Joyeux… Dusty Springfield

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur la légendaire chanteuse britannique Dusty Springfield (16 avril 1939 – 2 mars 1999) (née Mary Isabel Catherine Bernadette O’Brien). En quarante ans de carrière – de la fin des années 1950 jusqu’aux années 1990 – elle a engrangé de nombreux succès dont « I Only Want to Be with You », « You Don’t Have to Say You Love Me » ou « Son of a Preacher Man ».

Parmi ses albums, « Dusty in Memphis » paru en 1968 devient un standard de la musique soul. Dans les années 1960, elle est l’une des plus populaires chanteuses britanniques. Sa voix sensuelle facilement reconnaissable ainsi que sa passion pour la musique soul américaine font d’elle l’une des principales chanteuses de blue-eyed soul. Elle se démarque également par son image inspirée des femmes des années 1950 notamment sa coiffure choucroute blonde ainsi que ses robes de soirée.

Malheureusement sa vie privée ne fut pas aussi brillante que sa vie professionnelle…

Violentes disputes avec son amante lesbienne et multiples tentatives de suicide : le côté sombre de Dusty Springfield

par Karen Bartlett, Daily Mail UK 21 juin 2014

Elle est l’une des plus grandes chanteuses britanniques de tous les temps, la voix d’une génération, et une femme qui fut constamment en avance sur son temps… mais une intense manque de confiance en son physique et sa voix tourmentèrent l’icône des années 60 jusqu’à son dernier jour.

« Si tu veux te suicider, » cria Dusty Springfield à son amoureuse Teda Bracci, « je vais te montrer comment faire ! » se ruant hors de la cuisine avec une tasse brisée et s’entaillant les poignets (…)

La relation de Dusty avec Teda était très instable, faite d’attraction mutuelle et de crises de colères, malgré leur « mariage » en novembre 1983 en Californie dans le ranch d’un ami.

Dusty avait bu et pris du valium ce jour là lorsque Teda revint à leur appartement et la dispute inévitable éclata alors.

La chanteuse avait passé 11 ans à Hollywood, se battant pendant une grande partie de cette période contre l’alcoolisme et la maladie mentale tandis que sa gloire et sa fortune s’évaporaient peu à peu.

Selon ses humeurs qui changeaient fortement, elle se blessait elle-même ou blessait les autres.

Ce jour là, Dusty se battit avec Teda et elle quitta l’appartement la bouche ensanglantée puis fut admise à l’hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles le visage tuméfié et les dents de devant manquantes – une vision qui fit éclater en sanglots les personnes qui allèrent la voir.

Dusty allait réussir à se désintoxiquer de l’alcool, mais ses problèmes de santé mentale persistèrent.

A peine deux ans plus tard, elle fut enfermée dans l’unité psychiatrique du « Bellevue Hospital » de New York après une énième tentative de suicide.

L’image de Dusty au début des années 80, instable et déconcertante, semblait une terrible épitaphe à une carrière fabuleuse et novatrice qui illumina les années 60.

Débuts en fanfare

Dès ses premiers disques enregistrés en amateur au milieu des années 50, sa voix précoce, étonnamment adulte, envoutante et presque surnaturelle est mise en évidence, alors qu’elle n’est encore que Mary O’Brien, menue, terne et très jeune ado aux cheveux châtains, ayant grandi dans une morne famille à l’Ouest de Londres et surnommée « Pudge » par ses parents.

« Il y a une sorte de tristesse dans ma voix » admit un jour Dusty. « Je suis née avec. De la mélancolie. Cela vient de mes origines irlando- écossaises. [je suis] à la fois mélancolique et folle »

La « folle » devint très rapidement célèbre, d’abord avec son frère Tom au sein du groupe pop-folk les Springfields, un des groupes britanniques les plus populaires du début des années 60, avant leur séparation lorsque des groupes rock comme les Beatles ou les Rolling Stones inondèrent le marché… Dusty se lança alors en star solo blond platine.

Dusty en solo

Sur son premier single en solo, le classique « I Only Want To Be With You », la voix de Dusty semble noyée sous les arrangements américains à la Phil Spector, mais c’était ce qu’elle voulait.

Pendant quelques années, il sembla que la musique était au centre de l’univers, et que Dusty Springfield était au centre de la musique.

Ayant le génie pour choisir les bonnes chansons, elle était constamment concentrée en studio, enregistrant une ligne à la fois pour être sûre que chaque détail soit parfait.

Elle allait jusqu’à harceler les musiciens pour avoir le son qu’elle désirait, et lorsque l’un d’eux la traitait de « salope », Dusty répondait que beaucoup d’hommes l’insultaient dans son dos, mais qu’ils étaient bien contents de gagner leur vie grâce à elle.

En 1966, Dusty sortit pas moins de quatre tubes au Royaume Uni (dont « You Don’t Have To Say You Love Me » et « Goin’ Back ») plus que tout autre artiste.

Elle se délectait de sa fortune et vivait dans le luxe, partant en vacances à Hawai ou aux Antilles avec ses amis.

« C’était une des premières artistes féminines, à une époque très macho, qui savait ce qu’elle voulait et fonçait pour l’avoir » explique son amie la chanteuse Kiki Dee.

