Joyeux… Josephine Baker

Pour fêter son entrée au Panthéon, revoici mon article sur la légendaire Josephine Baker, née Freda Josephine McDonald le 3 juin 1906 à Saint-Louis (Missouri) et morte le 12 avril 1975 dans le 13e arrondissement de Paris. D’origine métissée afro-américaine et amérindienne des Appalaches, elle est souvent considérée comme la première célébrité noire de toute l’histoire.

Elle prend la nationalité française en 1937 et, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle joue un rôle important dans la résistance à l’occupant. Elle utilisera ensuite sa grande popularité dans la lutte contre le racisme, et pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le Mouvement des droits civiques de Martin Luther King Jr. et en s’opposant au Klu Klux Klan.

Josephine Baker reste une légende influente et très en avance sur son temps, qui inspire encore des célébrités de notre époque comme Rihanna ou Beyoncé

Le 22 août 2021, l’AFP confirma que Josephine Baker allait prochainement entrer au Panthéon et que la cérémonie honorant l’artiste franco-américaine aura lieu le 30 novembre (2021). Elle sera la première femme noire à reposer dans la nécropole laïque du centre de Paris.

Voici les points les plus intéressants de sa vie.

Josephine Baker, première superstar noire et première femme noire panthéonisée

Elle voit le jour en 1906 dans une famille métissée très pauvre du Missouri. Dès son plus jeune âge, elle fait le ménage pour des familles riches et sera mariée à 13 ans avec un ouvrier fondeur dont elle se séparera après lui avoir fracassé une bouteille sur la tête.

A 15 ans, elle épouse un 2nd mari, William Baker, garçon dans un hôtel-restaurant de luxe à Philadelphie, qu’elle quitte pour la France quatre ans plus tard en conservant son nom qui va ainsi passer à la postérité.

A 19 ans, elle débarque à Paris où elle devient rapidement la star de la « Revue Nègre » au théâtre des Champs Elysées avant de voler de ses propres ailes en tant que meneuse de revue aux Folies Bergères.

Accompagnée d’un léopard en laisse, elle devient la muse des cubistes et collectionne les amants et les maîtresses.

A 31 ans, lors d’une tentative de retour à New York, elle fait face à la ségrégation. Elle obtient alors la nationalité française, après son mariage avec Jean Lion, industriel de 27 ans qui a fait fortune dans le sucre raffiné.

Dès le début de la 2nde Guerre Mondiale, elle s’engage auprès de la Croix Rouge et fait du château des Milandes en Dordogne un haut lieu de la résistance à l’occupant allemand. Elle fait notamment passer des messages secrets dissimulés dans des partitions.

Menacée en France, elle poursuit ses activités de résistance depuis le Maroc avant de revenir avec l’armée de l’air française à Marseille en 1944.

A la libération, elle sera décorée de la Légion d’Honneur.

A 44 ans, elle refuse de se produire dans des clubs de Miami qui pratiquent la ségrégation. A la même époque (1950), le FBI la soupçonne d’affinités avec les communistes.

A 48 ans, pendant une tournée au Japon, elle adopte un petit garçon. 11 autres enfants venus des quatre coins du monde suivront, formant ce qu’elle appelait sa « tribu arc-en-ciel ».

A 57 ans, elle marche pour les droits civiques aux côtés de Marin Luther King et s’adresse aux 250 000 personnes rassemblées à Washington.

Le 12 avril 1975, à Paris, elle succombe à une attaque cérébrale, à l’âge de 68 ans.

Scandaleuse et engagée, Josephine Baker reste l’un des symboles de la libération féminine.

Vie sentimentale de Josephine Baker

Joséphine Baker est bisexuelle. Mariée à plusieurs hommes, elle maintient également des relations amoureuses avec des femmes tout au long de sa vie adulte. Elle n’a cependant jamais révélé au grand public cet aspect de sa personnalité.

Parmi ses amantes célèbres figurent l’écrivaine française Colette et l’artiste peintre Frida Kahlo. Jean-Claude Baker, l’un de ses enfants, mentionne dans la biographie sur sa mère, six de ses amantes : Clara Smith, Evelyn Sheppard, Bessie Allison et Mildred Smallwood, qu’elle a toutes rencontrées sur le circuit au cours de ses premières années sur scène aux États-Unis; puis avec sa compatriote afro-américaine expatriée Bricktop et la romancière française Colette après son installation à Paris.

