Joyeux… Jean Moulin

Pour fêter son 123è anniversaire de naissance, revoici mon enquête sur Jean Moulin (20 juin 1899 – 8 juillet 1943) haut fonctionnaire et résistant français héros de la nation.

Le dernier secret de Jean Moulin

Vanity Fair / Les dessous de l’Histoire- 21.09.2016

Cet hiver, une pièce de théâtre mettra en scène un Jean Moulin ouvertement homosexuel. Le journaliste Guillaume Dasquié a enquêté sur cette nouvelle dimension de la vie d’un grand résistant, une vie que l’histoire a réécrite au gré des vents politiques.

Londres, une chambre au rez-de-chaussée, un samedi de novembre 1941. Le jour se lève. Jean Moulin boit son café en compagnie d’un jeune homme de 29 ans, un Basque prénommé Gorka. Une penderie et un lit, draps froissés, meublent la pièce. Les deux hommes sortent d’une nuit d’amour. Ils ont fait connaissance la veille au soir au « Golden Lion », pub de la capitale britannique où trinquent artistes, espions et soldats. Prudent, le héros de la Résistance dissimule à son amant d’un soir les raisons de son séjour à Londres. Il achève de s’habiller. Gorka le taquine, espère le revoir. Moulin recommande la prudence. Avant de se quitter, ils échangent des adresses mais ne se promettent rien.

Les amours homosexuelles de Jean Moulin, objets de controverses et de scandale, parfois évoquées, souvent démenties, existent là, sous nos yeux. Ce moment d’intimité dans un appartement anglais est extrait de la pièce de théâtre « Jean Moulin, évangile », la dernière création de Jean-Marie Besset, jouée pour la première fois cet été dans divers festivals avant d’être présentée l’hiver prochain à Paris.

Le spectacle raconte les années de combat de Jean Moulin, de juin 1940 à juillet 1943, avec la sensibilité et la tolérance d’aujourd’hui. Dans plusieurs passages, Moulin se confie à son amie et complice, l’artiste Antoinette Sachs – laquelle préférait les femmes, comme le montre sa correspondance privée. Sur scène, les comédiens redonnent vie à ce couple où chacun servait de couverture à l’homosexualité de l’autre, donnant le change pour les convenances morales de l’époque tout en organisant la Résistance dans le plus grand secret.

À l’origine, la pièce « Jean Moulin, évangile » a été rédigée pour répondre à une commande de France Culture. La station en tirera une fiction radiophonique en dix épisodes qui sera diffusée au second semestre 2017. Dans l’appartement parisien de l’auteur de cette pièce, qui surplombe le quartier du Châtelet, des étagères encombrées témoignent des années de documentation et d’entretiens pour comprendre la psychologie de Jean Moulin, instigateur de l’Armée secrète, enjeu de cette pièce (…) (Son auteur) Jean-Marie ­Besset (…), Grand prix du théâtre de l’Académie française en 2005, nommé plus de dix fois aux Molière, a signé une vingtaine de pièces et dirigé le théâtre de l’Atelier à Paris et le centre dramatique national de Montpellier jusqu’en 2014 (…)

Jean-Marie Besset se défend de vouloir concurrencer les experts de la Résistance. Ces derniers, depuis une dizaine d’années, conviennent que le héros était un homme complexe, c’est-à-dire inclassable. « Tout le monde connaît ses actes de bravoure, son refus d’obéir aux Allemands quand il était préfet à Chartres, l’unification de la Résistance, résume Besset. Mais hormis quelques historiens, peu de gens ont une idée de l’originalité de sa personnalité, telle que les recherches l’ont peu à peu révélée. »

Il évoque la vie de dessinateur de Jean Moulin, sous le pseudonyme de Romanin, son goût pour l’art contemporain (…), ses convictions de gauche, ses séjours aux sports d’hiver dans la station suisse de Davos, sa garde-robe sophistiquée, sa scolarité moyenne, ses opérations clandestines dès 1936 en faveur des républicains espagnols, ses frasques financières aussi. Au total, l’homme était le contraire d’un idéologue ou d’un simple chef de guerre. Plutôt un aventurier éclairé, un patriote à l’esprit libre.

Pour Jean-Marie Besset, les liaisons homosexuelles figurées dans la pièce de théâtre « sont cohérentes avec certains témoignages historiques » : « Elles collent à la richesse du personnage, à son caractère – passer son temps avec des artistes et avoir des aventures homosexuelles, pour un préfet de la fin des années 1930, ce n’était pas anodin », estime-t-il, même si ces facettes-là dérangent depuis des années.

