Joyeux… Charles Brackett

Le grand scénariste et producteur hollywoodien Charles Brackett est le héros du 367è épisode de ma série sur les personnes extraordinaires dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Charles Brackett, légendaire scénariste et producteur du cinéma américain

Charles William Brackett (26 novembre 1892 – 9 mars 1969) était un romancier, scénariste et producteur de cinéma, célèbre en particulier pour avoir fait équipe avec le légendaire cinéaste Billy Wilder pendant de nombreuses années.

Né à Saratoga Springs dans l’état de New York et issu d’ancêtres écossais, il suivit les traces de son père en sortant diplômé en droit de Harvard, en 1920. Il exerça le métier d’avocat pendant quelques années, avant de commencer à écrire des critiques de pièces de théâtre pour le quotidien « New Yorker » (1925-29), tout en envoyant des nouvelles au « Saturday Evening Post ».

En 1932, Brackett quitta la côte Est pour Hollywood, engagé en tant que scénariste par le studio Paramount, grâce en grande partie à son roman « Week-End ». Il resta avec Paramount jusqu’en 1950, coiffant en plus la casquette de producteur à partir de 1945, sur des futurs classiques du cinéma comme « A chacun son destin ».

Pendant sa période à Paramount, Brackett forma le duo de scénaristes le plus admiré du monde du cinéma, avec le formidable Billy Wilder. Ils furent surnommés par le magazine Life « le couple le plus heureux d’Hollywood ».

Malgré leurs personnalités très différentes et leurs disputes incessantes — Wilder étant le plus extraverti et le plus cynique, alors que Brackett était, selon [l’actrice] Gloria Swanson, « plus posé, plus raffiné… » — leur association dura jusqu’en 1951 et ils travaillèrent ensemble sur quatorze films.

Leurs succès les plus populaires, comme « Ninotchka » (1939), « Boule de feu » (1941) et « Le poison » (1945), étaient remarquables pour leurs scénarios élaborés et leurs dialogues intelligents et ironiques. Ils atteignirent des sommets avec le désormais classique « Boulevard du Crépuscule » (1950), qui leur valut l’Oscar du Meilleur Scénario. Après ce film, ils se séparèrent au pic de leur succès et chacun partit de son côté.

Charles Brackett fut pris sous contrat par le studio 20th Century Fox pour lequel il travailla les huit années suivantes. Il écrivit, avec Walter Reisch, les scénarios de succès comme « Niagara » (1953) et « Titanic » (1953), qui lui fit gagner son troisième Oscar. Toujours pour le studio Fox, Brackett produisit notamment le superbe western « Le jardin du diable » (1954), ainsi que le drame historique « Le seigneur de l’aventure » (1955) et la somptueuse comédie musicale « Le roi et moi » (1956).

Brackett prit sa retraite à l’âge de 69 ans pour cause de mauvaise santé après avoir produit « La foire aux illusions » (1962).

Homosexualité

Charles Brackett était au coeur d’un des secrets les plus inavouables de l’industrie du cinéma hollywoodien…

… Issu d’une riche famille de banquiers new-yorkais, diplômé de Harvard, mariée à une grande héritière, Brackett était le typique aristocrate de la côte Est. C’était un Républicain conservateur, un homme très distingué et toujours habillé impeccablement. Admiré et respecté, l’éminent et auguste scénariste officia même comme Président de l’Académie des Oscars de 1949 à 1955.

Mais derrière la gloire de Charlie Brackett, un drame hollywoodien sombre et surprenant se jouait : malgré ses airs respectables de Juge de la Cour Suprême, il était homosexuel… Son épouse Elizabeth, incapable de le rendre heureux, sombra peu à peu dans l’alcool et la dépression, finit par devenir une recluse et décéda après 19 ans d’un mariage terriblement malheureux.

(…)

Le jeune écrivain Gavin Lambert, qui entra peu après son arrivée à Hollywood dans le cercle d’amis intimes de Charles Brackett, a expliqué : « J’étais invité tous les dimanches à déjeuner chez lui. Il n’y avait là que des gens très haut placés de l’industrie du cinéma. J’ai appris à bien connaitre Charlie (…) il y avait beaucoup de non-dits entre nous. Mais nous n’avions pas besoin d’en parler. Il savait que j’étais gay, et moi je savais qu’il était gay. »

Effectivement, Charles Brackett entretenait une relation particulière avec un jeune homme à la beauté renversante, yeux profonds et lèvres pulpeuses, nommé James Larmore, qui lui servit d’assistant sur plusieurs films. De plus, Charles Brackett arrangea le mariage de James Larmore avec sa fille Alexandra (surnommée « Zan »), à qui James fit un garçon.

Selon des rumeurs persistantes, James Larmore était non seulement l’assistant et le gendre de Brackett, mais aussi son amant… Pour les amis célèbres de Charles Brackett, comme les écrivains Christopher Isherwood, John Van Druten ou le peintre Don Bachardy, cette liaison homosexuelle ne faisait « aucun doute » … c’était un « fait accepté (…) par tout le monde » … ils étaient amants, « ça se voyait (…) quand ils étaient ensemble (…) »

imdb + « Behind the screen – how gays and lesbians shaped Hollywood – 1910-1969 » de William J. Mann – traduit et résumé par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

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