Joyeux… Hervé Vilard

Le chanteur et auteur-compositeur prodige Hervé Vilard est le héros du 631è épisode de ma série sur les personnes non-hétérosexuelles qui ont réussi.

Hervé Vilard, prodige de la variété française

René Villard, dit Hervé Vilard, né le 24 juillet 1946 à Paris, est un auteur-compositeur-interprète français.

Il connaît le succès dès 1965 grâce à sa chanson « Capri c’est fini ». « Nous » (1979), « Reviens » (1981) et « Méditerranéenne » (1983) font partie de ses autres grands tubes.

Voici les détails les plus intéressants de sa vie.

Enfance

Le petit René Villard naît dans un taxi en route pour l’hôpital Saint-Antoine le 26 juillet 1946 à 5 heures du matin à Paris. Orphelin d’un père corse qu’il ne rencontrera jamais, il est, à l’âge de six ans, retiré à sa mère, vendeuse de violettes, déchue de ses droits maternels à la suite d’une dénonciation d’une voisine la disant alcoolique.

Il est envoyé à Paris, à l’orphelinat Saint-Vincent-de-Paul, où il subit des viols ainsi que des coups de martinet. Après avoir tenté de s’échapper plusieurs fois, il est placé successivement dans sept familles d’accueil. Parmi ces familles, des métayers berrichons très pauvres qui l’élèvent comme leur propre fils à La Celette (petit village du Berry).

En 1957, il a onze ans lorsqu’il rencontre à La Celette l’abbé Anthony Angrand, qui l’éveille à la musique et à la littérature. Il devient alors enfant de chœur. À treize ans, il obtient son certificat d’études avec mention. Chanteur à l’église, il envisage, un an plus tard, de s’investir dans une carrière musicale professionnelle (…)

Fugue et adolescence à Paris

En 1962, le jeune Villard (16 ans) fugue vers Paris, où il fréquente loubards et prostituées dans le quartier de Pigalle. Rêvant toujours de devenir chanteur, il enchaîne les auditions et les radio-crochets. Pendant cette même année 1962, il rencontre dans le quartier Montparnasse le peintre Dado. Remarquant que le jeune garçon a faim, Dado lui offre la moitié de son sandwich et l’invite à son vernissage.

Villard s’y rend et sympathise avec le galeriste (et ex secrétaire de Jean Moulin) Daniel Cordier, qui devient son tuteur légal jusqu’à sa majorité et lui permettra de côtoyer la haute société parisienne, notamment André Malraux, Pierre Mendès France, Yvonne de Gaulle, François Mitterrand, Francis Bacon, Henri-Georges Clouzot, Louis Aragon, Marie-Laure de Noailles et Nadine de Rothschild.

(…)

Début de carrière (1964)

Repéré en 1964 lors d’une audition par le directeur des disques Philips, Villard signe à 18 ans avec le label Mercury Records un contrat qui aboutit en décembre 1964 à la sortie de son premier 45 tours qui comprend quatre titres dont « Je veux chanter ce soir » et « Une voix qui t’appelle », mais ne connaît pas le succès. Sa maison de disques veut lui faire chanter une reprise d’un tube américain mais il refuse, voulant écrire les paroles et composer les musiques de ses propres chansons. On lui accorde deux mois.

René Villard prend alors le nom de scène d’« Hervé Vilard », enlevant un « L » à son patronyme pour qu’il apparaisse plus gros sur les affiches et adoptant le prénom d’« Hervé » qui correspond phonétiquement aux initiales de son vrai nom « R. V. »

Capri c’est fini (1965-1966)

Travaillant à l’élaboration d’une chanson pour son deuxième 45 tours, il s’inspire, pour le titre, d’une chanson de Charles Aznavour, « C’est fini ». En rentrant d’une audition au Golf-Drouot, il aperçoit dans le métro une affiche publicitaire sur laquelle est écrit « Partez en vacances à Capri ». Il rentre chez lui, écrit les paroles, et compose sur son petit piano électronique Farfisa en sept minutes la mélodie de « Capri, c’est fini » qui va devenir un tube planétaire.

Sa maison de disques, au départ peu enthousiaste, consent finalement à produire le titre. Refusée par le jury du concours la Rose d’or d’Antibes, elle est néanmoins diffusée sur Europe 1 et sort en disque en juin 1965. Le titre devient un énorme tube, se classant n°2 des ventes en France, où il s’écoule à plus de 400 000 exemplaires. La chanson est alors enregistrée en plusieurs langues, et devient un grand succès international, se classant n°1 en Espagne, au Brésil et en Turquie, ainsi que dans le Top 15 en Allemagne, en Autriche, en Suisse germanophone, en Belgique et aux Pays-Bas.

En novembre 1965, Hervé Vilard assure la première partie d’une tournée de Claude François et donne de nombreux concerts au Palais d’Hiver à Lyon, alors le plus grand music-hall d’Europe. Son premier 33 tours, qui inclut douze titres dont « Capri, c’est fini », est publié dans toute l’Europe et s’écoule à 450 000 unités. La jeune star part en tournée au Liban, à Varsovie, à Moscou.

Hervé Vilard figure au centre au premier rang sur la photo du siècle regroupant, en avril 1966, 46 vedettes françaises du yéyé. Il fait des tournées aux côtés d’Adamo, de Michèle Torr et de son ami Christophe, et devient ami avec Dalida qui le parraine.

