Joyeux… Jack Wrangler

Jack Wrangler, superstar du cinéma porno des années 1970, est le héros du 436è épisode de ma série sur les personnes extraordinaires dont l’homo- ou bisexualité n’empêcha pas la réussite.

Jack Wrangler, légende du film pour adultes et de la révolution sexuelle

Jack Wrangler, né John Robert Stillman le 11 juillet 1946 à Beverly Hills (Californie) et décédé le 7 avril 2009 à New York, était un acteur de cinéma pornographique qui commença dans le X gay puis continua dans le X hétéro ; il devint ensuite producteur, metteur en scène et scénariste de théâtre.

Pendant toute sa carrière dans le monde du spectacle, il ne cacha jamais son homosexualité ni ses débuts dans l’industrie du film pour adultes, et il était considéré comme une icône du mouvement de libération des homosexuels.

En 2008, un long-métrage documentaire racontant ses carrières, devant les caméras et en coulisses des théâtres, intitulé  » Wrangler: Anatomy of an Icon » sortit dans les salles de cinéma.

Bien que se considérant homosexuel, il se maria avec Margaret Whiting, chanteuse américaine populaire des années 40 et 50, et vécut avec elle pendant 15 ans, jusqu’à son décès.

Voici les détails les plus intéressants de sa vie.

Jeunesse

Né John Robert Stillman en 1946 à Beverly Hills, Jack Wrangler était un enfant de la balle, fils du producteur de cinéma et télévision Robert Stillman, connu pour avoir produit des classiques du cinéma comme « Le champion » (1949), « Swing Romance » (1940) ou « Je suis un nègre » (1949) et des séries TV à succès comme « Rawhide » (mettant en vedette le jeune Clint Eatwood) ou « Bonanza » ; sa mère, Ruth Clark Stillman, avait été danseuse sur des comédies musicales de Busby Berkeley.

Le petit Stillman commença une carrière d’acteur dès l’âge de 9 ans dans la série télé « The Faith of Our Children » (1953–1955), série familiale et religieuse qui gagna 5 Emmy Awards.

Il comprit qu’il était homosexuel alors qu’il avait 10 ans.

A l’âge de 22 ans en 1968, il sortit diplômé en théâtre de l’Université d’Evanston dans l’Illinois.

Carrière dans le cinéma pour adultes

Malgré sa grande beauté et son don pour jouer la comédie, le jeune Stillman ne trouva que peu de travail à ses débuts à Los Angeles et ensuite à New York sur scène comme acteur et danseur.

Un de ses premiers rôles fut dans la pièce de théâtre « Special Friends » écrite par Douglas Dean Goodman, une des premières pièces parlant d’homosexualité et écrite par un dramaturge gay à se jouer à San Francisco, où l’acteur débutant incarnait un ex prostitué originaire d’Arkansas qui devient (un mauvais) go-go dancer en Californie ; ce rôle exigeait qu’il apparaisse très dénudé, préfigurant sa suite de carrière…

En 1970, il fit (à 24 ans) une première apparition dans un spectacle de strip-tease masculin, sous le nom de « Jack Wrangler » – le nom de famille venant de l’étiquette de sa chemise (de spectacle) de marque Wrangler.

Jack Wrangler fut remarqué par les patrons du Studio porno gay « Magnum », pionner du cinéma et des magazines pornos gay, sur une affiche du spectacle « Special Friends » où il apparaissait à moitié nu.

Il tourna son premier film porno gay, « Eyes of a stranger » en 1970, produit par Magnum ; ce film était aussi un des premiers films hard porno gay à être sortis commercialement dans les salles de cinéma aux états-Unis (…)

Jack Wrangler accepta de tourner dans des films porno gay pour diverses raisons, d’abord car il pensait que c’était subversif du point de vue culturel, et politiquement libérateur :

« A l’époque, nous [les jeunes homos] nous cherchions tous en tant qu’individus, nous étions en recherche de ce que nous désirions pour nous-même, qui nous voulions devenir, quel était notre potentiel, quelles étaient nos différences, qu’est-ce qui nous rendait uniques… Et je pense que c’est pour cette raison que les films classés XXX étaient importants, car ils montraient que, oh mon Dieu, il y a d’autres personnes qui aiment ce que moi j’aime, par exemple le cuir, ou se faire sucer sur une table de billard par un autre homme [rires]. C’était un début – en se mettant à nu au sens propre, on a commencé à se trouver soi-même. »

Au cours de sa carrière dans le cinéma pour adultes gay (1970-78), Wrangler apparut dans 47 films, dont les plus remarquables sont « Kansas City Trucking Co. », « Hot House », « Sex Machine », et « A Night at the Adonis ».

Mais cela ne lui apporta pas les réponses qu’il cherchait : il « ne se sentait pas bien dans sa peau et voulait mettre du piment dans sa vie. »

Carrière dans le cinéma pour adultes hétéro

En 1978, Jack Wrangler prit la direction du film porno hétéro où il fit ses débuts dans « China Sisters » où on voit sa première rencontre sexuelle avec une femme à l’écran. Dans « China sisters », deux femmes séduisent un homme gay (joué par Wrangler) et le font devenir hétérosexuel… Interviewé par la célèbre journaliste Terry Gross pour la Radio Publique Nationale (NPR), Wrangler expliqua que l’équipe du film, qui savait qu’il était homo, l’encouragea et applaudit lorsqu’il perdit sa virginité hétérosexuelle devant les caméras.

