Joyeux… Cole Porter

Le formidable compositeur américain Cole Porter est le héros du 438è épisode de ma série sur les personnes extraordinaires dont l’homosexualité n’empêcha pas la réussite.

Cole Porter, géant de la musique populaire américaine

Cole Porter est un compositeur et parolier américain né le 9 juin 1891 à Peru (petite ville de l’état de l’Indiana) et mort le 15 octobre 1964 à Santa Monica (Californie).

Auteur de quelques-unes des plus célèbres comédies musicales américaines, créées pour la plupart à Broadway, il est considéré comme l’un des grands compositeurs de la musique populaire américaine, au même titre qu’Irving Berlin, George Gershwin, Duke Ellington, Richard Rodgers, Oscar Hammerstein II ou Burt Bacharach.

Plusieurs de ses titres font partie du Grand répertoire américain de la chanson ou sont devenus des standards du jazz et font partie des chansons préférées de l’Amérique notamment « Night and Day », « I Get a Kick Out of You », « In the Still of the Night », « Just One of Those Things », « Easy to Love », « What is this Thing Called Love », « Anything Goes », « I’ve Got You Under My Skin » …

Il est célèbre pour ses paroles sophistiquées et parfois osées, ses rimes intelligentes et sa musique complexe. Une version très édulcorée de sa vie, « Night and Day », fut portée à l’écran en 1946 par le cinéaste Michael Curtiz avec Cary Grant. Un autre biopic intitulé « De-Lovely » et plus réaliste sortit en 2004 au cinéma, dirigé par Irwin Winkler avec Kevin Kline dans le rôle de Cole Porter et Ashley Judd dans celui de sa femme

Voici les détails les plus intéressants de sa vie.

Jeunesse et début professionnel

Cole Albert Porter naît dans une famille aisée et grandit auprès de ses parents Kate Cole et Sam Porter ; son grand-père James Omar est millionnaire. Sa mère l’initie dès la petite enfance au solfège et lui fait apprendre le violon à partir de six ans, puis le piano deux ans plus tard.

À l’âge de dix ans, soutenu par sa mère, le petit Cole Porter écrit sa première opérette « Song of the Birds », composée de six numéros tels « The Young Ones Learning to Sing » et « The Cuckoo Tells the Mother Where the Bird Is ».

Après des études secondaires au lycée de Worcester dans le Massachusetts, Cole Porter est accepté à l’université Yale en 1909, pour ensuite entrer (en 1913) à la Faculté de droit de Harvard.

Ayant pris conscience de sa passion pour la musique, il abandonne l’étude du droit pour celle de la musique. Le 28 mars 1916, il présente au Maxine Elliott’s Theatre de Broadway sa première œuvre musicale jouée en public, « See America First » (sur un livret de T. Lawrason Riggs), mais c’est un échec et les représentations cessent au bout de deux semaines seulement.

Séjour en France

Secoué par cet échec, Cole Porter part pour la France, alors en guerre, et s’engage le 20 avril 1918 dans la Légion étrangère française pour servir en Afrique du Nord. Il est affecté au régiment de marche de la Légion étrangère, puis envoyé à l’école d’artillerie de Fontainebleau, dont il sort aspirant le 22 août 1918. Affecté au 15e RAC puis au 32e RA, il rejoint ensuite le bureau de l’attaché militaire des États-Unis. Libéré le 17 avril 1919, il se voit décerner la croix de guerre 1914-1918.

Il s’installe alors dans un appartement luxueux à Paris partageant son temps entre ses fonctions d’officier et une vie de playboy. En 1918, il fait la connaissance de Linda Lee Thomas (1883-1954), une richissime divorcée américaine de sept ans son aînée, qu’il épouse le 18 décembre 1919 à la mairie du 8e arrondissement de Paris.

Parallèlement, Cole Porter perfectionne son art en étudiant avec le compositeur Vincent d’Indy à la Schola Cantorum, école supérieure de musique et de chant choral de réputation internationale située dans le Quartier Latin (Paris).

