Solution énigme (33)

Mon énigme est …

« Été 85 », film dramatique français écrit et réalisé par François Ozon, sorti en 2020, adaptation du roman « La Danse du coucou » (« Dance on My Grave ») d’Aidan Chambers.

François Ozon, fan des années 1980

Avec « Été 85 », le réalisateur s’offre le teen movie et la playlist dont il rêvait depuis 35 ans. Nostalgie, quand tu nous tiens !

Pour accentuer la nostalgie de cette époque, le film est entièremement tourné en pellicule Super 16.

Le Point – Par Victoria Gairin – le 14/07/2020

Un vent frais souffle sur le cinéma français. Une brise d’été, qui fleure bon les embruns normands, les virées en mobylette, la fête foraine, les amours de vacances et les tubes new wave. Cet Été 85, cela fait trente-cinq ans que François Ozon l’attendait. Il a 18 ans à l’époque, se pose des tas de questions sur son avenir et dévore le livre pour ados d’Aidan Chambers : « La Danse du coucou » (« Dance on My Grave », titre original). Très vite, il comprend que ce roman initiatique, qui raconte la romance de deux jeunes garçons dans une station balnéaire du sud de l’Angleterre, pourrait bien servir de point de ­départ à son tout premier film.

Avec un copain, il écrit le scénario, puis le range dans un coin, et l’oublie. Peu de temps après « Grâce à Dieu » (2019), Ozon retrouve par hasard le livre de Chambers et l’émotion est la même qu’à la première lecture. « Pendant des années, j’ai rêvé qu’il soit adapté par Gus Van Sant ou par Rob Reiner, le réalisateur de « Stand by Me ». Que quelqu’un en fasse un grand teen ­movie à l’américaine. Mais les films se font quand ils doivent se faire : c’était pour moi et c’était maintenant. »

L’histoire revue et revisitée par Ozon, c’est celle d’Alex et de David – Félix Lefebvre et Benjamin Voisin, tous deux excellents –, deux jeunes garçons du Tréport qui se rencontrent sur leurs embarcations respectives alors que la première vient de chavirer. ­ »Calypso » vient en aide à « Tape-cul », et le charisme de ­David va rapidement troubler le romantique Alex. Au fil de cet été de tous les possibles, où les jeunes gens goûtent au plaisir, aux sentiments, où l’enfant devient adulte, écrit à défaut de pouvoir dire, et apprend la résilience à ses dépens, Ozon nous balade dans ses souvenirs des années 1980.

Sa playlist ? « In Between Days » de The Cure, évidemment, mais aussi « Sailing » de Rod Stewart – si possible écouté à fond dans un Walkman –, ou encore « Cruel Summer » de Bananarama. « 1985, c’est l’année de la mort de Rock Hudson. Le monde vit ses derniers instants d’insouciance et d’innocence avant que le sida ne vienne tout plomber. »

Clins d’œil

Pour accentuer la nostalgie de cette époque, le film est entièrement tourné en pellicule, au Super 16 : « C’était le format de mes premiers courts-métrages. J’adore son grain, si particulier. Cela donne une sensualité sur les peaux, une saturation des couleurs, que l’on perd avec le numérique, qui a tendance à affadir un peu tout. » Fade, la mère de David ne l’est pas, loin de là. Valeria Bruni Tedeschi campe un personnage au bord de l’hystérie, qui rappelle la mère à la fois complice et dévorante de « Soudain l’été dernier » de Tennessee Williams. Ozon distille çà et là clins d’œil et références à ses propres films – le travestissement que l’on retrouve aussi dans « Une robe d’été » et « Une nouvelle amie », la morgue de « Sous le sable », le cimetière de « Frantz », etc.

« En fait, c’est l’inverse. Tous ces thèmes qui sont chers à mon ­cinéma existaient déjà dans le livre de Chambers. Je me rends compte aujourd’hui à quel point il m’a influencé. » Il y a du Salinger dans cet Ozon-là, du Xavier ­Dolan aussi, et – plus surprenant – du Claude Pinoteau. Eh oui, « Été 85 » rend aussi un bel hommage à « La Boum », que le réalisateur a vu à l’âge de 13 ans et qu’il range en bonne place dans ses films cultes. « À l’époque, il n’y avait pas une boum où l’on ne répétait pas la scène du Walkman », se souvient-il, ému. Vous avez dit nostalgie ?

En salle.

Le Point le 14 juillet 2020

Bien vu Louise, René l’écureuil, oth67, Laurence !

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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