Wrangler joua ensuite dans toute une série de films pornos hétéros à succès, notamment « Jack and Jill » (1979), « Roommates » (1981), et « The Devil in Miss Jones » (1982). Il était un des acteurs préférés de Chuck Vincent, réalisateur X célébré par les critiques, qui bien qu’ouvertement gay, dirigea plusieurs des meilleurs films pour adultes hétéro des années 70 et 80.

Les oeuvres de Chuck Vincent subvertissent le film porno traditionnel en mettant le focus non pas sur le corps de la femme, mais sur celui de Jack Wrangler, et elles dirigent les yeux du spectateur sur l’expérience sexuelle masculine (plutôt que féminine).

Grâce à la popularité de ses films, Jack Wrangler devint une icône de la révolution sexuelle gay.

Théâtre

Alors qu’il était en train de devenir un des premières stars de légende du porno homo, la carrière d’acteur conventionnel de Jack Wrangler commença à devenir florissante. En 1979, il fut la vedette, sur les planches du théâtre « The Glines » de New York, aux côtés du dramaturge et comédien Robert Patrick, de la pièce de théâtre « T-Shirts » écrite par ce dernier (…)

En 1985, le touche-à-tout Jack Wrangler écrivit le livret du spectacle musical « I Love You, Jimmy Valentine » mettant en vedette son épouse chanteuse, Margaret Whiting (…) et il apparut en tant qu’acteur dans la pièce « Soul Survivor » sur un homme gay dont l’amant a été emporté par le SIDA (…)

Mais en ce milieu des années 80, sa carrière en tant qu’acteur porno était sur le déclin. Il publia son autobiographie, « The Jack Wrangler Story », en 1984. Sa femme exigea qu’il arrête le porno et les spectacles érotiques vivants. En 1986, il apparut, âgé de 40 ans, dans un dernier film pour adulte (hétéro) intitulé « Rising Star » (sorti en uniquement en video).

Il continua à travailler à New York en tant qu’auteur et producteur de spectacles musicaux.

Vie personnelle

Jack Wrangler n’eut jamais de relations sexuelles avec une femme avant l’Université. En 1976, il avait 30 ans lorsqu’il rencontra la chanteuse Margaret Whiting, âgée de 50 ans, dans une boîte de nuit new-yorkaise; il a raconté : « J’étais avec mon impresario quand j’ai remarqué Margaret, qui était entourée de 5 mecs à une table. Elle était extraordinaire avec ses cheveux superbement arrangés, ses fourrures, faisant de grands gestes. J’ai pensé, ‘Waou, c’est vraiment cela New York ! C’est cela le glamour !’ Il me fallait absolument faire sa connaissance. » (…) Leur histoire commença quelques semaines plus tard.

Malheureusement, le couple fut fortement critiqué, Wrangler accusé de « virer sa cuti » en se mettant dans une relation hétérosexuelle avec une femme bien plus âgée juste pour l’argent et car il n’assumait pas son homosexualité. Pourtant, Wrangler s’est toujours considéré homo et ne s’en est jamais caché.

« Je ne suis ni bisexuel, ni hétéro » déclara-t-il quelques années plus tard. « Je suis gay… Mais … je ne pourrais jamais mener une vie d’homo car je suis trop compétitif. Quand j’étais en couple avec un mec, je voulais toujours être meilleur que lui : que ce soit dans ce que nous réussissions, ou ce que nous portions – en tout. Avec une femme aussi, on est en compétition, mais ça vient de points de vue différents, donc, en ce qui me concerne, la situation est tenable. »

Pourtant, leurs premières années de relation furent difficiles, car Jack Wrangler et sa femme luttaient tous deux avec l’homosexualité de Wrangler. Lorsqu’un jour dans un restaurant Jack lui cria qu’il était gay, elle lui répondit, « seulement sur les bords, mon chéri. »

Il expliqua dans une interview : « Lorsque je me suis mis avec Margaret, j’ai su que je devais changer de direction. Quand je revenais à la maison en pleine nuit, elle avait fait faire mes bagages qui m’attendaient dehors devant la porte, et d’autres choses de ce genre… En plus je me sentais énormément coupable quand je sortais avec un mec alors que j’étais avec elle… Alors un jour j’ai décidé que le sexe entre hommes, c’en était fini pour moi. Un soir je suis allé la voir et je lui ai dit, je ne vais plus jamais te tromper avec quiconque. Ensuite, ma vie sexuelle est devenue très masturbatoire (…) »

Le couple fut marié de 1994 jusqu’au décès de Jack, le 7 avril 2009, à l’âge de 62 ans, d’un enphysème

Postérité

En 2008, un long-métrage documentaire sur la vie de Jack, intitulé « Wrangler: Anatomy of an Icon » (« Wrangler : l’anatomie d’une légende »), produit et dirigé par Jeffrey Schwarz (producteur réputé, lauréat d’Emmy Awards) fut présenté au Festival du film LGBT de New York (Newfest) et fut récompensé par un GayVN Award.

En fin de compte, le magnifique Jack Wrangler restera dans l’histoire de l’industrie du spectacle comme une superstar du cinéma pour adultes et un des pionniers de la révolution sexuelle des années 1970, et pour être une des célébrités qui épousa une femme bien que [se pensant] homosexuel.

wikipedia + Baklol – traduit et résumé par roijoyeux

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