Joyeux… Joe Dalessandro

D’innombrables prodiges du monde du spectacle, sportifs exceptionnels, rois, capitaines d’industrie, scientifiques, politiciens, chefs cuisiniers et autres héros – sont gays ou bisexuels…

… J’ai décidé de raconter leurs histoires afin de montrer aux personnes qui ont été brimées à cause de leur orientation sexuelle qu’il y a des gays admirables dont l’homosexualité n’a pas empêché la réussite…

Aujourd’hui je vous propose un article sur l’acteur américain Joe Dallessandro né le 31 décembre 1948 à Pensacola (Floride), découvert à l’âge de 18 ans à New York par Andy Warhol fasciné par son corps sculptural … Le réalisateur Paul Morrissey le filma nu à plusieurs reprises, faisant de lui un sex-symbol du cinéma underground.

Joe Dallessandroe, superstar d’Andy Warhol

Joe Dallesandro toujours vivant … après avoir lutté contre des addictions à la drogue et à l’alcool, des démêlés avec la justice, trois mariages terminés en divorce, d’innombrables liaisons amoureuses avec hommes et femmes, plus le suicide de son unique frère Bob. Un des voyous les plus superbes à avoir jamais été filmés par Andy Warhol et son compère cinéaste Paul Morrissey, le petit et légèrement androgyne Joe Dallesandro devint un improbable pionnier de la révolution sexuelle masculine et le premier acteur de cinéma à être glorifié comme sex symbol nu.

Malgré le côté étrange et expérimental des films de Morrissey et Warhol, l’attitude complètement désinhibée et naturelle de Joe captiva les spectateurs de cinéma underground. Sa dangereuse mentalité de voyou et sa puissance érotique brute excitaient infiniment les publics gay et hétéros et sa célébrité allait s’étendre jusque dans le cinéma grand public.

Jeunesse

Né Joseph Angelo D’Alessandro III à Pensacola en Floride le dernier jour de l’année 1948, ses parents Joe II and Thelma étaient adolescents à sa naissance; son père était un soldat de l’US Navy basé à Pensacola et sa mère Thelma était une fille déjantée de 16 ans. A l’âge de 5 ans, Joe et son petit frère Robert (« Bob ») furent placés en foyer d’accueil à New York après la condamnation de Thelma à 5 ans de prison pour vol de voiture et que leur père, désormais ingénieur en électricité, s’estima incapable de s’occuper d’eux tout seul.

Elevé en famille d’accueil, Joe devint connu pour son comportement agressif à l’école, car il était frustré de ne pas vivre avec son père. Celui-ci finit par céder et lorsqu’il eut 14 ans, Joe et son frère retournèrent vivre dans le Queens, avec leur père et leurs grand-parents paternels. Pourtant Joe devint un petit délinquant (vols et cambriolages …) car il fréquentait des gangs de rue.

A 15 ans, « Little Joe » fut pris en train de voler une voiture et envoyé dans un camp de redressement pour jeunes délinquants dans les Montagnes Catskill. Il s’enfuit du camp et vécut un temps une vie de nomade au Mexique avant de retourner aux Etats-Unis (à Los Angeles), où il fut, étonnamment, accueilli à bras ouverts par la scène gay californienne.

En ce milieu des années 60, l’ado de 16 ans assoiffé de voyages découvrit qu’il pouvait gagner de l’argent grâce à sa beauté agressive et son corps délicatement musclé en posant nu pour divers photographes. Parfois sous le nom de « Joe Catano », Joe Dallesandro mentit sur son âge prétendant avoir 19 ans et posa ainsi pour plusieurs artistes underground à New York et en Californie, en particulier pour le célèbre Bob Mizer, fondateur de l’Athletic Model Guild (AMG) et Bruce Bellas (Bruce of Los Angeles).