(…)

Nouveaux grands succès en France (1979-1983)

En 1979, Hervé Vilard renoue avec le grand succès populaire en France grâce à son titre « Nous », disque d’or en 1979 avec plus d’un million d’exemplaires vendus. C’est en France la troisième meilleure vente d’un artiste français de l’année 1979 (après « Born to Be Alive » de Patrick Hernandez et une réédition de « Aline » de son ami Christophe).

Il en profite pour ressortir « Capri », c’est fini » qui s’écoule à plus de 250 000 exemplaires. Le titre suivant, « J’ai mal, je t’aime » est un autre tube qui se vend à plus de 150 000 exemplaires.

Porté par ces succès, Hervé Vilard chante pour la première fois en vedette sur la scène de l’Olympia, du 31 décembre 1979 au 6 janvier 1980. Un album live paraît en mars 1980. La même année, paraît le tube « Reviens », 5e succès francophone de l’année 1980, avec plus de 800 000 exemplaires vendus.

Pendant cette décennie des années 1980, il continue à sortir des albums et à se produire en tournées, proposant également des spectacles de charité et des apparitions dans des orphelinats. Le chanteur se produit à l’Olympia en janvier 1981 puis en septembre 1982. Il sort un album live en 1981 qui devient disque d’or, tout comme la compilation « 14 chansons d’or ».

En 1982, paraît « Je l’aime tant », qui se vend à plus de 400 000 exemplaires.

En 1983, paraît l’album « Ensemble », porté par le grand succès « Méditerranéenne » qui s’écoule à plus de 600 000 exemplaires.

(…)

En 2017-2018, Hervé Vilard se produit sur scène pour la dernière fois (à 71 ans) lors d’une dernière tournée nationale d’adieu qui passe par l’Olympia début mai 2018.

… Mais… Hervé est-il joyeux ?? …

Voici la réponse :

« Hervé Vilard a fait son coming out en 1967 : « Ça ne m’a pas aidé »

Gala le 8 décembre 2020

Par Léa Cardinal

Hervé Vilard était l’invité de « Passage des arts » [l’émission culturelle de France 5] ce lundi 7 décembre (2020). Pendant l’émission, le chanteur est revenu sur son coming-out, fait en 1967 lors d’une émission de radio alors qu’il avait seulement 21 ans. Il a expliqué pourquoi le fait de se livrer au sujet de son homosexualité ne l’avait « pas aidé » au départ.

Hervé Vilard est de retour. Début novembre, le célèbre chanteur a signé un livre, intitulé « Du lierre dans les arbres » [3è tome de ses mémoires] (Éd. Fayard). À l’occasion de la sortie de ce nouvel ouvrage, l’interprète de « Capri c’est fini » était l’invité de « Passage des arts », ce lundi 7 décembre (2020). L’artiste de 74 ans a accepté de revenir sur son coming out.

C’est en 1967, dans une émission de radio présentée à l’époque par Jacques Chancel, qu’Hervé Vilard avait évoqué pour la première fois publiquement son homosexualité.

« En 1967, vous êtes parmi les premiers [à dire que vous êtes homosexuel] … Ça n’a pas altéré quoi que ce soit dans votre succès ? », lui a demandé la journaliste de France 5 [Claire Chazal]. Et le chanteur de répondre en toute franchise : « Ça ne m’a pas aidé au départ parce que notre métier était bourré d’homophobes, mais moi je savais déjà que d’autres illustres chanteurs l’avaient été. »

Quand la question lui avait été posée par Jacques Chancel en 1967, Hervé Vilard avait naturellement souhaité dire la vérité, comme il l’a rappelé sur le plateau de « Passage des arts » : « Il m’a posé la question : ‘Alors la petite amie ? Ce bonheur partagé ? Vous avez bien une petite amie à la maison ?’ Je lui ai dit : ‘Ma petite amie s’appelle Robert' », s’est-il remémoré, amusé. Et d’ajouter : « À partir de ce moment-là, il y a une déferlante. Disons que (avec) le temps (l’homophobie) s’estompe, que les choses s’arrangent, mais il faut encore lutter », a-t-il affirmé.

« À l’époque, ça a choqué »

Celui qui était aussi réputé dans sa jeunesse pour être un séducteur, s’était déjà confié au sujet de son homosexualité, lors d’une interview accordée au Parisien en mai 2018 :

« Même si j’ai connu quelques femmes, pourquoi mentir ? L’homosexualité n’est pas une maladie. Je n’aime pas porter d’étendard, mais je n’allais pas m’en cacher. C’est vrai qu’à l’époque, [mon coming-out] a choqué. Certains disaient : ‘Il ne fera pas carrière.’ Mais cela n’a évidement rien changé, car les gens n’en ont rien à foutre. Dans les années 1950, Trénet, Claveau, Mariano, Sablon, tous les chanteurs de charme en étaient », a-t-il fait savoir, toujours aussi sincère.

Chanteur de charme… bisexuel

« Chanteur de charme » : il est vrai qu’Hervé Vilard avait, au sommet de sa carrière, un côté séducteur. Son ami Pierre Billon a révélé, dans les colonnes du magazine Closer ce vendredi 30 novembre [2018], sa tactique avec les personnes qui lui plaisaient, des hommes… mais aussi des femmes. « S’il a fait son coming-out en 1967, il ne se cantonnait pas aux hommes, abordant les filles d’un : ‘Moi qui ai toujours été attiré par les hommes, je ne sais pas ce qui m’arrive avec vous' », a révélé le parolier et grand ami de Johnny Hallyday. Un sacré coquin cet Hervé Vilard.

Gala + wikipedia

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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3 commentaires pour Joyeux… Hervé Vilard

  1. Ah bah !!! là je ne m’y attendais pas . Bisous

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