(…)

Au sommet de sa carrière, elle anima 4 saisons de sa propre émission télé « Dusty », de 1966 à 1969, et co anima « Ready Steady Go! » présentant des artistes Motown comme Stevie Wonder ou les Supremes au public britannique.

(…)

Mais Dusty manquait aussi terriblement de confiance en soi. Son coiffeur John Adams se souvient l’avoir vue arracher sa perruque dans sa loge en se plaignant, le visage ravagé par l’angoisse, ‘Je ressemble à Burt Lancaster !’.

Si ses plaisanteries sur son physique peuvent sembler drôles, le dégout qu’elle avait d’elle-même était réel…

Homosexualité

… surtout qu’elle se savait depuis longtemps attirée par les femmes. Elle eut son premier béguin enfant, pour une des soeurs de son école religieuse.

Plus tard, elle raconta à Sue Cameron, une de ses amantes, qu’elle regardait, en transe, lorsque la jeune fille d’en face de sa maison d’enfance se déshabillait devant sa fenêtre.

Comme bien des aspects de sa véritable personnalité, son homosexualité devait être dissimulée à tout prix.

« Elle était très secrète » explique Jean Westwood, une des premières choristes de Dusty. « Elle craignait que si la vérité sortait, cela détruirait sa carrière et que ses fans cesseraient de l’aimer, alors elle refusait d’en parler. »

Dusty eu sa première relation amoureuse sérieuse lorsqu’elle tomba amoureuse de la chanteuse américaine Norma Tanega, qui s’installa bientôt dans la maison de Dusty à l’Ouest de Londres.

(…)

Son homosexualité n’arriva pas jusqu’aux oreilles des journalistes, même si Dusty avait tendance à tromper Norma.

[Son coiffeur] John Adams se souvient avoir fait revenir en douce à leur hôtel lors d’une tournée en Australie une Dusty trempée jusqu’aux os, après qu’une fille dont elle était amoureuse se soit disputée avec elle et l’ait poussée dans une fontaine.

Alors qu’elle était dans le Tennessee pour enregistrer son chef d’oeuvre « Dusty In Memphis » (1968), Dusty vécut une romance torride avec une dame prénommée Sandy, faisant la fête et buvant tellement qu’elle en perdit la voix.

Un nuit, son coiffeur, qui accompagnait Dusty à Memphis pour gérer la vie quotidienne de sa tornade blonde de patronne, reçut un appel du gérant de l’hôtel à 4 heures du matin, expliquant qu’une télévision avait atteri dans la piscine.

« Une des deux dames avait balancé la télé à la tête de l’autre, puis la télé avait volé par la fenêtre et était tombée 14 étages plus bas dans la piscine » se souvient-il.

Les critiques adorèrent « Dusty In Memphis »; le producteur Jerry Wexler déclara que cet album « démontrait que Dusty était l’incarnation de la soul blanche » mais malgré le tube « Son Of A Preacher Man », l’album ne fut pas un succès.

Dusty aux USA

Sa carrière en panne en Grande-Bretagne, Dusty partit s’installer aux états-Unis en 1972 où elle s’acheta une maison à Laurel Canyon dans le quartier bohême de LA. Mais elle fit bientôt une dépression, luttant avec son homosexualité et de plus en plus dépendante à l’alcool et aux drogues.

(…)

Après le décès de sa mère en 1974, Dusty sombra dans une grave dépression et fit la première d’une série de tentative de suicides (…) Après des années à LA, sa carrière était aussi à l’agonie (…)

Mais Dusty était avait trop de talent pour croupir dans l’anonymat à jamais. En 1987, « What Have I Done To Deserve This? » son duo avec les Pet Shop Boys, devint le 2nd plus grand succès de toute sa carrière.

De retour en Angleterre en 1989, elle s’y reconstruisit graduellement sur le plan professionnel.

Mais comme d’habitude, le triomphe fut entaché par la tragédie.

En 1994, elle se découvrit une grosseur au sein et un cancer fut diagnostiqué qui allait la tuer 5 ans plus tard, à l’âge de 59 ans.

Postérité de Dusty Springfield

Dusty Springfield restera dans l’histoire comme une légende de la musique du XXème siècle. En 2016-2017, une comédie musicale hommage intitulée « Dusty the Musical » est partie sur les routes pour une tournée mondiale.

Aujourd’hui, plus de vingt ans après sa mort, ses chansons continuent à passer sur les radios et télévisions du monde entier. Un vibrant hommage lui a été rendu samedi (20 avril 2019) en Angleterre notamment sur la radio BBC 4 à l’occasion du 80è anniversaire de sa naissance.

dailymail.co.uk + wikipedia – résumé et traduit par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

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3 commentaires pour Joyeux… Dusty Springfield

  1. Nic dit :

    Merci pour ce billet très intéressant ! On écoute souvent des gens sans vraiment connaître leur vie. Je ne connaissais pas du tout celle de Dusty Springfield, pourtant j’aime beaucoup sa chanson « Son Of A Preacher Man » (que je vais écouter de ce pas, d’ailleurs).

  2. roijoyeux dit :

    Avec plaisir ! Merci de ta lecture !!

    il y a beaucoup de grand(e)s chanteurs joyeux ici

    • Nic dit :

      Oh, mais de rien ! Je suis avec intérêt ton blog depuis bien longtemps maintenant. Belle entreprise que la tienne de répertorier les personnalités lgbtq+

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