Il insiste : « À (notre) époque où la découverte de désirs homosexuels représente encore la première cause de suicide chez les adolescents, il n’est pas inutile de montrer que l’héroïsme n’est pas attaché à une sexualité ou une manière d’être.» Le héros de l’antiquité Achille, face à Troie, s’abandonnait bien entre les bras d’un garçon avant de guerroyer pour l’honneur d’Athènes, alors… Plus de soixante-dix ans après sa mort, Jean Moulin incarne à lui seul l’esprit de Résistance à la française, le courage de dire « non ». En 2016, sa vie intime ne nous intéresserait pas si, comme je l’ai constaté au cours de mes recherches, elle n’avait été l’objet d’occultations délibérées qui dessinent une volonté de façonner un personnage pour le rendre compatible avec les canons d’une idéologie » (selon laquelle un héros de la Résistance ne peut pas être gay).

Au terme de mon entretien avec Jean-Marie Besset, l’image d’Épinal du héros de la France libre finit de s’effriter. Nous regardons en souriant la plus fameuse photographie de Jean Moulin : un chapeau noir barre le haut de son visage, le col de son manteau anthracite est relevé, il regarde au loin, maître de ses émotions, austère.

Jean Moulin lui-même détestait ce cliché pris à Montpellier par son ami Marcel Bertrand. Rien ne lui correspondait moins. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter les albums de la famille Moulin. Sur nombre de photos jaunies, étrangement méconnues, on voit l’ancien préfet espiègle, coquet voire efféminé. Comme celle-ci prise sur un voilier au large de Saint-Tropez, où il pose, légèrement déhanché, aux côtés de deux amies, en maillot boxer et sandales blanches à lanières.

En 2003 déjà, un « Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes », supervisé par l’universitaire Didier Eribon, soulignait les prédispositions des homosexuels des années 1940 à entrer en Résistance. Comme si gérer une double vie leur avait donné l’expérience de la clandestinité. L’ouvrage notait les interdits, après-guerre, qui ont entouré ces réalités, et concluait (non sans malice ) que personne n’oserait évoquer publiquement « l’éventuelle homosexualité ou bisexualité d’un grand résistant, comme, par exemple, Jean Moulin ».

L’historien Jacques Baynac, lui, a publié en 2007 chez Grasset l’un des livres les plus complets sur la vie et les actions du grand homme, intitulé « Présumé Jean Moulin », un pavé de 868 pages alimenté aux sources les plus variées, en France et à l’étranger. Comme je l’interrogeais sur les non-dits relatifs à la vie privée de Jean Moulin, Baynac m’a répondu ceci :

«Que Jean Moulin n’ait jamais été gay n’aurait strictement rien changé à son action, sauf qu’il se serait certainement fait arrêter plus rapidement, faute d’avoir eu l’expérience de la vie clandestine. Pour ma part, je me borne à constater qu’aucune femme n’a déclaré avoir été sa compagne ou sa maîtresse pendant les années quarante et que, afin de le couvrir, aucun homme n’a dit publiquement avoir été son amant (…) Vous imaginez la superstar gaulliste proclamée homo ? »

UN TENDRE QUATRAIN

Longtemps, la France n’imagina pas; une histoire officielle avait été écrite, enseignée, apprise par cœur. Depuis peu, les aspérités de la vie intime de Moulin, leurs implications, sont prises en considération par les passionnés du sujet. Dans son dernier livre, « Jean ­Moulin, l’ultime mystère » (Albin ­Michel, coécrit avec Laurent Ducastel), l’enquêteur Pierre Péan, auteur de plusieurs biographies de figures de la Résistance et de la collaboration, consacre un chapitre à l’homosexualité supposée de Jean ­Moulin, prudemment titré : « L’était-il ? »

« Les voix officielles de la Libération s’efforceront toujours de nier la présence d’homosexuels dans la Résistance, image qui fut longtemps peu conforme à l’idée que la France devait avoir de ses héros », peut-on y lire. Dans ces pages, on suit la trajectoire de témoins privilégiés de la vie privée de Jean Moulin, morts sans avoir jamais été interrogés. Le héros de la France libre y apparaît sous les traits d’un séducteur, goûtant des plaisirs charnels avec des filles, éventuellement avec des garçons. Le poète (ouvertement homosexuel) Max Jacob est cité.

« Chaque virgule de ce chapitre a été soupesée, c’est une affaire sensible pour beaucoup de gens », m’a confié Pierre Péan sans vouloir livrer le fond de sa pensée. Dans l’un de ses précédents livres, déjà, la proximité entre Max Jacob et Jean Moulin, son cadet de vingt-trois ans, était évoquée. La rencontre entre les deux hommes remonte à l’année 1930, avec la nomination de Moulin au poste de sous-préfet de Châteaulin, petite ville du Finistère. Sur place, le méridional (Jean Moulin) s’ennuie (…) La vie politique ronronne. Les attractions manquent. Mais alentour, la vie artistique s’avère foisonnante : des écrivains, des peintres qu’il a parfois croisés à Paris, ont élu domicile dans la région (…)

À Quimper, le bar de l’hôtel de l’Épée constitue un carrefour pour cette population de créateurs. Le poète Max Jacob en assure l’animation ; lui ne dissimule pas son homosexualité. Le médecin ­Augustin Tuset, sculpteur à ses heures, présente les deux hommes. Ils tombent sous le charme l’un de l’autre. Ensemble, Max Jacob et Jean Moulin côtoient Giovanni Leonardi, l’ami de ­Picasso et d’Apollinaire. Plus tard, ils partagent des moments avec Louis-Ferdinand Céline, l’auteur de « Voyage au bout de la nuit », qui sillonne alors la Bretagne.