Bob Mizer avait aussi créé un magazine intitulé « Physique Pictorial » qui se faisait passer pour une publication de culturisme, mais était en réalité destiné à des abonnés homosexuels. Pour ce magazine, Mizer photographia des milliers de garçons musclés plus ou moins déshabillés puis entièrement nus de 1945 à 1993. Joe Dallesandro devint le mannequin le plus célèbre de Joe et on peut le voir dans le docu fiction « Beefcake » (1998) racontant la vie de Bob Mizer et réalisé par Thom Fitzgerald.

Joe superstar Warhol

De retour à New York à l’été 1967, Joe âgé de 18 ans, en visite chez un ami de Greenwich Village, fut invité à assister au tournage impromptu par Andy Warhol et Paul Morrissey d’un film marathon de 24 heures dans l’immeuble de Warhol. La caméra de Morrissey repéra très vite le beau et ambivalent Joe et le reste appartient à l’histoire.

Il fut demandé à Joe de jouer vêtu juste de son slip dans une scène de lutte improvisée avec un autre garçon. La scène de 23 minutes se retrouva l’année suivante dans « The Loves of Ondine » (1968), méli-mélo de 86 minutes des idées excentriques de Warhol. Une image de Joe en slip fut utilisé pour promouvoir le film, qui contenait la longue scène de lutte, et fut regardé par un journaliste du prestigieux magazine « Variety »; ce journaliste fit, étonnamment, l’éloge de Joe, pour sa beauté charismatique et son talent inné d’acteur, et affirma qu’il avait le potentiel d’un véritable comédien. Mais cela n’arriva pas immédiatement…

Au lieu de cela, le jeune Joe Dallesandro devint le protégé de Morrissey. Bien qu’il montra son physique attirant dans « Lonesome Cowboys » (1968) (film sur lequel le FBI fit une enquête pour soupçon de viol à l’écran) et « San Diego Surf » (1968) (le seul film de Warhol à n’être jamais sorti en salles), ce fut la trilogie de Morrissey qui fit atteindre à Joe son statut d’idole. Le premier des films, « Flesh » (1968) plaçait Joe en première ligne dans le rôle d’un prostitué new-yorkais. Ce film visait le public féminin et le public gay, et Joe devint une gloire de la contre-culture en étant le premier acteur à s’offrir longuement sur grand écran en nudité frontale complète, et le film arriva aussi à passer avec succès vers le grand public.

Le second film de la trilogie, « Trash » (1970), fut proclamé « chef d’oeuvre » et « meilleur film de l’année » par le grand magazine « Rolling Stone ». Dans ce film, Joe joue un drogué à l’héroïne vivant misérablement à New York avec son amie Holly Woodlawn.

Le dernier film de la trilogie de Morrissey « Heat » (1972) se déroule à côté du Sunset Boulevard de L.A. où un Joe coiffé d’une longue queue de cheval, joue un ex enfant star sans coeur qui couche avec tout le monde, notamment l’actrice Sylvia Miles et sa fille lesbienne, pour ressusciter sa carrière au point mort. Les films de Morrisey firent grand bruit et valurent à Joe la couverture du magazine « Rolling Stone » en avril 1971.

Il fut aussi photographié par les plus grands photographes de l’époque, notamment Francesco Scavullo, and Richard Avedon. Lou Reed fait allusion à Dallesandro (en l’appelant « Little Joe ») dans sa célèbre chanson « Walk on the Wild Side » écrite après que Lou Reed ait vu « Flesh ». En Europe, la trilogie de films de Morrisey fut encore plus encensée, et Joe Dallesandro fut placé sur un piédestal érotique (…)

Joe en Europe

La très populaire trilogie fut suivie des films européens cultes « Flesh for Frankenstein » (1973) et « Du sang pour Dracula » (1974), deux films sanglants classés X et devenus objets de culte absolus.

Lassé d’être un pion de l’usine à films « Factory » d’Andy Warhol de Paul Morrisey, Joe resta en Europe pour voir si son statut de « superstar Warhol » pourrait y déclencher une carrière à succès à la Clint Eastwood and Charles Bronson, récemment exilés sur le vieux continent. Joe tourna 18 films outre-Atlantique durant le reste des années 1970.

