Déclaré aliéné mental, Louis II est interné le 12 juin 1886 au château de Berg, au sud de Munich, où il meurt le lendemain, ainsi que son psychiatre Bernhard von Gudden, au cours d’une promenade après dîner au bord du lac situé à l’orée de la forêt, dans le parc du château. Leurs corps sont retrouvés dans le lac de Starnberg, à proximité de la berge. Bien des hypothèses ont été soulevées.

Un certain nombre de faits sont incontestables, corroborés par les témoins de la découverte et l’autopsie pratiquée le 15 juin par les docteurs Rüdinger et Rückert devant un collège d’experts. Les deux hommes se seraient battus. Le roi aurait noyé le médecin et se serait dirigé vers le large. Le roi ne porte aucune plaie ni trace de coups, ce qui exclut l’assassinat. Il n’est pas mort noyé, ses poumons ne contenant pas d’eau, mais probablement d’une hydrocution due à la température de l’eau et au repas du soir pris juste avant la promenade. Le Dr Müller, assistant de Von Gudden, écrit, lui : « Le roi a eu une crise cardiaque. »

Trois thèses sont en présence : la tentative d’évasion, l’accident ou le suicide.

Certains ont imaginé que des catholiques avaient tenté de faire évader le roi pour instaurer un gouvernement de droite. Pour d’autres, il aurait tenté de s’enfuir pour rejoindre sa cousine Élisabeth (impératrice d’Autriche), présente de l’autre côté du lac ce 13 juin, à Feldafing.

Selon les partisans de l’accident, Louis tue Von Gudden et se précipite vers les eaux profondes dans un accès de folie. Mais le roi avait déjà manifesté son intention de se suicider, notamment lors de son arrestation à Neuschwanstein, comprenant qu’il risquait d’être interné à vie. Lors de la promenade, il se serait précipité vers le lac. Le médecin l’aurait retenu. Une brève lutte aurait eu lieu. Von Gudden serait mort noyé. Le roi aurait alors tenté de mettre son projet de fuite à exécution. L’eau glaciale l’aurait terrassé. Louis II serait donc mort de mort naturelle, lui qui songeait au suicide. »

Postérité de Louis II

Louis II avait demandé qu’à sa mort, ses châteaux soient détruits. Cependant, six semaines après son décès, le gouvernement bavarois décidait de les ouvrir au public afin de démontrer que le roi était fou et de permettre de payer les dettes royales en demandant un droit d’entrée.

Dès 1920, les dettes étaient payées.

L’ouverture des châteaux a eu pour effet, au contraire, d’entretenir la popularité du roi, qui est devenu un personnage de légende, véritable mythe dans les Alpes bavaroises, d’autant plus que les paysans employés sur les chantiers royaux étaient bien payés et que le roi, généreux et poli malgré ses lubies, avait toujours un mot pour chacun de ses sujets.

Tous les ans, au pavillon de chasse du Schachen, les gens de la région fêtent l’anniversaire du roi et la Saint-Louis, célébrée le même jour, par un feu illuminant la nuit, le König-Ludwig-Feuer [feu du roi Louis].

Les 3 châteaux les plus visités de Louis II

Neuschwanstein :

Linderhof :

Herrenchiemsee :

Gay Influence + wikipedia – résumé et traduit de l’anglais par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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2 commentaires pour Joyeux… Louis II de Bavière

  1. Sacré Louis. Était- ce bien lui qui avait une grotte de Vénus ?

  2. roijoyeux dit :

    oui, au château de Linderhof… Le roi s’installait sur un barque et écoutait du Wagner, joué par un orchestre caché derrière des rochers de la grotte !!

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