Pour Jean Moulin, le Finistère prend ainsi les allures d’un salon littéraire de la capitale, qu’il fréquente assidûment avec son ami poète. Après l’une de leurs sorties, Max Jacob lui adresse, sur un bristol, un tendre quatrain en forme de déclaration : « Je suis ce soir, la chose est claire, l’heureux meunier du Finistère : j’ai le moulin de Pont-Aven et le Moulin de Châteaulin. » Des années plus tard, en pleine guerre, coordonnant de vastes opérations militaires, Jean Moulin choisira comme nom de code « Max », trois lettres à l’air de passerelle – et d’indice – entre ses vies multiples.

De telles affections (homosexuelles) ou de tels instants, gravés sur pellicule, sur un bateau au large de Saint-Tropez, ne démentent pas les portraits officiels. Ils les complètent, leur restituent des aspérités autrefois rabotées par les metteurs en scène de l’histoire. Nous y gagnons un personnage riche de ses singularités.

(…)

« CES ALLEMANDS AU TORSE DE JEUNES DIEUX »

Suzanne Escoffier, 86 ans, cousine de Jean Moulin l’admet, la richesse de la personnalité de Jean Moulin ne se retrouve pas dans la plupart des livres consacrés à cette période. La faute, selon elle, « à beaucoup d’historiens qui ont voulu soutenir une cause – ils devraient être neutres, ils ne l’ont pas été ; ils ont tous une thèse à défendre ». La famille de Jean Moulin porte sans doute aussi une part de responsabilité dans ces regards sélectifs.

Par exemple, Laure Moulin, sa soeur, gardienne de volumineuses correspondances, textes et photographies de son frère, a opéré un tri selon des critères qui n’avaient rien de scientifique. En 1947, elle fait paraître aux « Éditions de Minuit » l’unique manuscrit rédigé par Jean ­Moulin, « Premier combat », où il décrit l’installation des Allemands à Chartres (Eure-et-Loir) la ville dont il est préfet. Un passage du texte original a disparu, où le futur fédérateur de l’Armée secrète, s’il exprime sans détour son désir de ne pas capituler, de combattre l’envahisseur, voit néanmoins en ces soldats allemands de « jeunes hommes au regard clair » et « au torse de jeunes dieux ».

À Montpellier où elle a vécu, Laure Moulin a laissé le souvenir d’une femme solitaire, catholique, très pratiquante – c’est ce que m’a confié le gérant d’une librairie où elle avait ses habitudes. On peut supposer qu’elle a voulu (consciemment ou non) donner de Jean Moulin une impression conforme à ses propres convictions, à sa propre morale (…)

Une multitude de collèges et de lycées en France portent le nom de Jean Moulin mais, soixante-treize ans après sa mort, l’homme s’efface toujours derrière le héros. Ces dernières années, grâce aux interventions de quelques historiens, l’État a pris conscience de la nécessité de disposer d’une histoire de la Résistance et de la collaboration digne d’un peuple éclairé, accessible aux nuances, méfiant à l’égard des simplifications.

Le 24 décembre 2015, un décret du Premier Ministre a enfin autorisé la consultation des 700 mètres linéaires d’archives des services secrets, de la police et de la justice, pour les années 1939 à 1960. Des dizaines de milliers de documents en prise directe avec les événements offrent une nouvelle matière aux chercheurs. C’est une première étape. D’autres sont attendues, pour mieux apprendre du courage, des lâchetés et des différences de personnages – illustres ou inconnus – qui ont fait l’histoire. Avant de devenir des légendes, tous étaient, comme Jean Moulin, des êtres de chair, de sang et de secrets.

Article complet à lire sur Vanity Fair.

