Joyeux… Frédéric Bazille

Le génial peintre impressionniste Frédéric Bazille est le héros du 529è épisode de ma série sur les personnes homosexuelles qui ont réussi.

Frédéric Bazille, génie singulier de l’impressionnisme

Jean Frédéric Bazille, né le 6 décembre 1841 à Montpellier (Hérault) et mort au combat le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rolande (Loiret), est un peintre impressionniste français.

Une balle de fusil peut-elle changer le cours de l’histoire des arts ? Certainement, puisqu’un coup de feu prussien a fauché, le 28 novembre 1870, à Beaune-la-Rolande, le sergent-major Frédéric Bazille, peintre au civil et l’un des plus prometteurs de sa génération. Il n’avait pas encore 29 ans et ne saurait jamais que sur lui et ses amis Monet, Renoir, Sisley, allait se lever le soleil de l’impressionnisme.

Bazille tomba en accomplissant un acte d'héroïsme le 28 novembre 1870, au cours de la guerre franco-prussienne, devant Beaune-la-Rolande, en essayant de protéger des femmes et des enfants. Dans une lettre à sa famille, son grand ami [le musicien] Edmond Maître écrivit, le coeur brisé : « De tous les jeunes gens que j’ai connus, Bazille était le plus doué, le plus aimable. »

Cent cinquante ans plus tard, quelle a été la destinée de la soixantaine de tableaux qui forment l'œuvre de Bazille ? L'oubli profond d'abord, puis une timide résurrection due à l'historien d'art Henri Focillon en 1926. Mais il faudra attendre les années 1950-1960 pour qu'un vrai regard soit porté sur sa peinture, l'extrayant du cercle très local des initiés montpelliérains. C'est l'époque où ses tableaux s'évadent du cénacle familial et rejoignent les cimaises des musées américains. Le musée Fabre de Montpellier complète, dès qu'il le peut, son fonds déjà conséquent et monte en 1992 une exposition, puis à l'été 2016, cette rétrospective avec le musée d'Orsay et la National Gallery of Art de Washington.

Voici plus de détails sur son oeuvre et sa vie.

La comète Bazille

Le Figaro le 30 novembre 2016

Par Eric Biétry-Rivierre

Comment Frédéric Bazille, dandy républicain, a-t-il pu s’engager dans les zouaves du second Empire pour finir une balle dans la peau à l’âge de 28 ans? Pilier de la nouvelle peinture qu’on n’appelait pas encore impressionnisme, il se savait promis à un bel avenir. Son choix de participer à la guerre franco-prussienne a-t-il été une échappatoire à son milieu bourgeois, protestant d’origine, certes aimant mais qui n’aurait jamais vraiment admis son homosexualité ?

Bazille est parti avec ses secrets. Restent ses tableaux. Pas plus de cinquante-cinq. La plupart se trouvent réunis au Musée d’Orsay, confrontés à ceux de ses pairs et amis : Manet, les jeunes Fantin-Latour, Monet, Sisley, Degas, Cézanne… Le legs du Montpelliérain à la modernité se voit donc précisé.

À Fontainebleau et en Normandie, à l’initiative de Monet, loin des ateliers académiques où il a rencontré la bande des trublions des Batignolles, déjà riche de la connaissance de Delacroix et de Courbet, Bazille entreprend de peindre sur le motif. Le plein air ? Ce n’est plus, à vrai dire, chose originale dès cette époque. Bazille marche sur les traces de Corot, de Daubigny et, pour les bords de mer, de Boudin et de Jongkind. Son originalité est qu’il va revenir aux ciels bleus et à la lumière dorée du Languedoc de son enfance. Priorité est donnée à la clarté.

Sous ce soleil, il peint sa famille, livrant là ses principaux chefs-d'œuvre. Il aime ses proches mais plus encore l'idée de faire jouer les ombres et la lumière sur leurs crinolines et leurs redingotes. Bref, de rendre l'atmosphère réelle, d'en donner «l'impression».

Le mot ne sera lâché que sept ans plus tard. En attendant, à ce jeu, Bazille égale Monet, dont le splendide "Femmes au jardin" côtoie aux cimaises, sans la ternir, "La Réunion de famille", sa toile la plus magistrale, prêt du Musée Fabre de Montpellier.

Bazille se montre également maître de la nature morte, tendance nordique. Ses poissons ont l’écaille aussi nacrée que ceux de Manet. Et son « Vase de fleurs sur une console » est une merveille méconnue du Musée de Grenoble qu’aurait pu envier un Fantin-Latour.

Ses meilleurs portraits, tel son autoportrait, possèdent une puissance digne des classiques et sa hiératique « Tireuse de cartes » fait immanquablement penser à du Cézanne. D’ailleurs, ce dernier s’est souvenu des scènes de baignades estivales de Bazille lorsqu’il a conçu ses iconiques « Baigneurs ».


« Scènes d’été » par F. Bazille

Bazille est en effet le premier à avoir exécuté un nu masculin réaliste en plein air. Son homo-érotique « Pêcheur à l’épervier », refusé au Salon de 1869, fera même scandale, s’inscrivant dans les précédentes provocations de la modernité (Delacroix, Ingres, Courbet, Manet).


« Pêcheur à l’épervier » par F. Bazille

L’artiste n’abordera les thèmes bibliques ou mythologiques qu’un peu avant sa mort, comme l’atteste son « Ruth et Booz » inachevé. Cela laisse imaginer une suite symboliste à celui qui, jusque-là, avait privilégié la vie quotidienne hic et nunc. Comme, à Paris, la « Petite Italienne chanteuse des rues » ou « L’Atelier de Bazille, rue La Condamine », toile manifeste où Bazille s’est figuré en compagnie de l’avant-garde du moment.

(…)

«Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l’impressionnisme» au Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion-d’Honneur (VIIe). Tél.: 01 40 49 48 14. Horaires: tlj sf lun. de 9 h 30 à 18 h, jeu. jusqu’à 21h45. Jusqu’au: 5 mars [2017]. Cat.: Flammarion, 334 p., 45€.

Le Figaro + wikipedia

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2 commentaires pour Joyeux… Frédéric Bazille

  1. bertri13340 dit :

    Intéressant fort bien documenté. Blog bien mené, c’est un régal !

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