Ce fut un mélange de genres avec notamment : la farce sexuelle « L’orgasme dans le placard » (1974); le film criminel « L’ambitieux » (1975); « Black Moon » (1975) une version adulte d' »Alice au Pays des Merveilles » du cinéaste français Louis Malle; « La marge » (1976) [« The Streetwalker »] avec la star de films érotiques Sylvia Kristel; le sexuellement provocant « Vacanze per un massacro » (1980); « Merry-Go-Round » (1981) film surréaliste de Jacques Rivette; ou encore « Queen Lear » avec Joe dans le rôle d’un bisexuel.

Mais le meilleur des films européens de Joe, et son préféré de tous, est le très érotique « Je t’aime moi non plus » (1976) réalisé par Serge Gainsbourg, où il joue un gay conducteur de camion poubelle amoureux d’une serveuse de café très garçon manqué jouée par Jane Birkin (la femme de Gainsbourg à l’époque).

Joe dans des films grand public

De retour aux Etats-Unis en 1980, les rôles de Joe devinrent moins érotiques et plus grand public, et quelques uns retinrent beaucoup l’attention. Les plus notables sont celui du gangster Lucky Luciano dans « Cotton Club » (1984) de Francis Ford Coppola; un autre rôle de gangster dans « Meurtre à Hollywood » (1988) film policier mettant en vedette Bruce Willis; un fanatique religieux dans « Cry-Baby » (1990) film grand public de John Waters; le parachutiste psychopathe de « Private War » (1988); la racaille qui désire Drew Barrymore dans « Guncrazy » (1992); ou encore le tueur au cerveau endommagé dans « L’Anglais » (1999) de Steven Soderbergh.

A la télévision, Joe fit des apparitions en tant qu’invité dans des séries populaires comme « Deux flics à Miami » (1984), « Matlock » (1986) et « Un flic dans la mafia »(1987)

Postérité et distinctions diverses

Dans le cadre de la campagne publicitaire « Saint Laurent Music Project », Hedi Slimane, directeur de création d’Yves Saint Laurent, a photographié en 2014 Joe en tant qu’égérie warholienne.

En 2009, Joe fut récompensé au Festival international du film de Berlin par un Teddy Award spécial, distinguant les artistes et cinéastes ayant contribué à une meilleure acceptation des styles de vie et de la culture LGBT.

En 2012, Joe Dallesandro a été nommé « chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres » (promotion des personnalités étrangères du 13 avril 2012) par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement français.

Une biographie, « Little Joe: Superstar » a été écrite par Michael Ferguson et publiée en 2001.

Vie privée

Joe Dallesandro est ouvertement bisexuel ; marié à trois reprises, il a eu deux enfants et connu en parallèle de nombreuses liaisons sentimentales avec hommes et femmes.

Il épousa sa première femme, Leslie, quand il avait 19 ans en 1967. Leur fils Michael naquit le 19 décembre 1968, mais ils divorcèrent en 1969. En 1970, il épousa Theresa (« Terry ») dont il eut un autre garçon, Joseph Jr. né le 14 novembre 1970. Le couple divorça en 1978. En 1987, Joe Dallesandro se maria une troisième fois à Kimberly (« Kim ») dont il a depuis divorcé.

En semi-retraite en tant qu’acteur, Joe est aujourd’hui [2009] gérant d’un hôtel à Los Angeles.

wikipedia + imdb – traduit de l’anglais par roijoyeux

… Revenez pour de nouvelles enquêtes, prochainement sur roijoyeux !!! … Et vous pouvez lire l’histoire des autres héros joyeux ici

A propos roijoyeux

... Soyons... Joyeux !!!
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5 commentaires pour Joyeux… Joe Dalessandro

  1. da-AL dit :

    so glad to get to the end of this & not find out that he was yet another of Warhol’s friends who died of overdose or worse — Warhol had such complicated friendships yet always had his mom live with him…

  2. eddywilliam's dit :

    Waouh j’aime l’histoire

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