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

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4 commentaires pour Joyeux… Jean Moulin

  1. Claude Mercutio dit :

    Mon premier commentaire après des lectures régulières sur les homos des deux sexes (très souvent hommes !). Que l’on évoque les goûts de certain(e)s pour leur homosexualité peut être signalé, Achille, Patrocle, étaient des Héros parfaitement gays. Homère la signale mais ne lui fait pas un sort ! Nous savons que des homos des deux sexes se sont conduits héroïquement à l’occasion, mais vouloir à tout prix valoriser cet aspect chez un grand personnage reviendrait presque à dire qu’il faut être gay pour être « Grand », Non, c’est indépendant ! Je suis plus tolérant qu’une maison de passe mais consacrer une pièce ou un film aux amours gays de Jean Moulin n’apporte rien sinon un parfum gratuit de scandale. Qu’on le dise et qu’on passe à autre chose ! Shakespeare ne fut pas « Grand » parce qu’il était « pédé » ! (Cela reste à prouver malgré certains « Sonnets » soi-disant révélateurs) . Il eut une femme (plus âgée, qu’il épousa parce qu’il l’avait mise enceinte), des enfants, des maîtresses. Rien à voit avec son collègue Christopher Marlowe qui était 100/100 gay ! (Il mourût pour la possession d’un jeune éphèbe dans une auberge de la banlieue londonienne où il se cachait. Son petit ami Thomas Kyd, auteur du plus grand succès de la Renaissance avec »La Tragédie Espagnole » fut arrêté et subit de nombreuses tortures). Même chose pour Molière et Baron ! Molière l’aimait parce qu’il l’avait vu jouer enfant surdoué et avait perdu son très jeune son fils Louis. L’affection qu’il portât au jeune homme déplut à Armande qui gifla l’adolescent (meilleur acteur qu’elle !). Il eut une attitude de « Mec », quitta la troupe et la pastorale qu’ils devaient créer ne vit jamais le jour. Il devint le plus grand d acteur du 18e siècle après une longue période d’arrêt et connut beaucoup de femmes ! Vouloir mettre l’homosexualité des grands hommes (grandes femmes) n’ajoute rien à leur gloire ni à l’homosexualité qui existe par elle-même ! Ces étalages ne sont qu’une exploitation finalement assez mercantile …

    • roijoyeux dit :

      Merci pour votre commentaire… Il ne faut non plus tomber dans l’excès inverse, cacher l’homosexualité de Jean Moulin et autres grands personnages sous prétexte qu’être « pédé » serait une tare …

    • Claude Mercutio dit :

      Cher Monsieur,

      Pour la première fois depuis que je lis la rubrique (plusieurs années) je n’étais jamais intervenu jusqu’ici. Je l’ai fait parce qu’il s’agissait de Jean Moulin, un homme courageux qui a donné sa vie dans sa lutte contre l’oppresseur. Comme vous l’avez écrit, le courage et l’homosexualité peuvent cohabiter mais ce n’est pas cette dernière qui rend l’Homme plus intéressant ! Vouloir ramener tous les Grands hommes à cela les diminue plutôt que de les rendre « faillibles », ou « humains » ! Je n’ai rien à redire qu’on l’écrive puisqu’il semble que c’était vrai. Il y a des preuves, des témoignages mais est-ce l’image que vous voulez que l’on garde de Moulin ? Vous êtes sans doute trop jeune pour avoir connu la guerre. Moi non, j’étais petit mais l’ai connu aux premières loges. Juif de surcroît, « étoilé » à 6 ans 1/2, « barbelisé » à 7 pour mon anniversaire (le 25/09/1942), une bonne partie de notre famille décimée à Auschwitz (par quel miracle m’en suis-je sorti ?), me rend mal à l’aise de voir qu’un grand résistant n’est évoqué que pour cela ! D’autres, militaires ou religieux furent aussi homosexuels, on le sait mais doit-on se souvenir d’eux uniquement pour cela ? NON ! J’ai écrit à titre exceptionnel (le referai peut-être à l’occasion) mais ne veux absolument pas m’abonner ! Je n’ai jamais voulu commenter sur la vie des gens « gays » ! Il n’y a d’ailleurs RIEN à en dire : c’est leur nature et on n’a rien à ajouter à ça !

                              Voilà, je tenais à préciser ma pensée ... 
      
                                          Cordialement vôtre ...
      
  2. roijoyeux dit :

    Cher Monsieur, je comprends votre point de vue… A mon tour de préciser ma pensée : le but de ce blog est de lutter contre l’homophobie, barbare dans certains pays comme la Russie (persécutions, tortures et assassinats des homosexuels), et ancrée en certaines personnes ignorantes ou étroites d’esprit, dans le monde entier : il s’agit de montrer que les gays ne sont pas tous des travestis, des efféminés ou des pervers et pédophiles, pour faciliter le coming out des jeunes, réduire le nombre de gays qui se suicident chaque année, encourager les sportifs, politiciens et artistes gays à se mettre en avant en tant qu’exemples …

    Il ne s’agit pas de se souvenir des grands hommes que pour leur homosexualité, mais montrer que l’homosexualité n’empêche pas d’être un grand homme…

    Merci pour votre participation

    Juju roijoyeux

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