En 1923, Rolf de Maré (riche mécène suédois amateur de danse classique) lui commande une œuvre pour les Ballets suédois : « Within the Quota », un des tout premiers ballets jazz de l’histoire de la musique ; sorti 4 mois avant le « Rhapsody in Blue » de George Gershwin, le spectacle fut bien reçu par les critiques français et américains lors de sa première au Théâtre des Champs-Élysées en octobre 1923 puis présenté à New York le mois suivant avec succès tel que les Ballets suédois firent dans la foulée une tournée des états-Unis de 69 dates avec ce spectacle (…)

Porter composa ensuite une grande partie du spectacle musical « The Greenwich Village Follies » (1924) mais, frustré par le manque d’enthousiasme du public à l’égard de ses chansons, abandonna presque l’écriture de spectacles ; il continua néanmoins à composer et chanter avec brio pour ses amis dans des fêtes privées.

Consécration

A l’âge de 36 ans, Cole Porter fit son retour en tant que parolier/compositeur à Broadway avec la comédie musicale « Paris » (1928) qui fut son premier grand succès. Ce spectacle lui avait été commandé par le producteur E. Ray Goetz sur l’instigation de sa femme et de la chanteuse Irène Bordoni.

« Paris » est une brillant comédie musicale mettant en vedette Irène Bordoni qui se joua pour la première fois le 8 octobre 1928 à Broadway ; ce fut un triomphe grâce auquel Cole Porter fut reconnu par le métier comme la crème de la crème des compositeurs de Broadway.

Le fameux producteur anglais C.B. Cochran eut alors l’idée de monter un spectacle grandiose à Londres sur une bande musicale composée par Cole Porter et des vedettes internationales : cette revue, intitulée « Wake Up and Dream » se joua 263 fois à Londres (1928-1929), mais lorsqu’elle traversa l’Atlantique en 1929, le succès fut moindre avec « seulement » 136 représentations, l’industrie du spectacle souffrant du crash boursier de Wall Street … du point de vue de Cole Porter, ce fut néanmoins un succès car sa chanson « What Is This Thing Called Love? » devint immensément populaire en Amérique si bien qu’il commença à recevoir des offres d’Hollywood…

… Le reste appartient à l’Histoire …

Postérité de Cole Porter

Cole Porter restera dans l’Histoire de la musique américaine pour ses brillantes oeuvres.

Entre autres …

Comédies musicales :

  • « Fifty Million Frenchmen » (1929) adaptée au cinéma en 1931
  • « Gay Divorce » (1932) avec Fred Astaire, adaptée au cinéma en 1934, elle contient la célèbre chanson « Night and Day »
  • « Anything Goes » (1934) adaptée au cinéma en 1936 avec Ethel Merman et Bing Crosby ; les paroles salaces des chansons de Porter furent « nettoyées »
  • « Kiss Me Kate » (1948), peut-être la plus grande comédie musicale de Cole Porter fut écrite tardivement dans sa carrière ; une version fut filmée pour grand écran (et en 3-D) en 1953, et bien qu’acclamée par les critiques, les paroles grivoises de Cole Porter y avaient été édulcorées passer la censure hollywoodienne, ce qui ôtait à l’oeuvre beaucoup de son sel.
  • « Silk Stockings » (1955) adaptée au cinéma en 1957 avec Fred Astaire et Cyd Charisse

Musiques de films :

  • « Rosalie » de W. S. Van Dyke (1937)
  • « Les Girls » (1959) de George Cukor
  • « Haute Société » (« High Society ») (1956) de Charles Walters

Et aussi :

Vie personnelle

Cole Porter était exclusivement homosexuel. Il fit la connaissance de Linda Lee Thomas, sa future épouse, à Paris en 1918 au cours d’une cérémonie de mariage à laquelle tous deux avaient été invités. Linda était une femme divorcée fabuleusement riche (héritière d’une famille américaine fortunée) et bien qu’elle savait Cole Porter homosexuel, le couple se maria le 12 décembre 1919 à Paris menant grand train jusqu’en 1937 lorsque la Guerre s’annonça les forçant à retourner aux états-Unis.