Malgré sa propre bisexualité, et son engagement contre le racisme, Joséphine Baker est capable de faire preuve d’intolérance : elle chasse par exemple un de ses fils de son foyer car il était homosexuel.

wikipedia + Brut

Joséphine Baker, chanteuse, danseuse et figure de la Résistance, va entrer au Panthéon

Le Monde avec AFP le 22/08/2021

La célèbre artiste de music-hall franco-américaine Joséphine Baker entrera au Panthéon le 30 novembre prochain, rapporte dimanche 22 août le site internet du Parisien. Une information confirmée par l’entourage d’Emmanuel Macron à l’Agence France-Presse (AFP). La cérémonie aura lieu le 30 novembre.

Selon le journal, le président français Emmanuel Macron a répondu favorablement fin juillet à un groupe de personnalités à l’origine d’une pétition en faveur de cette initiative.

La chanteuse, danseuse et figure de la Résistance et de la lutte antiraciste sera la première femme noire à reposer dans la nécropole laïque du centre de Paris, ajoute le Parisien. Elle fut, déjà à l’époque, la première interprète métisse de music-hall à se faire une place dans la capitale parisienne.

Née en 1906 dans le Missouri, l’interprète de la chanson « J’ai deux amours » s’est éteinte en 1975 à Paris. Toutefois, le corps de Joséphine Baker, « restera à Monaco où elle est enterrée au cimetière marin », a précisé à l’AFP un de ses enfants, Jean-Claude Bouillon-Baker, assurant que cette décision avait été prise « en accord » avec la fratrie et avec « la compréhension de l’Elysée ». « Ce sera un cénotaphe, avec une plaque, comme pour Aimée Césaire et d’autres personnalités », a-t-il ajouté : « L’important, c’est de marquer sa présence au Panthéon ».

Trente-huit mille signatures en 2019

« Cette demande de panthéonisation a été faite par la famille Baker depuis 2013 », explique l’entrepreneuse Jennifer Guesdon, l’une des personnalités qui a poussé le projet.

Le dossier en faveur de l’interprète de la célèbre chanson « J’ai deux amours » avait été examiné une première fois à la fin de juin (2021) par l’Elysée. Une pétition lancée il y a deux ans par Laurent Kupferman, en faveur de la panthéonisation de l’artiste, – née Freda Josephine McDonald –, avait rassemblé 38 000 signatures.

« Artiste, première star internationale noire, muse des cubistes, résistante pendant la seconde guerre mondiale dans l’armée française, active aux côtés de Martin Luther King pour les droits civiques aux Etats-Unis d’Amérique et en France aux côtés de la Lica [la Ligue internationale contre l’antisémitisme, devenue Licra : Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme] (…), nous pensons que Joséphine Baker, 1906-1975, a sa place au Panthéon », fait valoir le texte.

« Elle a aimé la France et la France l’a aimée en retour. Avec cette panthéonisation, on peut dire que cette histoire est maintenant éternelle », confie au Parisien l’un de ses fils adoptifs, Brian Bouillon-Baker.

Artiste, militante, espionne…

De la misère qui l’a vue naître à Saint Louis, dans une Amérique où règne la ségrégation raciale, jusqu’à Paris où son talent et son travail l’ont élevée au rang de star internationale, Joséphine Baker livrera un combat permanent contre l’injustice et en faveur des libertés.

En 1926, pour lancer les Folies-Bergère, elle devient la tête d’affiche du spectacle « La Folie du jour », une satire de la vision colonialiste du « bon sauvage ». Dans son pays de naissance, elle s’opposera au Ku Klux Klan et s’impliquera en faveur des droits civiques des Afro-Américains, au côté de Martin Luther King. En Europe, face au nazisme, elle se lancera dans le contre-espionnage en devenant une agente française de renseignement, et recueillera la médaille de la Résistance au lendemain de la seconde guerre mondiale.

La crypte du Panthéon accueille les principales personnalités qui ont marqué l’histoire de France depuis la Révolution (…) Si le fronton du bâtiment arbore ‘Aux grands hommes la patrie reconnaissante’, un rapport du Centre des monuments nationaux avait recommandé en 2013 d’élargir les hommages aux femmes du XXe siècle s’étant illustrées par leur courage et leur engagement républicain (…)

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Un commentaire pour Joyeux… Josephine Baker

  1. Merci pour cet article très intéressante sur madame Baker, et grand respect pour elle, aux grandes femmes la patrie reconnaissante,
    mais quel paradoxe de mettre à la porte son fils parce qu’il est homosexuel !
    Bisexualité plus recevable venant d’une femme et homosexualité totalement taboue venant d’un homme.
    Le poids d’une éducation ? D’un contexte sociétal ?
    Débat ouvert.
    Très bonne soirée à vous

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