Ce fut un mariage sans sexe mais certainement pas sans amour ; Cole Porter et Linda s’adoraient.

(…)

La maison parisienne de Linda était si grande que le couple y louait une suite à Howard Sturges, riche héritier de Boston et ami proche de Linda, qui devint aussi pour la vie celui de Cole. Howard était à la fois intelligent et farfelu : violoniste accompli, il avait pour animaux de compagnie un ours et un porc qu’il promenait en laisse dans les rues de Paris …

Le couple Porter voyageait énormément et quelle que soit leur destination, Howard Sturges les accompagnait presque toujours. Mais cette amitié à trois se compliqua lorsque les deux hommes devinrent amants (…)

Au cours de leur union de 35 années, Cole Porter et Linda se séparèrent à plusieurs reprises, possiblement car Cole Porter vivait son homosexualité trop ouvertement au goût de sa femme. Mais après qu’il se blessa grièvement en tombant de cheval au début des années 30, elle se remit avec lui jusqu’à sa mort en 1954 – elle décéda d’une maladie respiratoire, le laissant dans un immense chagrin.

Activité homosexuelle de Cole Porter

Lors du séjour du couple Porter à Hollywood dans les années 40, Linda avait eu du mal à supporter les activités sexuelles de son mari. Elle préféra s’éloigner de Californie, vivant entre New York et Paris, tandis qu’à Hollywood, Cole Porter était souvent invité aux fêtes entre hommes très … déshabillées qu’organisait le cinéaste George Cukor au bord de sa piscine tous les dimanches (…) Scotty Bowers, célèbre proxénète hollywoodien des années 40 à 80, fournissait en chair fraiche Cukor qui aimait sucer des jeunes bites … il se souvient que Cole Porter était excité par les marins à qui il aimait faire des fellations : « il pouvait facilement sucer 15 gars l’un après l’autre, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, boom boom boom et c’était déjà fini … et il avalait à chaque fois … il faisait partie de ces gens qui adorent sucer et aiment le goût du sperme (…) »

Mais l’activité du libidineux Cole Porter ne se limita pas Hollywood : l’acteur américain Monty Wooley, qui accompagnait souvent le compositeur sur les lieux de drague et les bars homos de New York, se souvient qu’un soir, un jeune marin qu’ils approchaient en voiture leur demanda très directement, « est-ce que vous êtes des suceurs de bite ? » ce à quoi l’acteur répondit : « maintenant que les préliminaires sont faits, pourquoi ne montes-tu pas pour qu’on puisse discuter de la suite ? »

(…)

Il y eut ainsi beaucoup d’activité homosexuelle dans la vie de Cole Porter, mais sa vie intime ne se limita pas à des rencontres purement sexuelles ; il connut de nombreuses relations intimes et amoureuses de longue durée.

Les amants de Cole Porter

Outre l’extravagant Howard Sturges, Cole Porter entretint des liaisons homosexuelles avec Nelson Barfeld (un danseur et chorégraphe), Robert Bray (un Californien marié) et Jack Cassidy (comédien et chanteur américain) (…) ainsi que Boris Kochno, poète et librettiste des Ballets Russes ; l’architecte Ed Tauch (qui lui inspira la chanson « Easy to Love ») ; le chorégraphe Nelson Barclift (inspirateur de « You’d Be So Nice To Come Home To ») ; le cinéaste John Wilson, dont les enfants sont encore aujourd’hui bénéficiaires de la moitié des droits d’auteur de Cole Porter, qui mourut sans descendance.

Selon une biographie parue récemment, le légendaire compositeur dans ses dernières années, « cassait les équipements de sa maison, prétexte pour faire venir chez lui des mignons réparateurs. »

wikipedia + Gay Influence – traduit et résumé par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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7 commentaires pour Joyeux… Cole Porter

  1. da-AL dit :

    so much talent – I hope his life was happy…

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